"Tu tues mes frères, je te tue", dit Mohamed Merah à la caméra

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TOULOUSE (Reuters) - Mohamed Merah a filmé l'intégralité des meurtres qu'il a perpétrés à Toulouse et Montauban et ces bandes seront versées à la procédure, a déclaré le procureur de Paris, François Molins.

Le magistrat a expliqué, après sa mort jeudi lors d'un assaut de la police, que les enquêteurs avaient retrouvé sur les indications du tueur le sac contenant la caméra "qui lui a permis de filmer l'intégralité des trois tueries dont il s'est rendu coupable".

Mohamed Merah a indiqué "avoir posté les vidéos tournées" mais on ne sait pas où sur internet et quand, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à Toulouse.

Sur la caméra, on le voit abattre ses victimes, a dit François Molins, précisant que les autorités avaient pu visionner les films, "extrêmement explicites".

"Tu tues mes frères, je te tue", dit Mohamed Merah en commettant son premier meurtre, selon le procureur.

Les propos tenus par le meurtrier aux policiers lors du siège de son appartement, pendant plus de 30 heures, seront également versés à la procédure, a ajouté le magistrat.

Amaury de Hautecloque, le patron du Raid, témoigne de la détermination de Mohamed Merah sur le blog "Vu de l'intérieur" du quotidien Le Monde.

"C'est la première fois de ma vie que je vois quelqu'un, alors que nous lançons un assaut, venir mener l'assaut contre nous", assure-t-il.

"Nous avions une idée très précise de l'endroit où il était, mais cette idée devait être corroborée. C'est la raison pour laquelle nous avons progressé très prudemment dans l'appartement", ajoute Amaury de Hautecloque.

Le chef du Raid ajoute que Mohamed Merah "est venu à l'engagement" avec trois Colt 45 de calibre 11.43 alors que les forces de l'ordre avaient engagé uniquement des armes non létales.

"J'avais donné l'ordre de ne riposter qu'avec des grenades susceptibles de le choquer. Mais il a progressé dans l'appartement, et il a tenté d'abattre mes hommes qui étaient placés en protection sur le balcon. C'est probablement l'un des snipers qui l'a alors touché", ajoute-t-il.

Guillaume Serries, avec Chine Labbé et Gérard Bon à Paris, édité par Patrick Vignal et Jean-Stéphane Brosse

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