Tsipras prône des réformes et l'allègement de la dette grecque

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* Premier conseil des ministres depuis le succès de dimanche * Réformer vite pour passer à la négociation d'un allègement de la dette * Dans la crise des réfugiés, Tsipras en appelle à une "Europe de la solidarité" par Renee Maltezou et Lefteris Papadimas ATHENES, 25 septembre (Reuters) - Alexis Tsipras, qui présidait vendredi son premier conseil des ministres depuis sa victoire aux législatives de dimanche, a exprimé sa volonté d'agir rapidement pour parvenir à une appréciation positive des réformes économiques réclamées par les créanciers d'Athènes afin de pouvoir passer à des discussions sur un allègement de la dette grecque. "La restructuration de notre dette va diminuer les risques liés à l'investissement et rendre à nouveau notre économie attractive pour les investisseurs", a dit le Premier ministre grec, qui entend mettre en oeuvre un nouveau modèle social alliant protection du travail et redistribution des prélèvements obligatoires. Sur la crise des migrants, dans laquelle la Grèce est en première ligne, Tsipras a estimé qu'elle était un défi pour l'Europe et un test de la cohésion de l'Union européenne. Moins d'une semaine après la victoire aux proportions inattendues de son parti, Syriza, Tsipras, qui a reconduit la coalition sortante formée avec les Grecs indépendants (droite souverainiste anti-austérité), a également appelé ses ministres à s'impliquer dans la mise en oeuvre de la politique gouvernementale et leur a demandé de ne plus perdre leur temps sur les plateaux de télévision. "Votre travail parle pour vous et le fera mieux que des mots", leur a-t-il dit. "Je vous demande de mettre fin à vos constantes apparitions télévisées et à vos continuelles déclarations publiques. Je vous ai choisis comme ministres pour gouverner et résoudre les problèmes des gens, pas pour animer les émissions télé du matin", a-t-il dit. RECAPITALISATION DES BANQUES Un premier passage en revue des engagements pris par la Grèce cet été en échange d'un nouveau plan d'aide financière d'un montant total de 86 milliards d'euros, le troisième depuis mai 2010, sera mené le mois prochain. De ses conclusions dépendra le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide. "Nous sommes pleinement conscients des difficultés qui nous attendent puisque nous avons conclu cet accord", a souligné Tsipras, ajoutant que l'autre priorité sur ce front serait de mener à bien la recapitalisation des banques grecques, malmenées par les retraits massifs des déposants et une accumulation de prêts à risque. Quelque 25 des 86 milliards d'euros du troisième plan d'aide ont été réservés pour cette recapitalisation. Si elle est "faite correctement", a-t-il dit, elle peut offrir à l'économie grecque "les liquidités dont elle a cruellement besoin". Abordant la question des migrants, l'autre grand chantier de son deuxième mandat, le Premier ministre grec a une nouvelle fois mis l'Europe face à ses responsabilités. "Nous devons décider de quelle Europe nous voulons", a-t-il dit. "Voulons-nous une Europe de la solidarité ou une Europe qui lance des gaz lacrymogènes ?" Située sur la frontière sud-est de l'Union européenne, la Grèce est, avec l'Italie et la Hongrie, un des trois pays "de première ligne" les plus touchés par l'arrivée massive de réfugiés et de migrants. Mais elle est mal équipée pour affronter une telle situation. Les îles les plus exposées à l'afflux de réfugiés, comme Lesbos, sont aujourd'hui débordées par le nombre des arrivants. (voir ID:nL5N11R2C4 ) (Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service français)

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