Tsipras hausse le ton contre des "exigences irrationnelles"

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par George Georgiopoulos ATHENES, 24 mai (Reuters) - Alexis Tsipras a haussé le ton dans les négociations en cours avec les créanciers de la Grèce en affirmant samedi que son gouvernement avait accompli sa part du travail et qu'il ne céderait pas à des "exigences irrationnelles". Le gouvernement de gauche Syriza, arrivé au pouvoir à Athènes en janvier, négocie depuis quatre mois avec ses partenaires de la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) le déblocage d'une dernière tranche de 7,2 milliards d'euros du programme d'assistance financière, indispensable pour éviter un défaut de paiement alors que la Grèce n'a toujours pas accès aux marchés obligataires. Les discussions sur les réformes attendues en contre-partie par les créanciers d'Athènes bloquent sur les retraites, la réforme du marché du travail, les objectifs budgétaires et l'augmentation du taux de la TVA. "Nous sommes dans la dernière étape d'une période douloureuse et difficile formée par les négociations du gouvernement avec les 'institutions' (ndlr, le terme qui a remplacé la 'troïka' rejetée par l'opinion grecque)", a dit Tsipras, qui s'exprimait devant le comité central du parti Syriza. De retour de Riga, où il s'est entretenu avec Angela Merkel et François Hollande en marge du sommet européen sur le Partenariat oriental de l'UE, Tsipras a promis qu'il n'accepterait pas de "conditions humiliantes". "La majorité écrasante du peuple grec veut une solution, pas simplement un accord, et elle soutient le gouvernement dans cette négociation difficile", a-t-il dit. Sous pression de l'aile gauche de son parti, Tsipras s'en est pris aux représentants de certains créanciers qui, a-t-il accusé, profite de l'asphyxie financière de la Grèce pour tenter d'obtenir de nouvelles concessions. "Nous ne céderons pas à des exigences irrationnelles sur les questions de la TVA, des retraites et du marché du travail alors que les architectes du programme le plus infructueux dans l'histoire des plans de sauvetage du FMI insistent sur ces mesures extrêmes afin de ne pas admettre leur échec", a-t-il dit. Sur la question de la TVA, Athènes a proposé des taux de 7, 14 et 22% afin de mieux répartir le poids de cet impôt indirect et d'alléger son impact sur les catégories les plus pauvres de la population; les créanciers veulent eux des taux de 11 et 23%, et insistent notamment pour que ce taux supérieur s'applique aux tarifs de l'énergie. "Nous avons fait des avancées pour trouver un terrain d'entente mais nous avons des lignes rouges, des limites que le mandat populaire, le bon sens et la nécessité de renouer avec la croissance nous obligent de ne pas violer", a insisté Tsipras. SCHÄUBLE RENVOIE ATHÈNES À SES RESPONSABILITÉS Revenant sur la genèse des deux plans de sauvetage financiers successifs qui ont accordé depuis 2010 à la Grèce 240 milliards d'euros en échange d'une politique d'austérité conduite par ses prédécesseurs, le Premier ministre grec a estimé qu'il ne s'agissait pas d'une erreur économique, mais d'un choix conscient décidé par l'oligarchie grecque avec le soutien des créanciers pour faire peser le fardeau de la crise de la dette sur les retraités, les classes moyennes et les PME. "Pour ses instigateurs, la récession était dans une large mesure souhaitable. Nous essayons d'inverser cela pour entrer dans une période de croissance qui servira les intérêts de la majorité sociale au lieu de lui nuire au bénéfice des intérêts d'une élite économique et politique." Mais à Berlin, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a parallèlement insisté sur le fait que la Grèce n'avait pas d'autre alternative que de mettre en oeuvre les réformes qu'elle s'est engagée à appliquer. "La Grèce a promis d'appliquer ce programme le 20 février (ndlr, lors d'une réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles) et par conséquent, il n'y pas à parler d'alternatives", a-t-il dit au micro de la Deutschlandfunk. " En février, Athènes et ses partenaires ont négocié une prolongation de quatre mois du programme d'assistance financière en échange d'engagements du nouveau pouvoir grec. (voir ID:nL5N0VU1O8 ) "On ne peut pas y échapper: cette question est posée au gouvernement d'Athènes", a-t-il ajouté. (avec Erik Kirschbaum à Berlin; Henri-Pierre André pour le service français)

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  • M4837592 le dimanche 24 mai 2015 à 16:44

    Et le pantin hausse le ton! Décidément le mildiou n'a pas été éradiqué en Grèce. Elle ne méritait pas mieux que le régime des colonels et le prouve encore aujourd'hui. La chienlit qui va suivre la sortie de l'euro les amènera sans doute à nouveau au pouvoir.Tant pis pour eux.

  • M4750397 le dimanche 24 mai 2015 à 08:59

    Riga a été un succès ...

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