Tsipras exclut de se tourner vers Moscou pour obtenir de l'aide

le
0

(actualisé avec citations, précisions) par Michele Kambas et William James NICOSIE/LONDRES, 2 février (Reuters) - Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a exclu lundi que son gouvernement se tourne vers la Russie pour obtenir une aide financière et a dit vouloir poursuivre les discussions avec l'Europe sur une rénégociation de la dette du pays. Alexis Tsipras et son ministre des Finances Yanis Varoufakis ont entrepris une tournée des capitales européennes pour tenter de convaincre leurs partenaires de refondre le plan d'aide accordé à la Grèce par la "troïka" regroupant Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Union européenne. "Nous sommes engagés dans d'importantes négociations avec nos partenaires européens et tous ceux qui nous ont accordé des prêts. Nous avons des obligations envers eux", a-t-il dit lors d'une conférence de presse, en réponse à une question sur la proposition de Moscou d'aider la Grèce. "Actuellement, nous n'envisageons rien d'autre", a dit Tsipras. Le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, a déclaré jeudi dernier que Moscou envisagerait d'accorder une aide financière à la Grèce si celle-ci lui en faisait la demande. Alexis Tsipras, qui effectuait lundi à Nicosie son premier déplacement à l'étranger en tant que Premier ministre, a estimé d'autre part que remplacer la troïka serait une avancée institutionnelle importante à la fois pour la Grèce et pour l'Union européenne. Le chef du parti Syriza (gauche radicale anti-austérité), a jugé qu'un tel remplacement était nécessaire et serait un signe de maturité de l'UE. "Je crois que ce serait une décision mûre et nécessaire pour l'Europe", a-t-il dit. Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a déjà déclaré avant le week-end que le nouveau gouvernement grec n'envisageait pas de coopérer avec la mission de la troïka. Alexis Tsipras a également exclu que son pays sorte de la zone euro. "L'UE et la zone euro seraient privés de leur flanc sud-est sans la Grèce et Chypre", a-t-il expliqué à Nicosie. BERLIN INFLEXIBLE Privée d'accès aux marchés, la Grèce subit des pressions l'incitant à prolonger le cadre de financement actuel qui s'achève le 28 février. Athènes souhaite obtenir un accord relais qui lui permettrait de souffler le temps de trouver une solution pour renégocier sa dette. Le nouvel exécutif grec a reçu un accueil plutôt tiède de ses partenaires européens, notamment de l'Allemagne. Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a déclaré dans un entretien accordé à Reuters que Berlin n'accepterait aucune modification unilatérale au programme d'aide à la Grèce. "Nous souhaitons que la Grèce poursuive sur la voie de la réussite, dans l'intérêt du pays et des Grecs, mais nous n'accepterons pas de changements à sens unique au programme", a-t-il dit à l'occasion du sommet zone euro organisé par Reuters. Comme l'a déjà fait son ministre des Finances, Alexis Tsipras a réclamé un démantèlement du mécanisme d'inspections de la troïka qui supervisent les finances grecques, et qu'il soit transformé en négociations directes avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international. Cette requête a elle aussi été balayée par Berlin qui a répondu au Premier ministre que ces inspections faisaient partie du cadre fixé dans le programme d'aide à la Grèce et qu'elles devaient demeurer, augurant de discussions compliquées entre Yanis Varoufakis et Wolfgang Schäuble qui doivent se rencontrer dans les jours à venir. ID:nL6N0VC2DO A Londres, où il a rencontré lundi son homologue britannique George Osborne, Yanis Varoufakis a déclaré qu'il fallait mettre un terme à cette "fable" selon laquelle la Grèce est un fardeau pour le reste de l'Europe, "une plaie purulente" sur les extrémités de la zone euro. (Eric Faye et Nicolas Delame pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux