Trump veut un accord de désarmement nucléaire avec Moscou

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    * Trump critique aussi l'intervention russe en Syrie 
    * Trump : l'Otan est obsolète mais "très importante" 
    * Le Brexit sera "une grande chose" 
 
    par Guy Faulconbridge et William James 
    LONDRES, 16 janvier (Reuters) - Donald Trump annonce dans un 
entretien à la presse qu'il proposera de lever les sanctions 
imposées à la Russie pour avoir annexé la Crimée en échange d'un 
accord de réduction des armes nucléaires avec le président russe 
Vladimir Poutine. 
    Dans cette interview au quotidien The Times, mise en ligne 
dimanche soir, le prochain président républicain des Etats-Unis, 
se montre très critique de la politique étrangère menée par ses 
prédécesseurs. Il décrit notamment la guerre lancée contre 
l'Irak en mars 2003 par son prédécesseur républicain George W. 
Bush, comme étant peut-être la plus grave erreur de l'histoire 
des Etats-Unis. 
    Mais, à quatre jours de son investiture comme 45e président 
des Etats-Unis, Donald Trump laisse entrevoir la première 
initiative d'importance en matière de contrôle des armes 
nucléaires depuis la conclusion par Barack Obama en 2010 d'un 
"New START" (Strategic Arms Reduction Treaty) avec la Russie. 
    "Il y a des sanctions sur la Russie. Voyons si nous pouvons 
faire de bons accords avec la Russie", déclare le milliardaire 
new-yorkais au quotidien britannique. 
    "D'abord, je pense que les armes nucléaires doivent être  
(...) réduites de façon très importante, ça en fait partie. Mais 
la Russie est très mal actuellement en raison des sanctions, 
mais je pense qu'il peut se passer quelque chose qui bénéficiera 
à beaucoup de gens." 
    Les Etats-Unis et la Russie sont de loin les deux 
principales puissances nucléaires. Les Etats-Unis détiennent 
1.367 têtes nucléaires sur des bombardiers et des missiles 
stratégiques déployés, tandis que la Russie en a 1.796, selon le 
dernier état de la question publié par le département d'Etat 
américain. 
    Pendant la campagne pour l'élection présidentielle du 8 
novembre denier et après, Donald Trump a dit à plusieurs 
reprises vouloir améliorer les relations des Etats-Unis avec la 
Russie bien que certains lui reprochent de vouloir se faire trop 
vite un allié de Vladimir Poutine. 
     
    BLÂMÉ 
    L'affaire a récemment rebondi après des informations non 
confirmées selon lesquelles la Russie aurait collecté des 
données compromettantes sur le milliardaire new-yorkais. 
    Dans l'interview au Times, Trump critique l'intervention de 
la Russie dans la guerre civile en Syrie qui, avec l'aide 
fournie par l'Iran, a permis de faire basculer l'équilibre des 
forces en faveur du président syrien Bachar al Assad. 
    L'intervention de Vladimir Poutine en Syrie est "une très 
mauvaise chose" qui a débouché sur "une situation humanitaire 
terrible", déclare Donald Trump.  
    La guerre en Syrie a fait plus de 300.000 morts, engendré 
des déplacements massifs de population et favorisé la montée en 
puissance de l'Etat islamique. 
    A propos de l'Otan, Donald Trump réaffirme sa position selon 
l'alliance Atlantique est obsolète, tout en soulignant que 
l'Alliance atlantique est importante à ses yeux. 
    "J'ai été tellement blâmé quand j'ai dit que l'Otan était 
obsolète", déclare Trump au Times à propos de commentaires tenus 
pendant la campagne présidentielle. "Elle est obsolète parce 
qu'elle ne s'est pas occupée du terrorisme. J'ai été très 
critiqué pendant deux jours. Et ensuite, on a commencé à dire 
que Trump avait raison." 
    L'homme d'affaires républicain ajoute que de nombreux 
membres de l'Otan ne versent pas leur juste écot à l'alliance. 
    "Beaucoup de ces pays ne paient pas ce qu'ils sont censés 
payer, ce qui, je pense, est très injuste envers les 
Etats-Unis", déclare le prochain président. "Cela dit, l'Otan 
est très importante pour moi. Il y a cinq pays qui paient ce 
qu'ils sont censés payer. Cinq. Ce n'est pas beaucoup."  
    Trump déclare également qu'il nommera son beau-fils, Jared 
Kushner, pour négocier un accord de paix au Proche-Orient, 
appelle le Royaume-Uni à mettre son veto à toute nouvelle 
résolution du Conseil de sécurité de l'Onu qui critiquerait 
Israël et critique la gestion par Barack Obama de l'accord 
d'encadrement des activités nucléaires de l'Iran. 
    A propos du Brexit, le prochain chef de la Maison blanche 
déclare : "Le Brexit va se révéler être une grande chose" et se 
dit impatient de conclure un accord commercial avec le 
Royaume-Uni. 
    Le prochain locataire de la Maison blanche estime aussi que 
d'autres membres de l'UE décideront de quitter le bloc comme le 
Royaume-Uni l'a décidé en juin dernier.   
 
 (Eric Faye et Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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