Trump veut parler à Kim Jong-un et renégocier l'accord de Paris

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 (Actualisé tout du long) 
    NEW YORK, 18 mai (Reuters) - Donald Trump se dit prêt à 
parler au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un pour le convaincre 
de renoncer à son programme nucléaire s'il est élu en novembre à 
la présidence des Etats-Unis.  
    Dans un entretien accordé mardi à Reuters, le futur candidat 
républicain propose en outre de renégocier l'accord de Paris sur 
le réchauffement climatique conclu en décembre et condamne 
l'implication de la Russie dans l'est de l'Ukraine.   
    "Je lui parlerais. Lui parler ne me poserait aucun 
problème", dit-il au sujet de Kim Jong-un, ce qui constituerait 
un revirement de taille pour Washington.  
    "En même temps, j'exercerais de fortes pressions sur la 
Chine parce que nous avons un énorme pouvoir économique sur 
elle", poursuit le milliardaire new-yorkais dans l'interview, 
accordée dans les bureaux de la Trump Tower, à Manhattan. 
    Sa disposition à rencontrer Kim contraste avec la politique 
de Barack Obama consistant à s'appuyer sur de hauts responsables 
américains pour s'adresser aux dirigeants nord-coréens.  
    L'ex-secrétaire d'Etat Hillary Clinton, favorite de la 
course à l'investiture démocrate pour l'élection du 8 novembre, 
a estimé que Donald Trump cultivait une "étrange fascination" 
pour les dirigeants autoritaires étrangers. 
    Le milliardaire new-yorkais dit par ailleurs ne "pas être un 
chaud partisan" de l'accord de Paris sur le climat. 
    Ce texte, qui jette les bases d'une maîtrise des émissions 
de gaz à effet de serre à l'origine des dérèglements 
climatiques, a reçu l'approbation de 195 pays et a été signé le 
22 avril à New York, au siège de l'Onu, par 175 pays. 
     
    PAS L'ENNEMI DE JANET YELLEN  
    Une renégociation de l'accord représenterait un revers de 
taille pour ce qui a été présenté comme le premier accord sur le 
climat d'une véritable portée internationale. 
    "Je me pencherai sur la question très, très sérieusement, et 
au minimum je renégocierai l'accord; c'est un minimum. Et au 
maximum, j'irai plus loin", dit-il à Reuters. 
    Laurent Fabius, qui dirigeait la diplomatie française lors 
de la conférence de Paris, a estimé ce mois-ci que l'élection 
présidentielle américaine serait cruciale pour l'avenir de 
l'accord, car si un opposant à ce pacte venait à être élu, cela 
menacerait fortement toute démarche internationale contre les 
perturbations climatiques.  
    Donald Trump annonce en outre qu'il détaillera son programme 
économique dans deux semaines et propose de démanteler la 
quasi-totalité de la réforme Dodd-Frank adoptée après la crise 
financière de 2007-2009 pour éviter à l'Etat fédéral de devoir 
renflouer des établissements financiers en difficulté. Pour 
Trump, la loi de 2010 concernant la réforme Dodd-Frank 
représente une "force très négative". 
    Hillary Clinton, qui est la favorite de la course à 
l'investiture démocrate, a jugé "dangereuse" la proposition de 
Donald Trump d'abroger la réforme Dodd-Frank. 
    Enfin, concernant la Réserve fédérale américaine, Donald 
Trump a déclaré que si, au bout du compte, il souhaitait voir un 
républicain nommé à sa tête, il "n'est pas un ennemi" de 
l'actuelle présidente, Janet Yellen, laquelle a été nommée par 
Barack Obama. "Je ne suis pas de ceux qui pensent que Janet 
Yellen fait du mauvais travail", dit-il dans l'interview. 
 
 (Steve Holald, Emily Flitter et Emily Stephenson; Jean-Philippe 
Lefief et Eric Faye pour le service français) 
 
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