Trump sommé par le Wall Street Journal de rectifier sa campagne

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    par Alana Wise et Doina Chiacu 
    WASHINGTON, 15 août (Reuters) - Le républicain Donald Trump 
doit remettre sa campagne électorale pour la Maison blanche sur 
les rails d'ici trois semaines ou démissionner, estime le The 
Wall Street Journal dans son édition de lundi. 
    Le conseil éditorial du quotidien économique, qui en général 
soutien le camp républicain, s'est montré critique envers le 
magnat de l'immobilier ces derniers temps, mais la mise en garde 
de lundi est émise sur un ton comminatoire. 
    Elle fait écho aux réticences de moins en moins discrètes 
d'une partie du camp républicain vis-à-vis du milliardaire 
new-yorkais et de ses propos à l'emporte-pièce. 
    Le Wall Street Journal demande au Grand Old Party (GOP) et à 
ceux qui soutiennent le candidat républicain de faire en sorte 
qu'il fasse montre d'un attitude plus présidentielle et que sa 
campagne prenne un tour plus discipliné. 
    "S'ils ne peuvent faire changer M. Trump d'attitude d'ici le 
Labor Day, le GOP n'aura d'autre choix que de faire une croix 
sur le candidat et de se concentrer à sauver le Sénat, la 
Chambre et autres scrutins afférents", écrit le quotidien des 
affaires. 
    Le Labor Day (fête du Travail) a lieu le 5 septembre cette 
année. Ce jour férié marque en général le début de la dernière 
ligne droite dans la course à la présidentielle. 
    "Quant à M. Trump, il doit cesser de critiquer tout le monde 
et décider s'il veut se conduire comme quelqu'un qui veut être 
président - ou passer la candidature à Mike Pence", ajoute le 
WSJ. Mike Pence, le gouverneur de l'Indiana et coéquipier de 
Donald Trump, est appelé à être vice-président si Donald Trump 
est élu.  
    Suscitant la controverse depuis le début de la campagne, 
Donald Trump, qui n'a jamais exercé de fonction élective, est 
devancé dans les sondages pour l'élection présidentielle du 8 
novembre par son adversaire démocrate Hillary Clinton. 
        
    REGISTRE SECRET  
    Entre autres dérapages, Donald Trump a dit souhaiter imposer 
aux musulmans une interdiction temporaire d'entrée aux 
Etats-Unis, cherché des noises aux parents d'un capitaine 
musulman de l'armée américaine tué en Irak et à nouveau accusé 
jeudi dernier le président Barack Obama et Hillary Clinton, qui 
a été sa secrétaire d'Etat, d'être les "co-fondateurs" de l'Etat 
islamique. Le candidat républicain a par la suite dit avoir 
voulu faire de l'humour.   et   
    Deux jours auparavant, ses déclarations ambiguës sur Hillary 
Clinton et les armes à feu - il a suggéré que les partisans des 
armes à feu pourraient agir pour empêcher Clinton de nommer des 
juges progressistes à la Cour suprême américaine - avaient été 
très commentés aux Etats-Unis et à l'étranger.   
    Pour redresser sa campagne, Donald Trump doit prononcer un 
discours de politique étrangère lundi, à Youngstown, dans 
l'Ohio. Il devrait présenter son plan de lutte contre l'EI. 
    Autre mauvaise passe pour le promoteur immobilier 
new-yorkais, le New York Times a révélé que le nom de son 
directeur de campagne, Paul Manafort, figurait sur un registre 
secret faisant apparaître des versements en sa faveur d'un 
montant de plus de 12 millions de dollars (plus de dix millions 
d'euros) effectués par un parti politique ukrainien proche de la 
Russie. 
    Paul Manafort a démenti toute action illégale dans un 
communiqué publié lundi. 
     
    "LES MÉDIAS, DÉGOÛTANTS ET CORROMPUS" 
    "Je n'ai jamais reçu un seul 'versement au noir' comme l'a 
faussement rapporté le New York Times, ni n'ai jamais travaillé 
pour les gouvernement d'Ukraine ou de Russie", a-t-il déclaré. 
    Artem Sytnik, chef du bureau anti-corruption en Ukraine, a 
confirmé lors d'un point de presse que le nom de Paul Manafort 
apparaissait sur un registre et que plus de 12 millions de 
dollars avaient été alloués en tant que dépense, sous la 
référence Manafort. Il a toutefois ajouté que la mention du nom 
de Manafort "ne veut pas dire qu'il a effectivement reçu cet 
argent". 
    L'équipe de campagne d'Hillary Clinton a dit y voir une 
preuve des "relations troublantes entre l'équipe de Donald Trump 
et des éléments pro-Kremlin en Ukraine." 
    Donald Trump a pu tenir des propos élogieux sur le président 
russe Vladimir Poutine. Le mois dernier, il a invité des hackers 
russes à retrouver les courriels "manquants" de'Hillary Clinton 
à l'époque où elle était chef de la diplomatie américaine et où 
elle utilisait un serveur informatique privé dans le cadre de 
ses fonctions. Il a par la suite décrit ses commentaires comme 
relevant du sarcasme. 
    Trump a désormais tendance à se présenter comme une victime 
des médias. 
    "Si les médias dégoûtants et corrompus qui me couvrent 
étaient honnêtes et ne mettaient pas de fausse signification 
dans les mots que je dis, je serais en train de battre Hillary 
de 20 (points de pourcentage)", a écrit le milliardaire dans un 
Tweet dimanche. 
    Selon la moyenne nationale des sondages effectuée par 
RealClearPolitics, Hillary Clinton devance Donald Trump de 6,8 
points de pourcentage, avec 47,8% des intentions de vote, contre 
41% à son adversaire républicain. 
 
 (Avec Ginger Gibson à Youngstown, dans l'Ohio et Pavel Polityuk 
à Kiev; Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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