Trump, repoussoir ou stimulant dans la primaire à droite

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TRUMP, REPOUSSOIR OU STIMULANT DANS LA PRIMAIRE À DROITE
TRUMP, REPOUSSOIR OU STIMULANT DANS LA PRIMAIRE À DROITE

par Sophie Louet et Simon Carraud

PARIS (Reuters) - Les candidats à l'investiture présidentielle à droite en France ont voulu tirer mercredi les enseignements de la victoire de Donald Trump à l'échelle de la primaire : Alain Juppé, favori, s'estime conforté dans sa stratégie de rassemblement contre le "populisme" prêté à son rival Nicolas Sarkozy, qui y voit la justification de sa croisade contre "la pensée unique".

L'ancien président français a été accusé par ses détracteurs de mener une campagne droitière à la Trump pour mobiliser le noyau dur de l'électorat des Républicains et rallier des électeurs exaspérés par "le système".

En septembre, le candidat "clivant" avait dit sur Europe 1 souhaiter la victoire d'Hillary Clinton, rejetant la comparaison avec le candidat républicain. "Peut-être que si Donald Trump devait gagner, je serais moins comparé à lui", avait-il dit.

S'il s'en défend, ses soutiens, comme Brice Hortefeux ou Laurent Wauquiez, concèdent que le président-élu américain a pu être une source d'inspiration.

"C'est quelqu'un qui a une forme de parole très directe, aborde un certain nombre de thèmes qui jusqu'ici étaient plutôt tabouisés", déclarait ainsi le président par intérim de LR en mars dernier sur France 2, validant par avance les thèmes de campagne de Nicolas Sarkozy empruntés au Front national : déclassement social, identité, immigration, souveraineté.

Mercredi, Nicolas Sarkozy a estimé lors d'une déclaration à la presse que le choix des Américains, comme celui du Brexit en Grande-Bretagne, devait être "respecté" et "entendu" : "Il exprime le refus d'une pensée unique qui interdit tout débat sur les dangers qui menacent notre nation".

Dans chacun de ses meetings, l'ancien président se pose en pourfendeur d'une "pensée unique" qui, a-t-il répété mercredi, "ne voit pas l'exigence des peuples quant à la maîtrise de l'immigration et au respect des frontières, cette pensée qui ignore la nécessité des mesures difficiles qu'il y a à prendre pour protéger les citoyens du terrorisme islamiste."

"MORALITÉ, IL FAUT VOTER"

Plus prosaïquement, les lieutenants de Nicolas Sarkozy puisent dans le résultat de l'élection américaine des raisons supplémentaires de croire à la qualification de l'ancien président malgré des sondages systématiquement défavorables.

"La victoire de (Donald Trump) rappelle qu'en démocratie un président est élu et pas choisi par les médias et les sondeurs", a écrit sur Twitter le député Eric Ciotti. Pour Luc Chatel, "les électeurs détestent qu'on leur dicte leur vote. Le peuple a toujours le dernier mot."

Alain Juppé, qui reconnaît régulièrement que "rien n'est joué", a mis en garde contre le "populisme" et la "démagogie" en visant implicitement Nicolas Sarkozy derrière "tous ceux qui sont à la remorque" des idées du FN.

"C'est pourquoi plus que jamais je veux rassembler toux ceux qui se font une certaine idée de la France et de la République (...) pour faire barrage au Front national. Ça me donne encore plus d'énergie pour la préparation du premier tour de la primaire", a-t-il déclaré à des journalistes.

"Moralité, il faut voter", a réagi sur Twitter le directeur de campagne du maire de Bordeaux, Gilles Boyer, à l'annonce des résultats américains.

Alain Juppé mise sur une mobilisation d'ampleur à la primaire, de l'ordre de trois millions de participants, pour emporter l'avantage face à la base sarkozyste.

"On a toujours été très prudents sur les sondages, on a toujours dit qu'il ne fallait pas s'emballer et que les choses n'étaient pas faites", a déclaré mercredi Virginie Calmels, l'une des porte-parole d'Alain Juppé, à Reuters.

"LE LIÈVRE ET LA TORTUE"

Quant à la question de savoir si Nicolas Sarkozy, qui se présente comme le candidat de "la majorité silencieuse", pourrait tirer bénéfice de l'électrochoc américain, elle dit ne pas y croire : "Il ne représente pas le vote anti-établissement, il a été président".

S'il y a un Trump français, c'est moi, a paru avancer Bruno Le Maire, qui entend incarner le "renouveau" à droite.

"L'élection de Donald Trump est la réaction d'un peuple américain inquiet, qui voit le déclassement arriver (...); moi ça fait depuis 2012 que je me déplace en France et que je vois cette peur du déclassement social", a-t-il dit sur Radio Classique.

"Face aux populismes, aux Etats-Unis ou en France, si on remet les mêmes, le populisme passera. En 2012, lorsque la droite se fait battre par un François Hollande, pas par un Obama ou un Mandela, c'est vraiment que le système politique s'écroule", a ajouté l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy.

L'ancien Premier ministre François Fillon, qui paraît conforté dans le rôle du "troisième homme" de la primaire malgré les velléités du député de l'Eure, ne tire pas dans sa réaction officielle de leçon électorale de la victoire de Donald Trump. Il défend dans un communiqué la "voix amicale mais indépendante" de la France face à l'allié américain.

Jean-François Copé, à 1% d'intentions de vote dans de récents sondages, juge pour sa part son concept de "droite décomplexée" légitimé et interpelle comme les sarkozystes les instituts de sondage : "Je crois qu'il va bien falloir qu'on s'interroge sur la place qu'il faut donner aux sondages dans notre démocratie", dit-il dans un message vidéo.

Jean-Frédéric Poisson, autre outsider de la primaire, considère que l'issue de l'élection américaine "ouvre des perspectives nouvelles pour beaucoup d'entre nous, en tout cas pour moi". "Comme je le dis souvent, si La Fontaine avait suivi les sondages, il aurait fait gagner le lièvre et pas la tortue", a-t-il dit sur LCP.

(avec Ingrid Melander à Bordeaux, édité par Marc Joanny)

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  • M7313387 il y a 4 mois

    Ils n'ont pas compris ces deux là : La momie et l'homme qui valait 3 milliards. Vivement nos elections! qu'on leur montre que les 30 années passées sont révolues!

  • jean-648 il y a 4 mois

    Aux Etats-Unis les problèmes se règlent à coups de révolver. Vous verrez d'ici un an, si Trump déçoit une institution (armée, affaires, partis des républicains, diplomatie ect...) on ne le reverra plus.

  • 5701726 il y a 4 mois

    Donc entre le fils à papa Trump, qui a toutefois du bosser car son père était dur, et tous les autres purs produits du système politique prefessionnel.... on peut se réjouir que Trump soit sorti vaiqueur (et s'inquiéter, certes, d'autant qu'il doit très peu au Parti Républicain , donc il risque d’être incontrôlable, et constitue run facteur de risques très sérieux) .

  • 5701726 il y a 4 mois

    Surtout on veut pas de Hollande ni de .... Sarkozy. Les autres ne feront pas mieux, mais au moins, on aura essayé. Il ne feront pas mieux car la France est non pas sclérosée mais fossilisée avec une Assemblée depuis 1981, en particulier, à très grande, ou grande, majorité de fonctionnaires/assimilés (EDF, SNCF, CPAM etc) . Or ces gens, sont seulement (c colossal déjà!!) 25%+ de l'électorat, mais imposent un régime collectivo-socialo- communiste au pays en développant leurs intérets...

  • MAXDEG il y a 4 mois

    La victoire de Trump nous montre qu'il est possible de se débarrasser de ces vieilles ganaches, allez du balais !!!!

  • M9941825 il y a 4 mois

    Il faut retenir que c'est la défaite des politiques qui ne vivent que de la politique = que savent-ils faire d'autres ? TRUMP a fait une brillante carrière , toute sa carrière , en temps qu'entrepreneur

  • jmlhomme il y a 4 mois

    Chacun constatera que AJ appelle les voix du centre qui ne veulent surtout rien changer. Ce sont par definition les centristes. La loi du milieu est souvent la voix des ma..aaafieux

  • schrett il y a 4 mois

    Juppé le mou devra muscler son discours s'il veut être entendu.

  • Jack0007 il y a 4 mois

    Avec la retraite à 65 ans, je ne vois pas comment ils pensent avoir la vote populaire…on va vers une catastrophe aussi, et MLP peut faire plus de mal à la France et l’Europe que Brexit et Trump…

  • M107412 il y a 4 mois

    Définitivement un stimulant. BEZOS(AMAZONE) N'aime pas du tout trump, il est fâché ainsi que la silicone valley.Les licornes sont bienvenus en France ainsi que les banquiers de la city..