Trump refuse de dire s'il acceptera le résultat des élections

le , mis à jour à 13:51
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    * Trump : "Je vais maintenir le suspense. D'accord ?" 
    * Hillary Clinton donnée gagnante du 3e et dernier débat 
 
 (Actualisé tout du long) 
    par Steve Holland et Amanda Becker 
    LAS VEGAS, 20 octobre (Reuters) - Donald Trump a une 
nouvelle fois bousculé les règles de l'élection présidentielle 
américaine mercredi, refusant de préciser lors de son troisième 
et dernier débat avec Hillary Clinton s'il reconnaîtrait, comme 
le veut la tradition, le verdict des urnes le soir du 8 
novembre. 
    Après avoir passé les dix derniers jours à dénoncer un 
scrutin qu'il affirme "truqué" par les élites démocrates et par 
la presse, le candidat républicain a encore ajouté à la 
confusion qui règne dans son camp en défiant l'une des pratiques 
de la démocratie américaine. 
    Interrogé par le modérateur Chris Wallace sur l'attitude 
qu'il adoptera à l'annonce des résultats, le milliardaire s'est 
contenté de répondre : "Je vous le dirai le moment venu, je vais 
maintenir le suspense. D'accord ?" 
    Face à cette sortie inattendue du magnat de l'immobilier, 
Hillary Clinton s'est d'abord déclarée "horrifiée" avant de 
s'engouffrer dans la brèche ainsi ouverte par son adversaire. 
    "Ce n'est pas comme ça que fonctionne notre démocratie", a 
rappelé la candidate démocrate à la Maison blanche. "Nous 
existons depuis 240 ans. Nous avons eu des élections libres et 
justes. Nous avons accepté des résultats qui ne nous plaisaient 
peut-être pas. Et c'est ce que l'on doit attendre de quiconque 
se trouve sur la scène d'un débat en vue d'une élection." 
    Avec cette remarque, Donald Trump, devenu un adepte du coup 
d'éclat permanent, a un peu plus cimenté le soutien de ses 
partisans, contempteurs des élites de Washington. 
    Il n'est en revanche pas sûr que cette stratégie de la 
rupture soit de nature à élargir son audience électorale 
notamment dans les Etats en balance (Etats indécis ou swing 
states) alors qu'il subit un décrochage dans les enquêtes 
nationales d'opinion à moins de trois semaines de l'"Election 
Day". 
     
    "IL NE DOIT PAS ÊTRE PRÉSIDENT" 
    Un sondage instantané réalisé pour CNN donnait la candidate 
démocrate vainqueur de cette ultime confrontation à 52% contre 
39% au républicain. 
    Le Grand Old Party, qui a dans sa majorité lâché Donald 
Trump en rase campagne, a dû une fois de plus se désolidariser 
des propos de celui qu'il a investi en juillet. 
    "S'il (Trump) perd, ce ne sera pas parce que le système est 
'truqué' mais parce qu'il aura échoué en tant que candidat", a 
jugé le sénateur Lindsey Graham. 
    "Je déplore ce qu'a dit Trump et le fait qu'il refuse de 
préciser s'il acceptera le résultat de l'élection. Cela confirme 
le jugement qu'il ne doit pas être président", a écrit sur 
Twitter Bill Kristol, directeur du magazine néoconservateur The 
Weekly Standard. 
    Comme lors de ses précédentes déclarations controversées, 
Donald Trump a malgré tout trouvé des alliés pour voler à son 
secours. Parmi eux, le neurochirurgien ultraconservateur à la 
retraite Ben Carson, candidat malheureux lors de la primaire 
républicaine. "Il n'a pas dit qu'il n'accepterait pas le 
résultat. Il a dit qu'il l'évaluerait le moment venu", a 
commenté Carson. 
    Le candidat à la vice-présidence Mike Pence s'est essayé à 
l'optimisme, affirmant que Donald Trump accepterait l'issue de 
la présidentielle parce qu'il allait la remporter. 
    Pour le stratège politique républicain Ryan Williams, tout 
candidat doit "accepter le résultat à moins qu'il existe des 
motifs pour un recomptage et pour l'instant il ne semble pas 
qu'on se dirige vers une élection disputée". 
    La tradition américaine veut que le candidat vaincu à la 
présidentielle reconnaisse sa défaite et annonce clairement 
qu'il se range derrière le nouveau "commander-in-chief" auquel 
est confiée la destinée du pays. 
     
    "QUELLE MÉCHANTE FEMME" 
    Cette seule remarque de Trump a en partie éclipsé le contenu 
de ce troisième débat qui, comme les précédents, a été tendu et 
peu cordial bien que le milliardaire soit apparu moins agressif 
à l'égard de sa rivale. 
    Si les deux candidats ont parfois eu des échanges 
argumentés, notamment sur l'immigration, l'avortement et le port 
des armes à feu, le ton a une nouvelle fois été donné dès leur 
entrée sur la scène installée dans l'université du Nevada, à Las 
Vegas. Comme lors de leur deuxième débat la semaine dernière, 
ils n'ont pas échangé la traditionnelle poignée de mains et se 
sont dirigés directement vers leur pupitre. 
    Les petites piques ont fusé tout au long des échanges. 
Hillary Clinton a ainsi rappelé que Donald Trump était un 
mauvais perdant et s'était déjà plaint par le passé que son 
programme de téléréalité n'ait pas reçu de récompense. 
    "J'aurais dû l'avoir", a répliqué le candidat républicain, 
avant d'accuser l'équipe de campagne d'Hillary Clinton d'avoir 
orchestré les accusations d'agressions sexuelles récemment 
lancées à son encontre par plusieurs femmes. 
    Hillary Clinton et Donald Trump se sont aussi vivement 
affrontés au sujet de Vladimir Poutine. 
    L'ex-secrétaire d'Etat de l'actuel président démocrate 
Barack Obama a qualifié son adversaire de "marionnette" du 
président russe avant d'être accusée par le candidat républicain 
d'avoir été constamment bernée par Vladimir Poutine. 
    Avant de se lancer ces propos acerbes, chacun a argumenté 
pour défendre des points de vue opposés sur des thèmes de 
société, ce qui ne les a pas empêchés de réagir parfois avec 
véhémence. 
    Ainsi, lorsque Hillary Clinton s'est engagée à alourdir la 
fiscalité des Américains les plus riches pour financer le 
système fédéral de retraite, tout en suggérant que Donald Trump 
pourrait chercher un moyen de ne pas payer plus d'impôts, 
l'homme d'affaires a lâché : "Quelle méchante femme!" 
 
 (Bertrand Boucey et Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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