Trump refuse de dire qu'il acceptera le résultat des élections

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    par Steve Holland et Amanda Becker 
    LAS VEGAS, 20 octobre (Reuters) - Donald Trump a laissé 
entendre mercredi qu'il pourrait ne pas reconnaître le résultat 
de l'élection présidentielle du 8 novembre aux Etats-Unis, l'un 
des moments forts du troisième et dernier débat, une nouvelle 
fois houleux, l'opposant à Hillary Clinton. 
    Si les deux candidats ont parfois eu des échanges 
argumentés, notamment sur l'immigration, l'avortement et le port 
des armes à feu, le ton a une nouvelle fois été donné dès leur 
entrée sur la scène installée dans l'université du Nevada à Las 
Vegas. Comme lors de leur deuxième débat la semaine dernière, 
ils n'ont pas échangé la traditionnelle poignée de mains et se 
sont dirigés directement vers leur pupitre. 
    Distancé dans les intentions de vote mesurées par les 
instituts de sondage, Donald Trump a dénoncé, comme il le fait 
depuis plusieurs jours, un processus électoral truqué en faveur 
d'Hillary Clinton. 
    Le candidat républicain a déclaré qu'il attendrait avant de 
juger si le résultat de l'élection lui paraît légitime. 
    "Je vous le dirai le moment venu, je vais maintenir le 
suspense", a-t-il dit. 
    Hillary Clinton a fait part de sa consternation. 
    "Soyons clairs sur ce qu'il dit et ce que cela signifie: il 
dénigre, il minore notre démocratie et je suis horrifiée que 
quelqu'un qui est le candidat de l'un de nos deux grands partis 
adopte cette position", a-t-elle dit. 
    Donald Trump a accusé l'équipe de campagne d'Hillary Clinton 
d'avoir orchestré les accusations d'agressions sexuelles 
récemment lancées à son encontre par plusieurs femmes. 
    Pour la candidate démocrate, l'attitude de l'homme 
d'affaires envers les femmes rappelle celle qu'il a à l'égard 
des minorités en général. 
    "C'est un trait caractéristique. Un trait de division, de 
vision très sombre et par de nombreux aspects dangereuse de 
notre pays par lequel il incite à la violence", a-t-elle dit. 
     
    "MARIONNETTE" DE POUTINE 
    Hillary Clinton et Donald Trump se sont auparavant vivement 
affrontés au sujet de Vladimir Poutine. 
    L'ex-secrétaire d'Etat de l'actuel président démocrate 
Barack Obama a qualifié son adversaire de "marionnette" du 
président russe avant d'être accusée par le candidat républicain 
d'avoir été constamment bernée par Vladimir Poutine. 
    Alors que les services de renseignement américains imputent 
aux autorités russes la responsabilité de récents piratages 
informatiques contre le Parti démocrate, Hillary Clinton a 
reproché à Donald Trump de ne pas condamner ces attaques. 
    "(Donald Trump) préfère croire Vladimir Poutine plutôt que 
les responsables militaires et civils du renseignement chargés 
de nous protéger", a-t-elle dit. 
    Le candidat républicain, traitant sa rivale de "menteuse", a 
répliqué qu'il ne connaissait pas Vladimir Poutine mais que cela 
lui conviendrait d'avoir de bonnes relations avec ce dernier. 
    "Il a dit des choses agréables sur moi", a déclaré Donald 
Trump. "Il n'a aucun respect pour elle, il n'a aucun respect 
pour notre président et je vais vous dire, nous avons de très 
gros problèmes." 
    Hillary Clinton est alors intervenue: "C'est parce qu'il 
préférerait avoir une marionnette en tant que président des 
Etats-Unis." 
    "Non, c'est vous la marionnette", a riposté Donald Trump. 
"Poutine l'a bernée elle et Obama en permanence." 
     
    "RHÉTORIQUE DE LA PEUR" 
    Avant de se lancer ces propos acerbes, chacun a argumenté 
pour défendre des points de vue opposés sur des thèmes de 
société, ce qui ne les a pas empêchés de réagir parfois avec 
véhémence. 
    Ainsi, lorsque Hillary Clinton s'est engagée à alourdir la 
fiscalité sur les Américains les plus riches pour financer le 
système fédéral de retraite, tout en suggérant que Donald Trump 
pourrait chercher un moyen de ne pas payer plus d'impôts, 
l'homme d'affaires a lâché: "Quelle méchante femme." 
    Hillary Clinton a aussi promis de nommer à la Cour suprême 
des juges qui préserveraient le droit à l'avortement alors que 
Donald Trump a annoncé qu'il désignerait des magistrats qui 
reviendraient sur cette décision rendue en 1973. 
    Dans le cadre de la législation actuelle, "on peut prendre 
et arracher le bébé du ventre de la mère juste avant la 
naissance du bébé", a dit Donald Trump. 
    "Honnêtement, personne ne peut faire ce que je viens juste 
de dire, faire ça aussi tardivement que un, deux, trois ou 
quatre jours avant la naissance", a-t-il ajouté. 
    Hillary Clinton a alors reproché à son adversaire de 
recourir à "une rhétorique de la peur (qui) est juste 
terriblement regrettable". 
    "C'est l'un des pires choix qu'une femme et sa famille 
puissent avoir à faire et je ne crois pas que ce soit au 
gouvernement de le faire", a-t-elle dit. 
    Sur le port des armes à feu, Donald Trump a dit qu'il 
défendrait le deuxième amendement de la Constitution des 
Etats-Unis, qui, selon lui, serait menacé en cas d'élection 
d'Hillary Clinton, ce qu'elle a démenti. 
 
 (Bertrand Boucey pour le service français) 
 
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