Trump persiste et signe sur le refoulement des musulmans

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 (Actualisé avec déclarations de Trump) 
    par Susan Heavey et Lisa Lambert 
    WASHINGTON, 8 décembre (Reuters) - Donald Trump, candidat à 
l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 
2016, a défendu mardi sa proposition d'interdire l'entrée aux 
Etats-Unis à tous les musulmans en comparant cette mesure 
"temporaire" à celle qui avait visé Japonais et Allemands 
pendant la Seconde Guerre mondiale. 
    Le milliardaire a suggéré lundi dans un communiqué distribué 
à la presse la "fermeture totale" des frontières américaines aux 
musulmans jusqu'à ce que le Congrès "puisse comprendre ce qui se 
passe" après l'attaque de la semaine dernière à San Bernardino, 
en Californie, menée par deux adeptes du groupe djihadiste Etat 
islamique. 
    Face au tollé provoqué par cette proposition jusque dans les 
rangs républicains, Donald Trump a convoqué la mémoire de 
l'ancien président Franklin Delano Roosevelt. 
    "Ce que je propose n'est pas différent de ce qu'a fait FDR", 
a-t-il déclaré au programme de la chaîne télévisée ABC "Good 
Morning America".  
    "Il y a des gens qui veulent faire exploser nos bâtiments, 
nos villes. Nous devons comprendre ce qui se passe", a insisté 
le magnat de l'immobilier. 
    Passé maître dans l'art de la provocation, Donald Trump a 
rappelé que la politique de Roosevelt avait été bien plus 
contestable que ce qu'il propose de faire aujourd'hui. 
    Pendant la Seconde Guerre mondiale, plus de 110.000 
ressortissants ou descendants de ressortissants japonais, 
allemands et italiens avaient été détenus dans des camps 
d'internement sur le sol américain. 
     
    "FAIRE QUELQUE CHOSE" 
    Dans un autre entretien, accordé mardi à la chaîne MSNBC, 
Donald Trump a expliqué qu'il ne savait pas combien de temps 
pourrait durer une telle mesure. 
    "Tant que nous ne contrôlons pas la situation, nous devons 
faire quelque chose et nous devons le faire maintenant", a-t-il 
éludé, assurant être soutenu dans cette démarche par un grand 
nombre d'Américains qui "veulent qu'il se passe quelque chose". 
    Défendant sa proposition, Donald Trump a précisé à ABC qu'il 
n'était pas favorable au rétablissement des camps d'internement 
et que les Américains de confession musulmane seraient autorisés 
à revenir aux Etats-Unis après un voyage à l'étranger. 
    L'auteur de l'attaque de San Bernardino était un Américain 
d'origine pakistanaise, revenu il y a quelques années d'un 
séjour en Arabie saoudite. 
    Dans son communiqué, Donald Trump assure que des sondages 
attestent l'existence d'une "haine" des musulmans envers 
l'Amérique qui pourrait déboucher sur de nouvelles attaques. 
    "Nous devons déterminer d'où vient cette haine et pourquoi 
elle existe. Jusqu'à ce que nous soyons en mesure de comprendre 
ce problème et la dangereuse menace qu'il représente, notre pays 
ne peut être victime d'horribles attaques par des gens qui ne 
croient qu'au djihad, et n'ont aucun sentiment de raison ou de 
respect pour la vie humaine", dit le candidat à l'investiture 
républicaine. 
    Après les attentats du 13 novembre en France, Donald Trump 
avait déjà proposé de ficher tous les musulmans vivant aux 
Etats-Unis, une mesure comparée par ses adversaires aux fichiers 
de juifs établis par les nazis, et d'"éliminer toutes les 
familles" des djihadistes.  ID:nL8N13M45J  ID:nL8N13R4HU  
    La plupart de ses rivaux républicains se sont prononcés de 
leur côté en faveur d'une suspension du programme d'accueil de 
10.000 réfugiés syriens validé par le président Barack Obama. 
     
    "DONALD TRUMP EST FOU" 
    Le milliardaire continue de faire la course en tête pour 
l'investiture républicaine, même si sa cote a fortement chuté 
ces derniers temps, notamment depuis ses commentaires 
post-attentats. 
    Ses dernières déclarations ont soulevé un nouveau tollé.  
    "Donald Trump est fou. Ses propositions politiques ne sont 
pas sérieuses", dit Jeb Bush, qui brigue lui aussi l'investiture 
républicaine, sur Twitter.  
    Hillary Clinton, favorite côté démocrate, qui réagit elle 
aussi sur le réseau social, juge ses propos "répréhensibles, 
préjudiciables et sources de divisions".  
    "C'est scandaleux de la part de quelqu'un qui prétend 
assumer les plus hautes fonctions dans ce pays (...) Donald 
Trump parle plus comme le chef d'une bande de lyncheurs que 
comme celui d'une grande nation telle que la nôtre", s'est quant 
à lui indigné Nihad Awad, directeur du Conseil des relations 
américano-islamiques.  
    Selon Josh Earnest, porte-parole de la Maison blanche, 
l'homme d'affaires "cherche à exploiter une part d'ombre (...) 
et à jouer avec les peurs des gens" pour relancer sa campagne.  
    Ben Rhodes, conseiller adjoint à la sécurité nationale, a  
quant à lui parlé d'une proposition "contraire aux valeurs 
américaines".  
    Pour l'ancien vice-président Dick Cheney, membre du camp 
conservateur, elle "va à l'encontre de tout ce que nous 
défendons et de tout ce en quoi nous croyons".        
 
 (Ginger Gibson; Jean-Stéphane Brosse, Jean-Philippe Lefief et 
Tangi Salaün pour le service français) 
 
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