Trump ouvre le bal des nominations dans une Amérique divisée

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Donald Trump et Reince Priebus le 9 novembre 2016 à New York ( AFP/Archives / MANDEL NGAN )
Donald Trump et Reince Priebus le 9 novembre 2016 à New York ( AFP/Archives / MANDEL NGAN )

Donald Trump s'est lancé lundi dans une semaine intense de sélection des figures-clés de son administration, après avoir tenté de convaincre une Amérique divisée - et le monde - de ne pas avoir peur de sa future politique.

Le président démocrate Barack Obama donnera dans l'après-midi (20H15 GMT) sa première conférence de presse depuis leur rencontre, jeudi, après la victoire choc du magnat de l'immobilier.

M. Obama avait qualifié d'"excellente" la conversation avec Donald Trump mais selon plusieurs médias, le président a été surpris par le manque de préparation de son successeur.

Montage de portraits d'archives réalisé le 11 novembre 2016 de Reince Priebus et Stephen K. Bannon
Montage de portraits d'archives réalisé le 11 novembre 2016 de Reince Priebus et Stephen K. Bannon ( AFP / STF )

Le bal des proches conseillers a repris tôt à la tour Trump, en plein coeur de Manhattan.

L'un des candidats potentiels au poste de secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin, ancien de la grande banque d'investissement Goldman Sachs, s'est engouffré dans un ascenseur, décoré d'une photo du prochain président.

Arrivée à la mi-journée, la directrice de campagne de Donald Trump, Kellyanne Conway, a dit que de "nouvelles nominations" seraient certainement annoncées cette semaine.

Donald Trump "se réunit, mène des entretiens", a-t-elle expliqué aux journalistes, précisant qu'une autre partie de l'équipe de transition travaillait dans la capitale, Washington.

Les hommes forts de Donald Trump
Les hommes forts de Donald Trump ( AFP / Iris ROYER DE VERICOURT, Aude GENET, Christopher HUFFAKER, Gillian HANDYSIDE )

"Il reçoit encore de nombreux appels, d'élus, de gens auxquels il s'est opposé pendant les primaires (républicaines), d'autres meneurs d'opinion", a poursuivi Kellyanne Conway.

- Une personnalité d'extrême droite -

Dans ses 100 premiers jours à la tête du pays, M. Trump aura pour priorités de s'attaquer à l'immigration illégale, de baisser les impôts, de définir ses grands axes de politique étrangère et de réformer la loi sur l'assurance santé Obamacare, a rappelé lundi le futur secrétaire général de la Maison Blanche et président du parti républicain, Reince Priebus.

Le président élu Donald Trump et et le président républicain de la Chambre des représentan
Le président élu Donald Trump et et le président républicain de la Chambre des représentants Paul Ryan le 10 novembre 2016 à Washington ( AFP / NICHOLAS KAMM )

"Nous avons l'opportunité de faire tout cela étant donné que nous avons la Chambre des représentants et le Sénat, et nous avons un Congrès qui a hâte de faire ce travail", a-t-il dit sur ABC, soulignant la "victoire écrasante" des républicains le 8 novembre.

Face à cette figure de l'establishment si souvent décrié par le milliardaire en campagne, Donald Trump a aussi annoncé dimanche une nomination controversée au poste de haut conseiller et chef de la stratégie: Steve Bannon, personnalité d'extrême droite très influente, notamment par son site Breitbart News, qui avait dirigé la campagne de Donald Trump à partir d'août.

Sa nomination a soulevé une vague d'indignation du côté des associations anti-racisme.

Kellyanne Conway a rejeté l'image d'un homme d'extrême droite.

"Les gens devraient regarder son CV complet", a-t-elle ajouté, citant le diplôme décroché à Harvard par Steve Bannon, 62 ans, ancien banquier d'affaires et plus récemment producteur de films à Hollywood.

Steve Bannon le 5 novembre 2016 à Reno
Steve Bannon le 5 novembre 2016 à Reno ( AFP/Archives / MANDEL NGAN )

Reince Priebus et Steve Bannon "forment une superbe équipe", a poursuivi Kellyanne Conway. "Ils se complètent. Ils bénéficient chacun de la chose la plus importante: le patron les écoute."

- Bourse dopée par l'élection -

Donald Trump et Reince Priebus le 9 novembre 2016 à New York
Donald Trump et Reince Priebus le 9 novembre 2016 à New York ( AFP/Archives / JIM WATSON )

Sur la scène internationale, le président chinois Xi Jinping et Donald Trump se sont enfin entretenus lundi, près d'une semaine après son élection. Ils "se sont mis d'accord pour maintenir des contacts étroits, bâtir une bonne relation de travail et pour se rencontrer bientôt", a indiqué la télévision d'Etat chinoise CCTV, sur son site internet.

Un contraste saisissant avec le langage employé lors de sa campagne par le républicain, qui avait traité la Chine d'"ennemie" et l'avait accusée de "violer" les Etats-Unis à cause de sa concurrence commerciale.

Le président élu Donald Trump nomme 2 hommes-clés pour la Maison Blanche
Le président élu Donald Trump nomme 2 hommes-clés pour la Maison Blanche ( AFP / Vincent LEFAI, Jean-Michel CORNU, Gillian HANDYSIDE, kun tian )

Donald Trump a aussi offert un visage plus conciliant dimanche, lors de son premier entretien diffusé sur CBS. Il a notamment condamné les actes de violence et de harcèlement contre des minorités qui, selon l'opposition démocrate et des associations, se sont multipliés depuis son élection.

Il s'est aussi montré très ferme sur plusieurs dossiers-clés de son agenda conservateur, comme l'avortement ou l'immigration, indiquant vouloir expulser jusqu'à trois millions de clandestins, sur les environ 11 millions, surtout Latino-américains, qui vivraient aux Etats-Unis, selon les estimations.

Les expulsions n'avaient pas été stoppées sous Barack Obama, qui avait même été surnommé "l'expulseur en chef" par d'influentes organisations hispaniques après avoir fait quitter le pays à quelque 2,5 millions de personnes entre 2009 et 2015, un record comparé à ses prédécesseurs.

Les marchés confirmaient leur confiance retrouvée lundi matin, l'indice vedette de la Bourse de New York, le Dow Jones, ouvrant sur un record.

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  • jmidy il y a 3 semaines

    648 c'est exactement ce que fait la France depuis 40 ans et c'est ce que faisaient les US jusqu'à ce jour !

  • Berg690 il y a 3 semaines

    Trump président....point!

  • delapor4 il y a 3 semaines

    Non, monjohn, ils seront enterrés vivants dans de la chaux vive.

  • bouchet1 il y a 3 semaines

    la démocratie à parlée .... point ! C'est exact : Clinton a eu PLUS DE VOIX que Trump,... Point. c'est une magouille qui l'a déclarer vainqueur!

  • monjohn il y a 3 semaines

    J'ai entendu dire que les émigrés qui ne sont pas nés aux states devront se faire tatouer un numéro sur le bras droit. Quelqu'un peut-il confirmer?

  • jean-648 il y a 3 semaines

    A ceux qui seraient prêts à tendre le bras droit ou qui parlent de démocratie sans savoir, je leurs rappelle une belle phrase de Georges Orwell, "Un peuple qui élit des corrompus, des imposteurs, des voleurs, des traîtres n'est pas victime, il est complice".

  • cavalair il y a 3 semaines

    Avant il y avait le pot de confiture et des regles bien precises pour mettre la main dedans, un coup ce sont les Democrates un coup se sont les Republicains et tout le monde etait tres content. Avec Trump, ils ne connaissent pas les regles alors ils sont perdus, et on les entends se dechainer

  • ref1929 il y a 3 semaines

    ce qui genent c'est pas son machisme ou son coté rustre ...c'est qu'il risque de faire le jeu de lobbies différents de ceux en place... tout le coté "humaniste" n'est que cosmétiques... Preuve en est : L'etat d'israel n'est pas plus ouvert et tolérant que trump (frontiere, protectionnisme, nationalisme politique palestinienne, murs au frontieres...)

  • titresyl il y a 3 semaines

    arrêtez Messieurs le journalistes et autres avec vos insinuations ..... la démocratie à parlée .... point ! pliez vous aux institutions ou allez vous en dans des pays totalitaires .....

  • ref1929 il y a 3 semaines

    Steve Bannon, ancien banquier d'affaires et plus récemment producteur de films à Hollywood... on comprends l'inquietude des lobbies sionistes...