Trump fera "tout" pour aider les Cubains à vivre dans la liberté

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    * Pendant la campagne, Trump a menacé de revenir sur la 
normalisation amorcée en décembre 2014 par Obama 
    * "Nous ferons tout pour que le peuple cubain s'engage sur 
le chemin de la liberté", promet-il 
    * Des élus républicains attendent qu'il définisse sa 
politique cubaine 
 
    par Roberta Rampton 
    WEST PALM BEACH, Floride, 26 novembre (Reuters) - Donald 
Trump a espéré samedi que la mort de Fidel Castro éloignerait le 
peuple cubain des "horreurs endurées trop longtemps" et s'est 
dit prêt à tout faire pour soutenir la liberté et la prospérité 
dans l'île. 
    "Même si les tragédies, les morts et la souffrance 
provoquées par Fidel Castro ne peuvent pas être effacées, notre 
administration fera tout ce qu'elle peut pour faire en sorte que 
le peuple cubain s'engage finalement sur le chemin de la 
prospérité et la liberté", dit le président élu dans un 
communiqué. 
    "Même si Cuba demeure une île totalitaire, mon espoir est 
que cette journée marque un éloignement avec les horreurs 
endurées trop longtemps et une étape vers un avenir dans lequel 
ce magnifique peuple cubain vivra finalement dans la liberté 
qu'il mérite si grandement", poursuit-il. 
    Trump, qui sera investi le 20 janvier prochain, avait 
initialement réagi à la mort de l'ex-dirigeant cubain d'un 
simple tweet: "Fidel Castro est mort !"     
    La disparition de Castro, même s'il n'exerçait plus de 
fonctions officielles dans les institutions du régime, replace 
la question cubaine sur le devant de l'actualité, de même que la 
politique que le futur président américain entend mener. 
    Lors de la campagne électorale, et notamment en meeting en 
septembre à Miami, coeur de la communauté cubaine en exil, 
Donald Trump avait annoncé qu'il s'efforcerait de revenir sur 
l'ouverture vers Cuba si les dirigeants cubains ne respectaient 
pas la liberté de culte et ne libéraient pas les prisonniers 
politiques. 
    "Le prochain président peut revenir en arrière et c'est ce 
que je ferai si le régime Castro ne respecte pas nos exigences", 
avait dit celui qui n'était encore que le candidat républicain à 
la Maison blanche. 
    Le président démocrate, qui s'est rendu à La Havane en mars 
dernier, et son secrétaire d'Etat, John Kerry, se sont employés 
samedi à réaffirmer le processus de normalisation engagé en 
décembre 2014, une des principales réalisations du double mandat 
d'Obama. 
    "Au moment du décès de Fidel Castro, nous tendons une main 
de l'amitié au peuple cubain", a commenté Obama, laissant à 
l'histoire la tâche d'"enregistrer et juger l'énorme impact de 
cette figure singulière sur le peuple et le monde qui 
l'entourait". 
    Dans un communiqué, Kerry a souligné que "les Etats-Unis 
réaffirment leur soutien à l'approfondissement de notre 
engagement avec le peuple cubain maintenant et dans les années à 
venir". 
     
    LA FIN D'UN LONG RÈGLEMENT DE COMPTES ? 
    Mais certains élus républicains, qui ont fait bloc pour 
freiner les ouvertures de l'administration Obama sur le commerce 
et les voyages, attendent avec impatience que Trump définisse le 
cadre de sa politique cubaine. 
    A l'inverse, d'autres élus républicains ont rompu avec 
l'orthodoxie du Grand Old Party et apporté à Obama un soutien 
motivé par les perspectives économique d'un rétablissement de 
relations normales avec l'île. 
    Sénateur de Floride issu de la communauté cubaine, Marco 
Rubio, qui fut adversaire de Trump lors des primaires 
républicaines, a souligné dans sa réaction au décès de Castro 
qu'il avait fait de Cuba une "île pénitentiaire appauvrie". 
    "Le dictateur est mort, mais pas la dictature", dit-il dans 
un communiqué. "L'avenir de Cuba réside entre les mains du 
peuple cubain et aujourd'hui plus que jamais, le Congrès et la 
nouvelle administration (Trump) doivent se tenir avec lui contre 
leurs dirigeants brutaux et soutenir leur lutte pour la liberté 
et les droits fondamentaux." 
    Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, 
a espéré lui que Raul Castro pourrait désormais "tourner la 
page" de l'oppression.  
    Paul Ryan, président sortant de la Chambre des 
représentants, a tenu un propos similaire: "A présent que Fidel 
Castro est mort, la cruauté et l'oppression de son régime 
doivent mourir avec lui", a commenté l'élu républicain du 
Wisconsin. 
    Selon Richard Feinberg, ancien conseiller national à la 
sécurité de Bill Clinton, la mort de Castro rend moins probable 
un virage à 180° de la politique cubaine des Etats-Unis. 
    "Son décès supprime un objet de haine, de peur et de 
revanche pour de nombreux Cubains-Américains, mettant un terme à 
ce qui a été l'un des plus longs règlements de comptes de 
l'histoire et ouvrant la voie à la réconciliation de la famille 
cubaine profondément divisée", argumente-t-il. 
    Concurrencer l'influence de la Chine et de la Russie à Cuba, 
ajoute-t-il, est dans l'intérêt des Etats-Unis. 
        
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    PORTRAIT Fidel Castro, révolutionnaire du XXe siècle 
  
    ENCADRE Les faits marquants de la vie de Fidel Castro 
  
    CHRONOLOGIE des années Castro       
 
 (avec Idrees Ali à Washington; Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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