Trump est le seul candidat qui menace la démocratie

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Donald Trump à Las Vegas dans le Nevada.
Donald Trump à Las Vegas dans le Nevada.

Pour Jan-Werner Müller, professeur de sciences politiques à l’université de Princeton, il faut cesser de comparer Donald Trump et Bernie Sanders. Si les deux tentent de définir de nouvelles identités politiques, selon lui, il n’y a qu’un seul populiste, c’est le candidat républicain.

Deux idées reçues sont ânonnées au sujet de l’élection présidentielle américaine de 2016. Tout d’abord, les Américains seraient, paraît-il, « en colère », « frustrés », et offriraient pour cette raison des victoires à des personnalités « anti-establishment » comme Donald Trump et Bernie Sanders – des victoires qui auraient été inimaginables il y a un an encore. Enfin, alors que les deux principales formations tentaient à l’ordinaire de s’attirer les faveurs du centre, elles tendraient désormais à se tourner vers les extrêmes. Ces idées sont trompeuses. Il n’y a pas de symétrie entre Trump et Sanders ; et il est assurément faux d’affirmer, comme le font de nombreux commentateurs, que les extrêmes, d’une manière ou d’une autre, se touchent. Seule la droite américaine s’est engagée dans une surenchère extrémiste qui pourrait bien se révéler autodestructrice.

C’est un signe de paresse intellectuelle que d’affirmer que tous deux partagent nécessairement beaucoup, au motif qu’ils seraient des personnalités « anti-establishment » ou, d’une façon ou d’une autre, des « populistes ». Un milliardaire et un politicien ayant siégé dix ans durant au Sénat font bien partie de l’establishment. Mais il faut surtout cesser de penser que les partis politiques américains disposent d’un « establishment », c’est-à-dire d’un leadership politique clairement organisé, sur le modèle des partis européens. Le couple Clinton se rapproche quelque peu de ce modèle, mais il n’y a rien de comparable chez ...

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  • odnaz il y a 11 mois

    Tout le monde (et aussi Le Monde) sait qu'il n'y a pas plus gau cho qu'un universitaire américain, alors Princeton ? Facile d'être un bon gau cho quand on n'a rien fait de concret mais seulement des études, des analyses et noircir du papier. Les hommes "de pensée" ok il en faut mais point trop, on en revient aux hommes "d'action", et les américains sont un peuple "d'actifs".

  • mucius il y a 11 mois

    Le Monde continue sa propagande avec acharnement. Trump ne menace aucunement la démocratie et le peuple américain le sait et y veille. LM ferait bien de regarder chez nous où la démocratie est moribonde : voir le peu de cas qu'on fait des résultats des référendums!