Trump durcit la politique américaine envers Cuba

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    par Steve Holland 
    MIAMI, 16 juin (Reuters) - Donald Trump a annoncé vendredi 
une politique américaine plus restrictive envers Cuba, sans 
toutefois remettre en cause les principaux aspects de la détente 
mise en place par son prédécesseur Barack Obama.  
    "Avec l'aide de Dieu, nous connaîtrons bientôt un Cuba 
libre", a lancé le président américain dans un discours à Miami, 
sous les applaudissements d'une foule de Cubano-Américains.  
    Parmi eux était présent l'ancien candidat à l'investiture 
républicaine Marco Rubio, l'un des artisans de cette révision 
qui fera l'objet d'une directive présidentielle. 
    "Dès aujourd'hui, j'annule l'accord complètement à sens 
unique de la précédente administration", a proclamé Donald 
Trump. 
    La nouvelle politique cubaine de Washington consistera 
principalement à faire appliquer plus strictement l'interdiction 
des voyages touristiques sur l'île aux ressortissants américains 
et à restreindre les liens commerciaux entre les entreprises 
américaines et le secteur militaire cubain. 
    Les Américains qui se rendent à Cuba doivent théoriquement 
justifier leur déplacement par une raison, qu'elle soit 
professionnelle, humanitaire ou autre, et se faire accompagner 
d'un guide, conditions fréquemment ignorées.  
    Les forces armées à Cuba ont quant à elle une présence 
tentaculaire dans l'économie du pays, en particulier dans le 
tourisme où elles possèdent par le biais du conglomérat GAESA la 
plupart des hôtels, notamment dans le vieux La Havane. 
    D'après des économistes cubains, GAESA, dont la création 
remonte aux années 1980, procure à l'Etat de 40 à 60% de ses 
revenus en devises étrangères. 
    Le conglomérat est propriétaire de quasiment tous les 
supermarchés ou magasins de l'île qui vendent des produits 
importés. 
    "Nous ne voulons pas que les dollars américains servent à 
soutenir un monopole militaire qui exploite et maltraite les 
citoyens de Cuba", a souligné Donald Trump.  
    Les compagnies aériennes et les croisiéristes américains 
pourront toutefois continuer à desservir le pays, même s'ils 
s'inquiètent du risque d'une baisse de la demande.  
    Le gouvernement américain n'a pas non plus l'intention de 
"perturber" des accords commerciaux déjà en vigueur, comme celui 
conclu par Starwood Hotels, propriété du groupe Marriott 
International  MAR.O , pour gérer un hôtel historique de La 
Havane, indique-t-on de source autorisée. 
     
    DÉTRICOTER L'HÉRITAGE OBAMA 
    Donald Trump, qui avait promis avant son élection de durcir 
la politique envers Cuba, ne remet pas en cause le 
rétablissement des relations diplomatiques entre Washington et 
La Havane qui date de juillet 2015.  
    Il ne touche pas non plus aux liaisons aériennes 
commerciales directes, ni à la levée des limites à la quantité 
de cigares et de rhum que les Américains peuvent rapporter, pour 
leur usage personnel, à l'issue de leur séjour sur l'île.  
    Ces changements illustrent cependant une nouvelle fois la 
volonté de Donald Trump de détricoter l'héritage de son 
prédécesseur, après le retrait de l'accord sur le climat et la 
remise en cause de la loi sur l'assurance médicale (Obamacare). 
    Le président américain a justifié sa décision en se plaçant 
sur le terrain des droits de l'homme. 
    "Nous ne serons plus silencieux face à l'oppression 
communiste", a-t-il lancé à Miami, dans le quartier emblématique 
de Little Havana où il a prononcé son allocution. 
    Ses collaborateurs font valoir que l'ouverture historique 
prônée par Barack Obama ne s'est pas traduite par une 
amélioration du sort des Cubains en matière de droits civiques 
alors qu'elle a considérablement bénéficié au régime cubain sur 
un plan financier. 
    "On connaît peu de politiques qui ont été aussi insensées 
que l'accord terrible et peu judicieux de la précédente 
administration avec le régime Castro", a déclaré Trump.  
    Les détracteurs du président américain se demandent pourquoi 
ce dernier insiste sur les droits de l'homme à Cuba alors que le 
sujet ne semble pas le préoccuper outre-mesure dans d'autres 
parties du monde.  
    Les groupes de défense des droits de l'homme estiment 
également qu'isoler l'île à nouveau, comme ce fut le cas pendant 
un demi-siècle d'embargo américain, pourrait aggraver la 
situation en renforçant la main des franges les plus dures du 
régime. 
 
 (Avec Matt Spetalnick, Lesley Wroughton et Patricia Zengerle à 
Washington, Sarah Marsh et Marc Frank à La Havane; Gilles 
Trequesser et Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 

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