Trump donne une "dernière chance" à l'accord nucléaire iranien

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 (Actualisé avec citations de Trump, réaction de l'UE, 
précisions) 
    par Steve Holland 
    WASHINGTON, 13 janvier (Reuters) - Donald Trump a confirmé 
vendredi, pour la "dernière fois", la suspension des sanctions 
économiques dont bénéficie l'Iran en vertu de l'accord de 2015 
qui encadre les activités nucléaires de la République islamique. 
    Le président américain a fixé un ultime délai, de 120 jours, 
pour permettre aux Etats-Unis et à leurs partenaires européens 
de corriger, a-t-il dit, les "terribles défauts" dont souffre 
cet accord signé à Vienne le 14 juillet 2015. 
    Si ces modifications ne sont pas apportées d'ici quatre 
mois, dans un texte distinct, les Etats-Unis se retireront 
unilatéralement de l'accord, a expliqué un responsable de 
l'administration américaine. 
    "Bien que j'y sois très fortement enclin, je n'ai pas encore 
retiré les Etats-Unis de l'accord nucléaire iranien", a déclaré 
Donald Trump dans un communiqué. "A la place, j'ai mis en 
exergue deux voies possibles : ou régler les terribles défauts 
de l'accord ou les Etats-Unis se retireront." 
    L'Iran a immédiatement réagi. Son ministre des Affaires 
étrangères a souligné que le Plan global d'action conjoint 
(PGAC), nom officiel de l'accord de 2015, n'était pas 
renégociable. Dans un message sur Twitter, Mohammad Javad Zarif 
estime que le président américain ne fait que se livrer "à des 
tentatives désespérées de saper les fondements d'un accord 
multilatéral solide". 
    Depuis son arrivée au pouvoir il y a un an, Donald Trump ne 
fait pas mystère de son intention de voir annulée cette 
convention d'encadrement du programme nucléaire iranien, conclue 
sous la présidence de son prédécesseur démocrate Barack Obama 
entre l'Iran et les cinq membres permanents du Conseil de 
sécurité des Nations unies (Chine, France, Royaume-Uni, 
Etats-Unis et Russie) plus l'Allemagne et l'Union européenne. 
    Dans un communiqué émis par la Maison blanche, le président 
américain parle de "dernière chance" et invite les pays 
européens signataires "à se joindre aux Etats-Unis pour corriger 
les défauts significatifs dont souffre cet accord, à s'opposer à 
l'agression iranienne et à soutenir le peuple iranien". 
    L'Union européenne dit avoir pris note de la décision de 
Trump et indique qu'elle va en étudier les conséquences. 
    Soulignant la difficulté de la situation, un diplomate 
européen a déclaré sous le sceau de l'anonymat : "Cela va être 
compliqué de sauver l'accord après cela." 
     
    SANCTIONS CIBLÉES 
    Pendant que Trump maintenait la levée des sanctions, le 
département du Trésor décidait d'imposer de nouvelles sanctions 
ciblées contre 14 entités et personnalités iraniennes, dont le 
chef de l'appareil judiciaire, l'ayatollah Sadeq Larijani. 
    Dans un communiqué, le département du Trésor écrit que ce 
proche du guide suprême de la Révolution iranienne, l'ayatollah 
Ali Khamenei, s'est rendu coupable "de graves violations des 
droits de l'homme en Iran". 
    Le président américain va maintenant travailler avec ses 
alliés européens sur un accord complémentaire qui précise 
certains points que le gouvernement iranien ne peut dépasser en 
ce qui concerne les missiles balistiques, ont indiqué de hauts 
responsables de l'administration aux journalistes. 
    L'un d'entre eux a expliqué que Trump pourrait peut-être 
rester dans un accord modifié s'il devenait permanent. 
    Donald Trump a présenté plusieurs conditions pour maintenir 
les Etats-Unis dans l'accord. L'Iran doit autoriser "des 
inspections immédiates de tous les sites requis par les 
inspecteurs internationaux", a-t-il dit.  
    De même, il a dit souhaiter lier les programme iraniens 
nucléaire et de missiles à longue portée, de sorte que tout test 
de missile ferait l'objet de "sanctions sévères". 
    Le président veut que le Congrès modifie la loi qui 
réexamine la participation des Etats-Unis à l'accord nucléaire 
pour qu'elle comprenne des "points de déclenchement" qui, s'ils 
n'étaient pas respectés, déboucheraient sur la réinstauration de 
sanctions par les Etats-Unis, a dit ce responsable. 
    Cela ne passerait pas par des négociations avec l'Iran, 
ajoute-t-il, mais serait plutôt le résultat de discussions entre 
les Etats-Unis et leurs alliés européens. Des travaux ont déjà 
commencé en ce sens, a ajouté le responsable. 
    Selon l'analyste Richard Nephew, pour savoir si les 
conditions posées par Trump seront acceptées, il faut déterminer 
s'il veut vivre avec l'accord nucléaire en sauvant la face avec 
la couverture politique d'une législation américaine d'apparence 
ure, ou s'il veut vraiment que l'accord de 2015 soit réécrit. 
    Selon lui, des dispositions législatives pourraient être 
prises qui pourraient sembler apaiser les craintes de Trump 
mais, en revanche, obtenir de l'Iran qu'elle consente à 
autoriser des inspections internationales illimitées est 
impossible, de même que faire en sorte que les restrictions 
nucléaires de l'accord de 2015 soient illimitées dans le temps. 
 
 (Avec Jeff Mason, Doina Chiacu, David Alexander et Arshad 
Mohammed à Washington, Robin Emmott à Bruxelles et Parisa Hafezi 
à Ankara; Gilles Trequesser et Danielle Rouquié pour le service 
français) 
 
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