Trump désigne l'ex-général Mattis comme secrétaire à la Défense

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 (Actualisé avec déclarations sur le "waterboarding" et 
précisions sur Mattis) 
    par Phil Stewart 
    WASHINGTON, 2 décembre (Reuters) - Donald Trump a annoncé 
jeudi avoir choisi James Mattis, général des Marines à la 
retraite, pour occuper le poste de secrétaire à la Défense au 
sein de sa future administration. 
    Cet ancien officier de 66 ans surnommé "Mad Dog" est réputé 
pour son style direct, pour son expérience sur les théâtres 
irakien et afghan et pour sa méfiance envers l'Iran. 
    "Nous allons nommer 'Mad Dog' Mattis comme notre secrétaire 
à la Défense", a déclaré Donald Trump lors d'un rassemblement à 
Cincinnati. 
    Le président américain élu a précisé que l'annonce 
officielle interviendrait lundi. 
    Personnalité respectée au sein du corps des marines, James 
Mattis a dirigé le Commandement central de l'armée américaine, 
qui supervise les opérations sur une zone allant de la Corne de 
l'Afrique à l'Afghanistan et au Pakistan, entre 2010 et 2013. 
    Si ce choix a toutes les chances de ravir les militaires 
américains, il va toutefois devoir franchir un obstacle 
administratif. 
    James Mattis n'a pris sa retraite qu'en 2013. Or, un 
secrétaire à la Défense doit avoir été civil pendant au moins 
sept ans avant de prendre la tête du Pentagone. Sa nomination à 
la tête du Pentagone nécessitera donc le vote par le Congrès 
d'une dérogation. Son bilan sous les drapeaux pourrait cependant 
dissuader certains sénateurs démocrates d'opposer leur veto. 
    Son nom pour prendre la tête du Pentagone circulait avec 
insistance depuis que Donald Trump l'a reçu le 19 novembre. 
    A la suite de cet entretien, le président élu a qualifié 
James Mattis de personnalité forte et digne ayant argumenté de 
manière convaincante contre le "waterboarding", une méthode 
d'interrogatoire largement assimilée à de la torture et qui 
consiste en un simulacre de noyade. 
    Au cours de la campagne électorale, Donald Trump avait 
promis de rétablir non seulement cette méthode interdite par 
l'actuel président Barack Obama mais aussi des pratiques "bien 
pires". 
    "(James Mattis) a dit: 'J'ai toujours considéré que, si vous 
me donnez un paquet de cigarettes et quelques bières, 
j'obtiendrai davantage qu'avec la torture'. Et j'ai été très 
impressionné par cette réponse", a rapporté Donald Trump au New 
York Times au sujet de leur entrevue. 
     
    RELATIONS DIFFICILES AVEC L'ADMINISTRATION OBAMA 
    James Mattis n'est pourtant pas réputé pour sa modération. 
    En 2003, il a ainsi adressé ce conseil à des marines en 
Irak: "Soyez polis, soyez professionnels, mais soyez prêts à 
tuer toute personne que vous croisez." 
    Il a été vivement critiqué deux ans plus tard pour avoir 
jugé "amusant de tirer sur certaines personnes". 
    Il a néanmoins affirmé un jour que les centimètres les plus 
importants sur un champ de bataille étaient "entre vos 
oreilles". 
    Désormais chargé de recherches à la Hoover Institution de 
l'université de Stanford, James Mattis a été qualifié en 2010 
par le secrétaire à la Défense de l'époque, Robert Gates, de 
l'un des plus grands stratèges des Etats-Unis. 
    Selon des responsables qui l'ont connu avant sa retraite 
militaire, James Mattis s'est pourtant heurté à l'administration 
Obama lorsqu'il dirigeait le Commandement central en raison de 
sa volonté de mieux préparer l'armée américaine aux menaces 
potentielles émanant d'Iran et d'obtenir davantage de moyens en 
Afghanistan. 
    Comme le futur conseiller à la sécurité nationale Michael 
Flynn et le futur directeur de la CIA Mike Pompeo, James Mattis 
s'est montré critique à l'égard de l'accord sur le programme 
nucléaire iranien. A ses yeux, l'Iran représente une menace 
supérieure aux inquiétudes plus immédiates relatives à 
l'organisation Etat islamique et à Al Qaïda. 
    "Dans mon esprit, le régime iranien est la menace la plus 
durable contre la stabilité et la paix au Moyen-Orient", a-t-il 
dit. 
    "Espérer que l'Iran soit sur le point de devenir un pays 
responsable et moderne, c'est aller trop loin", a-t-il déclaré 
au sujet de l'accord nucléaire. 
    Sa nomination devra être examinée par la commission des 
forces armées du Sénat, dont le président John McCain a déclaré 
jeudi soir qu'il était "l'un des meilleurs officiers militaires 
de sa génération et un leader extraordinaire". 
    S'il est confirmé, James Mattis deviendra le premier ancien 
général nommé à la tête du Pentagone depuis George C. Marshall 
en 1950. 
     
    VOIR AUSSI 
    ENCADRE L'administration Trump prend forme   
 
 (Avec Emily Stephenson à Cincinnati et Doina Chiacu à 
Washington; Jean-Stéphane Brosse et Bertrand Boucey pour le 
service français) 
 
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