Trump dans la tourmente après ses propos obscènes sur les femmes

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LA CAMPAGNE DE TRUMP ÉBRANLÉE PAR SES PROPOS OBSCÈNES SUR LES FEMMES
LA CAMPAGNE DE TRUMP ÉBRANLÉE PAR SES PROPOS OBSCÈNES SUR LES FEMMES

par Emily Stephenson

NEW YORK (Reuters) - Le candidat républicain à la présidentielle américaine Donald Trump s'est excusé d'avoir utilisé des termes obscènes pour parler des femmes dans une vidéo remontant en 2005, tout en estimant que cet enregistrement n'était qu'une "diversion" par rapport aux grands débats politiques du scrutin présidentiel.

Dans cette vidéo, publiée par le Washington Post, le magnat immobilier raconte notamment comment on peut tout se permettre avec des femmes dès lors que l'on est connu.

Par le passé, Donald Trump a déjà été sous le feu des critiques pour la manière sexiste et dégradante dont il parle des femmes.

Mais cette fois, il a été condamné encore plus vivement que d'habitude et au premier chef par tous les ténors de son propre camp. Cela explique vraisemblablement pourquoi, pour la première fois depuis le début d'une campagne marquée par des polémiques, Donald Trump s'excuse pour des propos outranciers.

"Je les ai dit, j'ai eu tort et je m'en excuse", a-t-il déclaré dans une vidéo postée sur sa page Facebook.

Donald Trump finit sa brève intervention en donnant rendez-vous dimanche, jour du deuxième débat présidentiel avec sa rivale démocrate Hillary Clinton qui, de l'avis de nombreux experts, a remporté le premier haut la main.

Reince Priebus, le président du Comité national républicain (RNC), a déclaré au sujet de l'enregistrement : "Aucune femme ne devrait jamais être décrite dans ces termes ou évoquée de cette manière. En aucun cas."

Et Paul Ryan, président de la Chambre des représentants, s'est dit "écoeuré" par les propos entendus dans la bouche de Donald Trump, ajoutant que ce dernier n'était plus le bienvenu dans une réunion de campagne prévue samedi dans le Wisconsin.

"J'espère que M. Trump va gérer cette situation avec tout le sérieux qu'elle mérite et qu'il va s'efforcer de montrer au pays qu'il respecte les femmes bien plus que ce que suggère la vidéo", a-t-il dit.

Le président du Sénat Mitch McConnell a qualifié les commentaires de "répugnants", ajoutant que Donald Trump avait "besoin de présenter ses excuses directement à toutes les femmes et les filles".

Donald Trump a déclaré que son co-listier Mike Pence se rendrait à sa place dans le Wisconsin, ajoutant qu'il passerait du temps avec Reince Preibus et avec d'autres conseillers présidentiels pour préparer le deuxième débat présidentiel.

Le sénateur républicain Mark Kirk, qui se représente dans l'Illinois dans un scrutin a priori serré, a estimé que Donald Trump devait renoncer à se présenter, le qualifiant de "clown pernicieux" n'ayant pas les qualifications pour être président.

Jason Chaffetz, un élu de la Chambre des représentants de l'Utah et un des plus virulents critiques d'Hillary Clinton, a déclaré qu'il retirait son soutien à Donald Trump, disant sur CNN qu'il ne serait plus capable de regarder dans les yeux sa fille de 15 ans s'il votait pour l'homme d'affaires.

HILLARY CLINTON PARLE DE PROPOS "HORRIFIANTS"

Au cours de la conversation enregistrée en 2005, Donald Trump, équipé d'un microphone, bavarde avec Billy Bush, le présentateur de l'émission "Acces Hollywood", diffusé par NBC, juste avant le tournage d'une séquence.

"J'ai essayé de la b---. Elle était mariée. J'ai fait toutes les avances possibles, mais je n'y suis pas arrivé", entend-on dire le candidat républicain.

Ce dernier évoque également l'attrait qu'exercent sur lui les belles femmes.

"Je commence à les embrasser. Et quand on est quelqu'un de connu, elles vous laissent faire. On les attrape par la ch---e. On peut faire tout ce que l'on veut."

Donald Trump, qui ne cesse de mettre en avant les infidélités de l'ancien président Bill Clinton pour critiquer Hillary, a minimisé l'enregistrement.

"Il s'agissait de blagues de potache, une conversation privée qui remonté à de nombreuses années. Bill Clinton m'a dit des choses bien pires sur le terrain de golf (...) Je présente mes excuses si quelqu'un a été blessé (par ces propos)', a dit Donald Trump dans un communiqué.

Billy Bush, un cousin de l'ancien candidat à l'investiture républicaine Jeb Bush, a déclaré dans un communiqué à Variety qu'il était "très gêné et honteux" de ses propos.

Sur Twitter, Hillary Clinton a qualifié l'enregistrement d'"horrifiant", tout en ajoutant : "Nous ne pouvons permettre à cet homme de devenir président".

Lors du premier débat télévisé, au cours de laquelle la performance de Donald Trump a été jugée plutôt piètre, Hillary Clinton a évoqué le cas d'Alicia Machado, une ancienne reine de beauté, pour illustrer le "sexisme" de son adversaire.

L'homme d'affaires l'avait notamment qualifiée, selon la jeune Vénézuélienne devenue Miss Univers en 1996, de "Miss Piggy", parce qu'elle avait pris du poids, ou de "Miss femme de ménage", en référence à ses origines.

Avant que le Washington Post ne publie cet enregistrement, Donald Trump a accusé vendredi l'administration américaine d'avoir accéléré les procédures de régularisation de sans-papiers pour leur permettre de voter à l'élection présidentielle du 8 novembre.

Hillary Clinton devance Donald Trump de cinq points dans les intentions de vote pour l'élection présidentielle du 8 novembre aux Etats-Unis, selon un sondage Reuters-Ipsos publié dans la journée.

La candidate démocrate a également été la cible d'une fuite ce vendredi : Wikileaks a publié ce qui semble être des extraits des discours facturés qu'elle prononçait devant des entreprises, des documents que l'équipe de campagne de l'ancienne secrétaire a toujours refusé de rendre publics.

Un porte-parole de la campagne Clinton a refusé de confirmer l'authenticité des courriels publiés par Wikileaks, notant que d'autres documents piratés se sont par la suite révélés falsifiés.

Le gouvernement américain a par ailleurs formellement accusé vendredi la Russie de mener une campagne de piratage informatique contre le Parti démocrate à l'approche de l'élection présidentielle du 8 novembre.

(Avec la contribution de Jeff Mason et d'Emily Flitter à New York, d'Ayesha Rascoe à Chicago et d'Eric Beech et Mohammed Zargham à Washington, Benoît Van Overstraeten pour le service français)

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  • delapor4 il y a 7 mois

    Donald Trump nous amène un peu d'air frais dans un monde ranci par le politiquement correct qui en a bien besoin.