Trump compte rassurer les alliés asiatiques en voyant Abe jeudi

le , mis à jour à 23:10
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 (Actualisé avec membre de l'administration japonaise) 
    par Linda Sieg et David Brunnstrom 
    TOKYO/WASHINGTON, 16 novembre (Reuters) - Donald Trump 
devrait profiter jeudi de sa première rencontre en tant que 
président élu avec un dirigeant étranger - le Premier ministre 
japonais, Shinzo Abe - pour rassurer les alliés asiatiques de 
Washington que son discours de campagne a inquiété. 
    Le candidat républicain a en effet paru signer la fin du 
"pivot" asiatique cher à Barack Obama. Dès son élection en 2008, 
le président sortant a souhaité réorienter la diplomatie 
américaine vers la région Asie-Pacifique. 
    Shinzo Abe et Donald Trump ont certes des divergences sur 
des sujets comme le libre échange, mais ils pourraient se 
trouver des points communs lorsqu'ils se verront jeudi, à New 
York. L'un et l'autre ont à coeur de permettre à leur pays de 
jouer un plus grand rôle dans le concert des nations et veulent 
contrer la Chine tout en améliorant les relations avec Moscou. 
    "Entre le Premier ministre Abe et M. Trump, l'alchimie sera 
bonne", estime Takashi Kawakami, professeur à l'université 
Takushoku de Tokyo. "Tous les deux tendent à prendre des 
décisions et à agir à l'intuition. Et tous deux sont des 
pragmatiques, qui ont pour priorité les intérêts de leur pays". 
    Un conseiller de Donald Trump a déclaré que le président élu 
réaffirmerait à l'occasion de cette rencontre son engagement en 
faveur de l'alliance américano-japonaise et de la région. 
    Malgré des propos de campagne qui ont laissé planer le doute 
sur l'appui de Washington, pierre angulaire de la doctrine 
militaire du Japon depuis la Seconde Guerre mondiale. 
    Shinzo Abe souhaite pour sa part nouer une relation de 
confiance avec Donald Trump et prendre la mesure du futur 
président, dont peu au Japon pensaient qu'il serait élu. 
    "La priorité numéro un, de loin, c'est d'établir une 
relation personnelle plutôt que de parler de points précis de 
géopolitique", dit un responsable japonais au fait des 
préparatifs de la rencontre. 
    A Tokyo, on indique par ailleurs que le lieu et l'heure de 
l'entrevue n'ont toujours pas été fixés. "Il y a beaucoup de 
confusion", a commenté un membre de l'administration japonaise.  
    Le département d'Etat n'a pas été impliqué dans 
l'organisation de la rencontre, précise-t-on côté japonais et 
américain. Elle été décidée la semaine dernière seulement, or 
Trump et son équipe ont été accaparés par la formation du nouvel 
exécutif qui prendra la relève le 20 janvier.   
     
    ATTENDRE DES NOMINATIONS CRUCIALES 
    Ses propos de campagne sur la possibilité de voir le Japon 
se doter de l'arme nucléaire et de demander aux alliés de 
financer davantage le maintien et l'entretien de troupes 
américaines sur leur territoire ont en outre suscité des 
inquiétudes, notamment en Asie. 
    L'élection de Donald Trump éloigne en outre les espoirs des 
partisans du Partenariat Trans-Pacifique (TTP) de voir se 
concrétiser véritablement cet accord de libre échange signé en 
février, qui est un pilier du recentrage américain vers l'Asie 
et un élément important des réformes économiques de Shinzo Abe. 
    Selon un collaborateur du président élu, la rencontre de New 
York "donnera le ton" des relations futures entre Washington et 
le Japon et le reste de l'Extrême Orient.  
    "Je pense que le message (...) sera extrêmement rassurant", 
dit ce collaborateur. "Je m'attends à ce qu'il réaffirme ses 
engagements envers les alliés et la promesse des Etats-Unis de 
rester à long terme dans le Pacifique". 
    Selon certains diplomates, en revanche, tant que Donald 
Trump n'a pas procédé à certaines nominations cruciales, il sera 
difficile d'évaluer quelle sera sa politique sur des questions 
comme le programme nucléaire militaire de la Corée du Nord ou 
les revendications de Pékin sur une grande partie de la mer de 
Chine méridionale. 
    Le New York Times a écrit que certains alliés des Etats-Unis 
avaient du mal à contacter Donald Trump et se demandaient 
comment et quand le faire. 
    "J'ai reçu et passé des appels avec de nombreux dirigeants 
étrangers, quoi qu'en dise de façon erronée le New York Times. 
Avec la Russie, le Royaume-Uni, la Chine, l'Arabie saoudite, le 
Japon", a-t-il répliqué sur Twitter. 
    Son équipe de transition a par la suite indiqué que le 
président élu et son colistier Mike Pence s'étaient entretenus 
avec une trentaine de dirigeant étrangers. 
            
 
 (avec Doina Chiacu et Susan Heavey à Washington et Emily 
Stephenson à New York, Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le 
service français) 
 
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