Trump aurait demandé au FBI de cesser d'enquêter sur Flynn

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    par Mark Hosenball et Susan Cornwell 
    WASHINGTON, 17 mai (Reuters) - Donald Trump a demandé en 
février à James Comey, qui était encore directeur du FBI, de 
mettre un terme à l'enquête sur les contacts russes de son 
ex-conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, rapporte 
une source ayant consulté une note écrite de la main de James 
Comey.  
    Le New York Times a été le premier média américain à faire 
état de cette note, que James Comey aurait rédigée immédiatement 
après la demande formulée par le président américain.  
    Donald Trump a déclenché une tempête politique il y a une 
semaine à Washington en décidant de limoger le directeur du FBI. 
  A cela sont venues s'ajouter lundi des informations 
selon lesquelles que le chef de la Maison blanche aurait dévoilé 
des informations classifiées au ministre russe des Affaires 
étrangères Sergueï Lavrov.   
    Dans sa note, que le New York Times n'a pas vue mais dont le 
contenu a été porté à sa connaissance par deux personnes l'ayant 
vue, Comey cite Trump lui déclarant: "J'espère que vous pourrez 
laisser passer cela." 
    "J'espère que vous pourrez juger bon de laisser passer cela, 
de laisser Flynn. C'est un bon gars", continue Trump selon ce 
mémo. 
    La Maison blanche, contacté par le journal, a opposé un 
démenti formel en affirmant que personne n'avait jamais demandé 
à James Comey ou à qui que ce soit de clore l'enquête sur 
Michael Flynn. 
    Dans un communiqué, elle a par la suite déclaré que la note 
ne constituait pas "une description juste ou honnête de la 
conversation entre le président et M. Comey".  
    James Comey a écrit cette note après une rencontre avec 
Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison blanche, au 
lendemain du limogeage de Michael Flynn, selon le NY Times. 
    Ce dernier, désigné par Trump au poste de conseiller à la 
sécurité nationale, a été poussé à la démission le 13 février 
dernier à la suite de révélations sur une conversation qu'il 
avait eue avec l'ambassadeur russe à Washington, avant 
l'investiture de l'homme d'affaires, sur une éventuelle levée 
des sanctions contre Moscou. 
    Michael Flynn, qui n'avait pas tout dit de ses discussions 
avec l'ambassadeur Sergueï Kisliak, apparaît comme une figure 
centrale dans les enquêtes sur les accusations d'ingérence de la 
Russie pendant la campagne électorale 2016 et sur une collusion 
éventuelle entre l'équipe de campagne de Donald Trump et Moscou. 
     
    STUPEUR AU CONGRÈS 
    Au Congrès, ce nouveau rebondissement, au lendemain de 
l'histoire des informations classifiées, a créé la stupeur.  
    "Cette note est une preuve flagrante d'entrave à la justice 
et mérite certainement une enquête rapide par un procureur 
spécial indépendant", a déclaré le sénateur démocrate Richard 
Blumenthal. 
    Des élus des partis républicain et démocrate ont réclamé à 
voir la note.  
    La commission de la Chambre des représentants chargée du 
suivi de l'action gouvernementale (Oversight Committee) "va 
obtenir la note de Comey, si elle existe", a déclaré son 
président, le républicain Jason Chaffetz.  
    Les experts en droit jugent que les propos de Donald Trump, 
s'ils sont avérés, constituent une faute.  
    "De la part du président, dire au FBI de mettre un terme à 
une enquête potentiellement pénale, c'est de l'obstruction à la 
justice", commente Erwin Chereminsky, professeur de droit 
constitutionnel et doyen de l'école de droit de l'Université de 
Californie. "C'est ce qui a poussé le président Nixon à 
démissionner de ses fonctions." 
    Mais ils soulignent également que l'intention est un facteur 
crucial et que les mots du président peuvent être sujets à 
interprétation. Le fait que le président dise "espérer" que 
James Comey mette fin à son enquête, sans lui ordonner, peut 
ainsi plaider en faveur du locataire de la Maison blanche.  
    Un courriel de l'organisation politique de Trump diffusé 
après les révélations du New York Times affirme que le président 
est victime d'une "bureaucratie non élue".  
    "Malheureusement, il n'y a pas seulement les fausses 
informations. Il y a des gens au sein de notre propre 
bureaucratie non élue qui veulent saboter le président Trump et 
l'ensemble de notre mouvement 'America First'," peut-on lire.  
 
 (Avec la rédaction de Washington; Henri-Pierre André et 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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