Trump accuse les agences de renseignement de pratiques nazies

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 (Actualisé avec réactions de Clapper, précisions) 
    par Ayesha Rascoe 
    NEW YORK, 12 janvier (Reuters) - A quelques jours de son 
arrivée à la Maison blanche, Donald Trump a de nouveau critiqué 
les agences américaines de renseignement mercredi lors de sa 
conférence de presse, les accusant de pratiques rappelant 
l'Allemagne nazie. 
    Le futur président des Etats-Unis a accusé les services de 
renseignement d'être à l'origine des fuites parues dans la 
presse selon lesquelles la Russie disposerait d'informations 
compromettantes le concernant. 
    "Je pense que c'est une honte, une honte que des agences de 
renseignement aient permis la diffusion d'informations qui se 
sont révélées fausses (...). Je pense que c'est une honte et je 
dis que (...) c'est quelque chose que l'Allemagne nazie aurait 
fait et a fait", a déclaré le milliardaire républicain, qui 
tenait, dans sa tour sur la Ve Avenue à New York, sa première 
conférence de presse depuis son élection le 8 novembre dernier. 
    Il a pour la première fois reconnu que la Russie avait très 
vraisemblablement piraté le Parti démocrate et les courriels des 
dirigeants démocrates lors de la campagne présidentielle. "Je 
pense que c'était la Russie", a-t-il dit en soulignant que 
d'autres pays pirataient aussi les Etats-Unis. 
    Au départ, Donald Trump n'avait pas voulu croire les 
conclusions des agences de renseignement selon lesquelles le 
piratage russe avait pour but de favoriser sa candidature au 
détriment de celle de la démocrate Hillary Clinton. 
    Deux responsables américains interrogés mardi soir par 
Reuters ont expliqué que les informations compromettantes que 
détiendrait la Russie sur Trump, qualifiées par l'un d'eux de 
non étayées, figuraient dans une note de deux pages annexée au 
rapport sur les ingérences russes présumées dans la campagne 
présidentielle que les chefs du renseignement américain ont 
remis au futur président des Etats-Unis et au président sortant, 
Barack Obama.   
    La chaîne de télévision CNN a fait état de l'existence de 
cette note mardi. Le site internet BuzzFeed a pour sa part 
publié un document plus complet de 35 pages produit par 
Christopher Steele, un ancien agent britannique du 
renseignement, le MI6, qui détaille les allégations de conduite 
compromettante de la part de Trump et les liens qu'il aurait 
avec des personnes en Russie. 
     
    "PROFOND DÉSARROI" 
    Le Directeur national du renseignement (DNI) américain, 
James Clapper, a publié un communiqué pour dire qu'il s'était 
entretenu avec Donald Trump mercredi soir et avoir dit au 
président élu qu'il ne pensait pas que les fuites parues dans la 
presse proviennent des services de renseignement. 
    "J'ai exprimé mon profond désarroi face à ces fuites et nous 
sommes tous les deux d'accord pour dire qu'elles sont 
extrêmement corrosives et dommageables pour la sécurité 
nationale", a déclaré James Clapper dans un communiqué. 
    Il a justifié d'avoir inclu le dossier concernant Trump dans 
le rapport global sur le renseignement remis vendredi, en 
expliquant que fournir aux "politiques le tableau le plus 
complet possible de toutes les questions susceptibles d'affecter 
la sécurité nationale" faisait "partie de ses obligations". 
    James Clapper a ajouté avoir bien dit à Trump que le dossier 
n'avait pas été produit par les services de renseignement 
américains et que les responsables du renseignement n'avaient 
pas pu juger de la fiabilité de l'information. 
    Sans fournir de preuve, Trump a pour sa part déclaré que 
l'information relatant le fait qu'il avait été briefé sur la 
note résumant les allégations embarrassantes "avait été 
diffusée, peut-être, par les agences (américaines) de 
renseignement. Qui sait ? Peut-être les agences de 
renseignement, ce qui serait une tache énorme sur leur dossier 
si elles ont fait cela en réalité." 
    Lors de la conférence de presse, Trump n'a pas voulu dire si 
quelqu'un dans ses relations ou dans l'équipe de campagne avait 
eu des contacts avec Moscou lors de la campagne présidentielle. 
Il a affirmé n'avoir aucun prêt en Russie et n'être lié par 
aucun accord commercial ou financier avec Moscou, mais a fait 
valoir sa bonne entente avec le locataire du Kremlin. 
    "Si Poutine aime Donald Trump, je considère qu'il s'agit 
d'un atout, pas d'un handicap", a-t-il dit. 
    Le promoteur immobilier new-yorkais s'est plaint des fuites 
qui selon lui font suite à ses rencontres avec les services de 
renseignement et a laissé entendre que la faute leur en 
incombait. 
    "J'ai beaucoup de réunions avec les services de 
renseignement. Et chaque fois que j'ai une réunion, les gens en 
sont informés. Quelqu'un le fait fuiter", a déclaré le futur 
président. 
    La conférence de Donald Trump, à laquelle assistaient 
quelque 250 journalistes, a suscité de nombreux commentaires sur 
les réseaux sociaux.   
 
 (Jean-Philippe Lefief, Pierre Sérisier et Danielle Rouquié pour 
le service français) 
 
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