Trop de vivants autour d'un mort

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Emmanuelle Seigner et Kool Shen dans le film français de Katell Quillévéré, « Réparer les vivants », sorti en salles mardi 1er novembre 2016.
Emmanuelle Seigner et Kool Shen dans le film français de Katell Quillévéré, « Réparer les vivants », sorti en salles mardi 1er novembre 2016.

Katell Quillévéré adapte avec poésie, mais de manière trop dispersée, le roman de Maylis de Kerangal, « Réparer les vivants ».

L’avis du « Monde » : Pourquoi pas Après la retenue néo-dardennienne qui donnait ses couleurs subtiles à Suzanne, difficile d’imaginer entrée en matière plus différente que celle de Réparer les vivants, quatrième long-métrage de Katell Quillévéré, tant on y retrouve la réalisatrice fiévreuse, lancée sans demi-mesure à la conquête du lyrisme.

Un jeune couple dans un lit s’y regarde, à moitié endormi. Lui se lève et sort par la fenêtre, Roméo quittant Juliette à l’aube pour un autre amour : le surf. Tout cela n’est que tendresse, puis viennent les vagues, l’ivresse de l’eau tourbillonnante, de la vitesse et des images lacées de tentations expérimentales lorsque le paysage traversé plus tard en voiture se transforme en une vague immense, à laquelle le véhicule se heurte. Dans cette amplitude cosmique qu’a alors prise le récit, l’accident qui coûte la vie au jeune homme ressemble à la chute d’un ange.

Il faudrait laisser à cet incipit, au nouveau souffle qu’il adopte et qui va si bien à la réalisatrice, le droit d’exister pour eux-mêmes sans s’embarrasser des défauts de la suite. Adaptant le roman éponyme dans lequel Maylis de Kerangal raconte comment l’accident mortel permettra, par le don des organes, de sauver d’autres vies, Réparer les vivants, qui démarrait si puissamment dans la singularité solaire d’une jeune existence et d’un jeune corps, s’égare dans le pluriel du titre. Les vivants (parents, patients, personnel médical) sont trop nombreux pour les embrasser tous, la...

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