Troisième journée de destructions de mausolées à Tombouctou

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BAMAKO (Reuters) - Pour la troisième journée consécutive, des combattants islamistes d'obédience salafiste ont détruit lundi à Tombouctou, dans le nord du Mali, de nouveaux mausolées et tombeaux de saints musulmans considérés comme hérétiques à ces tenants d'un islam rigoriste des origines.

Les auteurs de ces exactions, condamnées tant par le gouvernement central de Bamako, impuissant, que par l'Unesco et la France, l'ancienne puissance coloniale, appartiennent à Ansar Dine.

Ce groupe islamiste armé lié à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) s'est emparé avec l'aide des rebelles touareg du MNLA du nord du Mali en profitant du vide du pouvoir à Bamako consécutif au coup d'Etat militaire du 22 mars contre le président élu Ahmadou Toumani Touré.

Ses éléments ont notamment brisé lundi la porte, censée rester close jusqu'à la fin du monde d'après les croyances locales, de la mosquée de Sidi Yaha, dont la construction remonte au XVe siècle.

"La légende veut que la grande porte de la mosquée de Sidi Yaha reste fermée jusqu'au Dernier Jour", a indiqué à Reuters par téléphone l'imam de "la Cité aux 333 saints", Alpha Abdoulahi. "Huit hommes d'Ansar Dine ont forcé l'entrée de la mosquée avant de m'offrir en dédommagement 50.000 FCFA (100 dollars), ce que j'ai refusé en disant que ce qu'ils avaient fait était irréparable".

Les hommes d'Ansar Dine ont jusqu'ici détruit la moitié des 16 mausolées que compte Tombouctou, en plus d'un certain nombre de sépultures de saints locaux.

Ils ont apparemment agi de la sorte en représailles à la décision de l'Unesco de classer ces monuments au Patrimoine mondial en péril de l'Organisation des Nations unies pour la science, la culture et l'éducation.

Ansar Dine, qui veut instaurer la "charia" (loi coranique) au Mali, estime que les mausolées érigés par les musulmans d'obédience soufie relèvent d'une idolâtrie bannie par l'islam.

Haut lieu du commerce africain situé en bordure du Sahara à un millier de km au nord-est de Bamako, Tombouctou a connu son apogée au XVIe siècle. La ville est alors devenue un grand centre intellectuel de l'islam rayonnant dans toute l'Afrique.

Adama Diarra, Jean-Loup Fiévet pour le service français

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  • LeRaleur le lundi 2 juil 2012 à 15:01

    Pas un rond pour reconstruire