Troisième jour de grève à Air France, discussions en vue

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TROISIÈME JOUR DE GRÈVE À AIR FRANCE
TROISIÈME JOUR DE GRÈVE À AIR FRANCE

PARIS (Reuters) - Le ministre des Transports, Thierry Mariani, recevra vendredi le Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL) pour tenter d'éviter une seconde grève de quatre jours à Air France au cours du mois de février.

Pour le dernier jour de la première phase du conflit, la compagnie aérienne prévoit d'assurer jeudi 65% de ses vols long-courriers et 75% de ses vols court et moyen-courriers.

Air France a enregistré très peu d'annulations de dernière minute mercredi, et a pu assurer 65% des vols long-courriers et 75% de ses vols court et moyen-courrier. Seuls 5% de vols moyen-courriers et 3 vols long-courriers ont été annulés "à chaud" contre 20% lundi, au premier jour de la grève.

Le préavis de grève des pilotes et de la majorité des syndicats de stewards, hôtesses et personnels au sol, court jusqu'à jeudi inclus.

Mais l'intersyndicale menace d'un nouveau mouvement de quatre jours à partir du 15 février contre la proposition de loi du député UMP Eric Diard visant à instaurer un service garanti dans les transports aériens.

Pour renouer le dialogue, le ministre des Transports, Thierry Mariani, a proposé de recevoir le SNPL vendredi, a-t-on précisé au ministère et de source syndicale.

Les discussions s'annoncent ardues, car Thierry Mariani a réaffirmé mardi à l'Assemblée nationale son attachement à la loi visant à encadrer les conflits sociaux dans le secteur aérien, assurant que le gouvernement irait "jusqu'au bout".

PILOTES DÉTERMINÉS

De leur côté, les pilotes et les autres membres de l'intersyndicale réclament un geste sur le calendrier de l'examen du texte adopté en première lecture à l'Assemblée le 24 janvier et qui sera examiné au Sénat le 15 février.

La proposition devrait être recalée au Sénat et reviendra le 22 février en nouvelle lecture devant les députés, qui ont le dernier mot.

"On leur laisse l'opportunité d'apaiser les choses en modifiant le calendrier", a dit à Reuters David Ricatte, de la CGT Air France.

"Ils veulent tout passer en urgence, notamment le 15 février au Sénat, mais ils s'exposent à un nouveau mouvement de grève à partir du 15 février", a-t-il ajouté.

David Ricatte a souligné que le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, avait souhaité que la proposition de loi soit définitivement adoptée avant les élections, tout en se montrant circonspect sur le calendrier parlementaire.

Le texte prévoit une déclaration préalable des grévistes 48 heures avant le conflit et une prévision de trafic pour les usagers, au plus tard 24 heures avant le début de la grève, comme à la SNCF ou à la RATP.

Le gouvernement avait inscrit cette proposition à l'ordre du jour des travaux de l'Assemblée le 20 décembre, au moment où une grève des agents de sûreté perturbait l'activité des aéroports.

Depuis le début du mouvement, lundi, la compagnie dit avoir envoyé plus de 170.000 courriels et textos pour informer les clients d'un report ou d'une annulation de vol.

Parallèlement au conflit, le PDG d'Air France, Alexandre de Juniac, a confirmé mercredi lors d'une audition devant la commission économique du Sénat qu'il entendait renégocier les accords sociaux de l'entreprise dans les plus brefs délais.

Un comité central destiné à proposer aux personnels la dénonciation des conventions de la compagnie est prévu vendredi.

"Nous allons proposer aux instances du personnel vendredi un projet de dénonciation des conventions, qui ne vise pas à détruire le cadre mais à le rénover", a-t-il dit.

Elizabeth Pineau et Gérard Bon, avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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