Trois usines automobiles perturbées par des grèves

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DES GRÈVES DANS TROIS USINES DE PSA ET RENAULT
DES GRÈVES DANS TROIS USINES DE PSA ET RENAULT

PARIS/LILLE (Reuters) - Trois usines automobiles, une appartenant à PSA Peugeot Citroën et deux à Renault, ont été perturbées jeudi par des mouvements de grève sur fond de négociations sociales dans les deux groupes, a-t-on appris auprès des syndicats.

A Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où PSA fermera son site d'assemblage en 2014, les chaînes de production ont été à nouveau affectées par une grève entamée mardi à l'atelier de ferrage où sont soudés les éléments des carrosseries des voitures.

"Les salariés protestent contre la convocation de cinq salariés pour 'insuffisance de production'", a expliqué par téléphone Jean-Pierre Mercier, représentant CGT à l'usine d'Aulnay. "La grève a été reconduite avec l'équipe du soir, une troisième réunion de négociation est maintenant programmée, mais la production est paralysée."

"Cet atelier étant au début du flux de production, sa perturbation génère logiquement des difficultés de production dans les autres ateliers", avait indiqué mercredi soir un porte-parole du groupe. "Les autres ateliers produisent au ralenti."

L'usine d'Aulnay, qui assemble la petite Citroën C3, emploie 3.000 personnes environ.

PSA a promis de reclasser la moitié des salariés sur le site voisin de Poissy (Yvelines) et de trouver une solution externe aux 1.500 autres. Selon Franck Don, de la CFTC, la direction a confirmé jeudi aux syndicats disposer de 1.250 offres d'emploi, dont près de mille seront disponibles à partir du premier trimestre 2013.

En revanche, ajoute-t-il, sur le site de Rennes (Ille-et-Vilaine), où PSA recherche des solutions pour les 1.000 salariés qui ne seront pas reclassés sur d'autres sites, les 880 propositions réunies ne sont pas fermes et ne seront disponibles qu'à partir du deuxième trimestre 2014.

"Or la période de volontariat du plan social prend fin en juin 2013. On ne peut pas demander aux gens d'être volontaires pour des postes qu'ils ne connaissent pas encore", souligne-t-il.

Le rapport final du cabinet d'expert Secafi sur la restructuration annoncée en juillet par PSA, et qui prévoit 8.000 nouvelles suppressions d'emplois en France, sera publié le 5 décembre.

LA BAISSE DES CADENCES INQUIÈTE

Chez Renault, où une nouvelle séance de négociations sur la compétitivité du groupe en France a abordé jeudi la question de la mobilité entre les sites et celle du système de capitalisation des jours de congés hérité de l'accord sur les 35 heures, le site de Maubeuge (Nord) est perturbé lui aussi depuis plusieurs jours par des appels à des débrayages.

Peu suivi selon la direction, très suivi d'après les syndicats, le mouvement porte sur l'octroi d'une prime.

"Nous réclamons une prime de 500 euros nets par salarié en raison du surcroît de travail à venir", a expliqué Samuel Beauvois, représentant du syndicat Sud à l'usine. "C'est un ras-le-bol général, on travaille les samedis, les jours fériés dans des conditions qui se dégradent."

Sud entend aussi demander à la communauté d'agglomérations de reverser directement aux salariés une subvention octroyée à la direction du site pour créer des emplois.

L'usine de Maubeuge, qui produit la camionnette Kangoo et sa version Mercedes, le Citan, emploie 2.200 personnes environ.

La prochaine séance de négociation sur les moyens de rapprocher la compétitivité des usines françaises du groupe des sites espagnols de Renault, condition fixée par la direction à la pérennisation des usines de l'Hexagone, est fixée au 11 décembre.

Selon la CGT, l'usine de Douai (Nord) a également connu jeudi un mouvement de protestation contre la baisse des cadences avec 400 grévistes dénombrés en matinée.

"Ils ont déjà connu pas mal de chômage technique et on vient de leur annoncer que le site restera à nouveau fermé entre la semaine de Noël et le 15 janvier. Qui dit chômage dit baisse de salaire et les gens en ont assez", a déclaré Yves Audvard, représentant CGT chez Renault.

Pour faire face à la baisse de la demande sur le Scenic, Renault avait annoncé en septembre que l'usine cesserait le travail 30 jours répartis au second semestre. Le site emploie 4.500 personnes.

Les constructeurs français et européens ont pratiquement tous réduit leur production ces derniers mois pour ajuster leurs stocks à la chute du marché automobile enregistrée depuis l'été. Aucun n'anticipe un rebond de la demande en 2013.

Gilles Guillaume à Paris, Pierre Savary à Lille, édité par Dominique Rodriguez

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  • M5721895 le jeudi 29 nov 2012 à 19:18

    On a vraiment un gros problème en France avec nos syndicats. Bonne chance aux socialos pour réformer le marché du travail. Ils ont voulus le pouvoir, ils l'ont eu. Mais ont-ils eu les C... qui vont avec?

  • M7361806 le jeudi 29 nov 2012 à 18:59

    Ces braves camarades syndiqués ne souhaitent pas soutenir leur employeur, Montebourg leur trouvera un bon investisseur