Trois pistes, pas de suspect pour la tuerie d'Annecy

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par Catherine Lagrange

ANNECY, Haute-Savoie (Reuters) - Les enquêteurs privilégient trois pistes mais n'ont pas identifié de suspect de la tuerie d'Annecy qui a fait quatre morts en Haute-Savoie il y a une semaine, a indiqué mercredi le procureur de la République, Eric Maillaud.

Le procureur, qui se rendra jeudi à Londres avec le juge d'instruction Michel Mollin pour coopérer avec les enquêteurs britanniques, a reconnu que l'affaire était très loin d'être résolue.

"On a rarement vu des enquêtes criminelles de ce type se résoudre en trois mois", a-t-il dit lors d'une conférence de presse en parlant d'un "travail de fourmi". "Ça peut mettre deux ans, dans trois ans, dans dix ans."

Le magistrat a indiqué qu'il n'y avait pour l'instant "pas de suspect" et que "trois pistes possibles" étaient suivies pour élucider le meurtre de Saad al Hilli, de son épouse, de sa belle-mère ainsi que d'un cycliste qui passait par hasard près de la voiture où ont été retrouvés les corps.

Il a évoqué la piste du conflit familial entre les deux frères al Hilli autour de l'héritage du père, celle de la profession d'ingénieur de la victime et pour finir la piste irakienne, Saad al Hilli étant originaire d'Irak, sur laquelle travaillent plusieurs personnes "spécialisées", présentées comme "des attachés de sécurité intérieure".

Le procureur d'Annecy et les enquêteurs de la gendarmerie n'excluent pas cependant d'autres pistes.

"On avance et après, on élimine. La seule piste à exclure est celle d'un suicide collectif", a-t-il dit.

"UN TÉMOIN CLÉ"

L'aînée des fillettes, Zainab, sortie du coma en début de semaine, n'a toujours pas été entendue et les médecins n'ont pas encore donné leur feu vert pour procéder aux auditions, a dit le procureur.

"On lui laisse de temps de retrouver un bon état de santé", a dit le procureur.

Il a présenté la fillette de sept ans, miraculée après avoir été frappée à la tête et blessée par balle à l'épaule, comme "un témoin clé, la seule personne vivante à avoir vu quelque chose".

"Mais ce n'est pas sur les propos d'une fillette de sept ans, blessée, que l'on va s'asseoir, qu'on va appuyer une enquête", a-t-il ajouté en précisant qu'elle n'avait pas encore été entendue par les enquêteurs.

"Le plus important est qu'elle retrouve un état de santé le meilleur possible. On n'attend pas de cette fillette l'alpha et l'omega de l'enquête. Qu'elle retrouve d'abord la santé, une famille, de la stabilité, qu'elle commence à oublier ce cauchemar".

Au cours de son déplacement en Grande-Bretagne, le procureur se rendra notamment au domicile de la famille al Hilli.

"Il y a le barrage de la langue et des procédures juridiques différentes entre nous, il s'agit d'aplanir les difficultés", a-t-il dit.

L'enquête va se poursuivre également en Suède, pays où était installée la grand-mère maternelle des fillettes, décédée dans la tuerie.

Catherine Lagrange, édité par Patrick Vignal

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