Trois morts en Israël et risque d'embrasement à Gaza

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RISQUE D'EMBRASEMENT GÉNÉRAL DU CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN
RISQUE D'EMBRASEMENT GÉNÉRAL DU CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN

par Nidal al-Mughrabi

GAZA (Reuters) - Deux roquettes tirées de la bande de Gaza ont pris pour cible Tel Aviv jeudi, dans ce qui constitue la première attaque visant la capitale économique israélienne depuis plus de 20 ans, dans un contexte de risque d'embrasement général du conflit.

L'hypothèse d'une seconde guerre de Gaza, après l'opération terrestre israélienne "Plomb durci" de janvier 2009, est évoquée depuis des mois. Elle s'est considérablement renforcée depuis le début des bombardements israéliens, mercredi, et à l'approche des élections législatives du 22 janvier en Israël.

Jeudi, le Hamas a tiré des dizaines de roquettes de la bande de Gaza sur Israël, dont l'une a fait trois morts. L'Etat hébreu a effectué de son côté effectué plusieurs raids aériens sur l'enclave palestinienne au deuxième jour de l'opération "Pilier de défense", qui a fait 19 morts côté palestinien, dont six enfants.

"J'espère que le Hamas et les autres organisations terroristes de Gaza ont entendu le message. Sinon, Israël est prêt à prendre toutes les actions nécessaires pour défendre notre peuple", a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Israël a autorisé le rappel de 30.000 réservistes pour faire face à toutes les éventualités, a indiqué un porte-parole de Tsahal.

De son côté, le porte-parole du Hamas, Faouzi Barhoum, a dit que l'Etat juif paierait au prix fort "cette guerre ouverte qu'ils ont déclenchée."

Le brusque déclenchement de l'opération par Israël mercredi, entamée par l'élimination du chef militaire du Hamas, Ahmed Djaabari, a fragilisé un peu plus un Proche-Orient secoué par les contrecoups du "printemps arabe" et la guerre civile en cours en Syrie.

Les pays qui soutiennent les Palestiniens, avec au premier rang l'Egypte désormais sous direction islamiste, ont dénoncé l'offensive israélienne.

Le Hamas, pour qui Israël a "ouvert les portes de l'enfer" en lançant son opération, a revendiqué le tir d'une roquette Fajr 5 de fabrication iranienne d'une tonne sur Tel Aviv, situé à 50 km au nord de l'enclave palestinienne.

L'armée israélienne a évoqué une roquette tombée dans une zone non habitée à Rishon Lezion, dans la banlieue de la ville. On ne fait état ni de victimes, ni de dégâts.

Le Djihad islamique a dit avoir lancé ensuite une autre roquette sur Tel Aviv, tombée en mer, selon une source de la sécurité israélienne.

Laissant présager un nouveau durcissement de l'action militaire de Tsahal, le ministre israélien de la Défense a mis en garde les activistes palestiniens contre les conséquences de cette attaque.

"Cette escalade exige un prix à payer dont l'autre camp va devoir s'acquitter", a déclaré Ehud Barak peu après l'attaque.

Le système israélien d'interception de roquettes "Dôme de fer" a abattu 81 projectiles sur les quelque 150 tirés de la bande de Gaza mais l'un d'entre eux a atteint sa cible.

PREMIÈRES VICTIMES ISRAÉLIENNES

Trois personnes ont été tuées, rapporte la police, quand une roquette palestinienne a frappé un immeuble de quatre étages dans la ville de Kiryat Malachi, à 25 km au nord de Gaza.

Il s'agit des premières victimes israéliennes depuis le début de l'attaque contre la bande de Gaza, un étroit territoire côtier tenu depuis 2007 par les islamistes du Hamas.

L'Iran, qui soutient et arme le Hamas, a condamné l'offensive lancée par l'armée israélienne, la qualifiant de "terrorisme organisé".

Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en juin, le président égyptien Mohamed Morsi, qui a rappelé son ambassadeur en poste en Israël, a haussé le ton contre l'Etat juif en qualifiant d'inacceptables les attaques aériennes.

Pour afficher la solidarité de l'Egypte avec les habitants et le gouvernement de Gaza, le Premier ministre Hisham Kandil et plusieurs responsables de la sécurité passeront vendredi la journée dans l'enclave palestinienne.

Les Frères musulmans, l'organisation islamiste dont est issu le président égyptien, a appelé à une "Journée de la colère" vendredi dans les capitales arabes.

Quant au chef du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah, il a exhorté les pays arabes à utiliser toutes les formes de pression possibles, y compris économiques, en jouant notamment sur le prix du pétrole pour que cessent les attaques israéliennes.

LES DIRIGEANTS DU HAMAS DISCRETS

A Washington, les Etats-Unis ont invité les pays ayant une influence sur le Hamas à la mettre à profit pour inciter le mouvement palestinien à mettre fin aux tirs de roquette.

"En fin de compte, c'est au gouvernement israélien de déterminer comment il doit atteindre ses objectifs militaires", a indiqué le conseiller adjoint à la sécurité nationale, Ben Rhodes.

Lors d'un entretien téléphonique avec son homologue égyptien Mohamed Morsi, François Hollande a fait part de la vive préoccupation de la France et a appelé à la retenue.

Aux obsèques d'Ahmed Djaabari jeudi, son cercueil a traversé les rues de Gaza au son des coups de fusil tirés par ses partisans. Les dirigeants du Hamas ont évité la cérémonie, conscients des menaces proférées à leur encontre par Israël.

Le chef du bureau politique du Hamas en exil, Khaled Mechaal, a promis que les Palestiniens continueraient "la résistance" contre Israël.

L'Egypte a officiellement demandé une réunion du Conseil de sécurité de l'Onu, qui a déjà discuté en urgence de la crise dans la nuit de mercredi à jeudi, mais n'a pris aucune décision.

Avec Ari Rabinovitch à Jérusalem, Marwa Awad au Caire, John Irish à Paris et Erika Solomon à Beyrouth. Agathe Machecourt, Julien Dury, Juliette Rabat, Pascal Liétout et Marine Pennetier pour le service français

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  • pierry5 le vendredi 16 nov 2012 à 09:10

    Qu'est-ce que j'avais dit il y a quelques mois... Les Egyptiens commencent à s'exiter et le reste va suivre. Va-t-on vers une nouvelle guerre dans ces pays ??