Trois morts dans l'incendie d'un squat de Roms à Lyon

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INCENDIE MEURTRIER D'UN SQUATT DE ROMS À LYON
INCENDIE MEURTRIER D'UN SQUATT DE ROMS À LYON

LYON (Reuters) - Un incendie vraisemblablement provoqué par une bougie utilisée par les occupants pour s'éclairer a provoqué la mort de trois personnes dans la nuit de dimanche à lundi à Lyon dans une ancienne usine désaffectée squattée par des Roms.

Le maire de Lyon, Gérard Collomb, a dit avoir appelé le Premier ministre Jean-Marc Ayrault pour l'alerter sur la situation des Roms dans sa ville, dont les demandes d'asile ont selon une association augmenté de 67% en 2012.

Les victimes, deux femmes et un enfant de 12 ans, vivaient avec 200 autres personnes dans cette friche industrielle du huitième arrondissement de Lyon depuis octobre.

Les familles Roms ont été évacuées dans la nuit et relogées dans un gymnase du quartier.

"Le bilan devrait en rester là", a déclaré le colonel Serge Delaigue, directeur département des services de sécurité incendie qui évoque des conditions d'intervention extrêmement difficiles.

Quelque 70 sapeurs-pompiers ainsi que 15 véhicules incendie sont intervenus sur les lieux pour lutter contre les flammes qui ont embrasé cette usine désaffectée peu après minuit.

"Nous avons aperçu les corps à l'intérieur, mais les planchers des premier et deuxième étages se sont écroulés et nous ne pouvons y accéder pour l'instant", a ajouté le colonel Delaigue. "Le danger pour les secours est extrêmement important."

A l'extérieur du bâtiment, les familles regroupées sur une place attendaient en silence la suite des opérations et de pouvoir récupérer les corps des victimes.

Le ministre de l'Intérieur, qui s'est rendu sur place, a indiqué que ce squat, installé depuis octobre dernier, devait être évacué mercredi 15 mai.

"Ces squats et ces campements doivent être évacués à chaque fois qu'ils représentent un danger pour ceux qui les occupent", a déclaré Manuel Valls.

Des "solutions dignes" doivent selon lui être trouvées qui passent "par des collaboration avec les pays d'origine".

Selon Gérard Collomb, Lyon compte 40 squats et, même si la municipalité saisit systématiquement la justice, les campements ne sont pas toujours démantelés et les structures d'accueil sont totalement saturées.

"L'agglomération lyonnaise ne peut accueillir tous ceux qui se trouvent en difficulté, toutes les populations originaires de Roumanie, d'ex-Yougoslavie, d'ex-URSS, c'est impossible", a-t-il dit en prônant des actions de sédentarisation dans leurs pays.

L'origine du drame n'est pas encore connue et la police scientifique n'avait pas encore la possibilité lundi matin d'intervenir.

"L'enquête en cours devra déterminer l'origine du drame", a indiqué le ministre de l'Intérieur en évoquant un travail long et difficile du fait de la fragilité de l'édifice.

D'après les familles Roms, c'est une bougie allumée pour se procurer de la lumière qui aurait provoqué l'incendie.

"Il y a quelques jours, on leur a coupé l'électricité en prévision de l'expulsion et depuis, ils s'éclairent à la bougie", a expliqué Jean Philippe, un militant qui s'occupe des familles Roms.

Il dénonce la position du ministère et de la préfecture qui enchaîne les expulsions, sans appliquer la directive prévoyant des expertises sanitaires et sociales des campements.

Catherine Lagrange, édité par Yves Clarisse

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