Trois morts dans des attaques à la grenade au Burundi

le , mis à jour à 20:05
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(Actualisé, ministre de la Défense, §§ 4, 5) BUJUMBURA, 2 mai (Reuters) - Deux policiers et un civil burundais ont été tués vendredi soir dans des attaques à la grenade à Bujumbura, la capitale du pays, a annoncé samedi la police. Ces violences, qui ont aussi fait une dizaine de blessés, ont éclaté après une mise en garde adressée par le président Pierre Nkurunziza aux organisateurs des manifestations de ces derniers jours. Bujumbura a connu six jours consécutifs de manifestations contre la décision du président Nkurunziza de briguer un troisième mandat consécutif lors de l'élection du 26 juin, une candidature que l'opposition juge contraire à la Constitution comme à l'accord de paix d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile en 2005. Le ministre burundais de la Défense, le général Pontien Gaciyubwenge, a assuré samedi que l'armée respecterait la Constitution et l'accord d'Arusha et a appelé tous les hommes politiques à faire de même. "Personne ne peut pousser l'armée à aller contre l'accord d'Arusha et contre la Constitution du pays", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. Les manifestations, qualifiées d'"insurrection" par le pouvoir, ont déclenché la plus grave crise politique qu'ait connue le pays depuis dix ans. Leurs organisateurs ont appelé vendredi à une pause. "Nous avons décidé d'interrompre les manifestations pendant deux jours, d'abord pour permettre à ceux qui ont perdu des membres de leur famille (...) d'observer une période de deuil, ensuite parce que nous voulons que les manifestants reprennent de l'énergie avant de reprendre le combat lundi", a déclaré Pacifique Nininahazwe, chef de file du Focode (Forum pour la conscience et le développement), l'une des 300 organisations et associations qui ont appelé à descendre dans la rue. Les craintes liées à l'approche des élections ont poussé plus de 26.000 Burundais à fuir le pays pour se réfugier au Congo ou au Rwanda, disent les autorités. Les Nations unies, qui ont exprimé leur inquiétude face à l'utilisation de balles réelles dans la répression des manifestations, jugent "crédibles" les informations selon lesquelles des manifestants arrêtés ont été battus et sont détenus dans des prisons surpeuplées. Les partisans de Pierre Nkurunziza assurent qu'il peut briguer un nouveau mandat présidentiel car le premier d'entre eux ne résultait pas d'une élection mais d'une désignation par le Parlement. Une thèse rejetée par les Etats-Unis, qui considèrent sa candidature comme une violation des accords d'Arusha. La crise politique burundaise est suivie avec attention dans la région, toujours marquée par le génocide qui a fait plus de 800.000 morts en 1994 au Rwanda voisin. Des diplomates craignent en effet de voir les tensions politiques dégénérer en violences interethniques. Le Burundi, comme le Rwanda, est peuplé de Tutsis et de Hutus. (Edmund Blair et Patrick Nduwimana, Marc Angrand et Guy Kerivel pour le service français)

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