Trois morts au Venezuela après des pillages

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 (Nouveau bilan, détails) 
    BOLIVAR/TACHIRA, Venezuela, 19 décembre (Reuters) - Trois 
personnes sont mortes et plus de 400 autres ont été arrêtées 
depuis le week-end au Venezuela lors de manifestations ou de 
pillages provoqués par la suppression des billets de 100 
bolivars, la plus forte valeur en circulation, rapportent lundi 
les autorités. 
    Un homme, une femme et un adolescent de 14 ans ont été tués 
par balles dans la région de Bolivar (sud), la plus touchée par 
les troubles consécutifs à la décision présidentielle.  
    L'opposition annonce un bilan de cinq morts.  
    Le chef de l'Etat, Nicolas Maduro, a fait retirer jeudi ces 
billets de la circulation alors que les nouveaux billets de 500, 
2.000 et 20.000 bolivars créés pour s'adapter à l'inflation 
n'avaient pas encore été livrés.  
    Nombre de Vénézuéliens se sont retrouvés sans moyens de 
paiement - 40% de la population n'a pas de compte bancaire - et 
des émeutes et pillages ont rapidement éclaté. 
    D'après les responsables économiques locaux, quelque 350 
magasins ont été pillés dans la seule ville de Ciudad Bolivar. 
Dans 90% des cas, il s'agissait d'établissements alimentaires. 
    Des habitants ont dressé des barricades pour se protéger 
d'autres violences.  
    A Santa Elena de Uairen, près de la frontière avec le 
Brésil, commerçants et habitants ont formé des groupes de 
vigiles pour assurer la sécurité des magasins. 
    Après deux journées de violences, Nicolas Maduro a annoncé 
samedi qu'il repoussait au 2 janvier la date limite 
d'utilisation des billets de 100 bolivars tandis que les 
premiers chargements de nouveaux billets sont arrivés par avion. 
    Ce report a contribué à calmer les esprits, même si de 
nouveaux pillages étaient signalés dimanche à Ciudad Bolivar 
(sud) et si certains commerçants ont refusé d'accepter des 
billets de 100 bolivars. 
    Parmi les personnes interpellées ces derniers jours figurent 
des cadres et des militants de deux partis de l'opposition, 
Volonté populaire et Justice d'abord, a précisé Maduro dans un 
discours télévisé, les accusant de suivre des instructions 
"putschistes" venues de Washington. 
    "Ne venez pas me dire qu'ils sont des prisonniers 
politiques. Ils appartiennent aux deux partis des 'gringos' au 
Venezuela", a-t-il dit. 
    Maduro, au pouvoir depuis la mort de Hugo Chavez, en 2013, 
justifie la suppression des billets de 100 bolivars au nom de la 
lutte contre la mafia et de la contrebande. 
    Mais alors que le pays est en récession depuis trois ans, 
l'opposition dénonce une nouvelle preuve de la "politique 
économique désastreuse" menée par le pouvoir. 
    "Le seul coupable du chaos et de la violence de ces derniers 
jours, c'est Nicolas Maduro", a déclaré le parti Justice d'abord 
dans un communiqué. 
 
 (Andrew Cawthorne et Corina Pons avec María Ramírez in Ciudad 
Bolivar; Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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