Trois mois après la crue, Saint-Béat craint d'être oublié

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A SAINT-BÉAT, LA VIE REPREND DIFFICILEMENT SON COURS
A SAINT-BÉAT, LA VIE REPREND DIFFICILEMENT SON COURS

par Julie Rimbert

SAINT-BEAT, Haute-Garonne (Reuters) - La vie reprend difficilement son cours dans le village de Saint-Béat (Haute-Garonne), trois mois après des inondations qui ont figé la vie économique et où la plupart des 400 habitants attendent toujours les indemnisations des assurances.

Certaines rues de la petite commune de montagne, submergées sous trois mètres d'eau le 18 juin lors des crues de la Garonne et de la Pique, portent encore les stigmates de la catastrophe.

Sur la vingtaine de commerces, seuls quatre ont pu reprendre leur activité. Des maisons et des magasins sont tachés de boue et des devantures restent barrées par du contreplaqué.

"Pour le moral et la clientèle, c'était important de rouvrir rapidement mais nous sommes toujours en attente des indemnisations des assurances", explique Michèle André, qui a rouvert son salon de coiffure dans un local provisoire. Le 18 juin, son commerce a été submergé par plus de 2,5 m d'eau.

"Heureusement, nous avons été épaulés par la Chambre des métiers et les associations comme le Secours populaire et le Secours catholique", dit-elle. "Nous espérons maintenant que les promesses des pouvoirs publics seront tenues."

Habitants et commerçants ne savent toujours pas quand débutera la phase de reconstruction, dont le coût est estimé à une dizaine de millions d'euros.

Au petit Casino, le provisoire domine. Un préfabriqué a été mis en place fin août, le temps de remettre le magasin en état.

"C'était important de rouvrir afin de montrer que l'activité économique locale reprend mais on sait que la phase de reconstruction sera longue", dit la gérante, Isabelle Valot.

A la sortie du village, le propriétaire du camping Thei la Garonnette, au bord de la Garonne, s'inquiète. Le fleuve a presque tout emporté, laissant une dizaine de caravanes sur la cinquantaine que comptait le camping.

"Je ne sais pas si nous aurons l'autorisation de rouvrir, ce serait une nouvelle catastrophe pour le village qui vit essentiellement du tourisme", dit Louis Bron, le propriétaire. "Quant aux assurances, j'attends toujours."

INTERROGATIONS SUR LA RECONSTRUCTION

Lors de sa venue le 7 juillet, le président François Hollande avait annoncé un "mécanisme exceptionnel" pour les communes sinistrées. Le maire de Saint-Béat, Hervé Perefarres, salue le soutien de l'Etat mais s'inquiète pour la phase de reconstruction.

Des travaux d'urgence, financés pour moitié par l'Etat à hauteur de 70.000 euros, ont été effectués mais l'élu craint pour la suite du financement. Sur sa commune, une vingtaine de bâtiments ont été touchés par les inondations.

"L'Etat nous a alloué des aides d'urgence mais nous attendons encore des enveloppes des collectivités locales. On est devant une tâche insurmontable pour un petit village", dit-il.

La commune attend par exemple le diagnostic de l'Etat pour l'aménagement du territoire, en particulier pour la réinstallation ou non des deux campings.

"Il faut absolument qu'on dispose d'un terrain d'accueil pour les touristes, la principale activité économique de notre vallée", ajoute l'élu.

Face à cette inquiétude, le conseil général de la Haute-Garonne a débloqué cette semaine 12,1 millions d'euros d'aides exceptionnelles aux sinistrés.

Le conseil régional de Midi-Pyrénées a attribué près de 3 millions d'euros d'aides pour les travaux de remise en état des voiries et des bâtiments publics, ainsi qu'à des entreprises.

Le préfet de région précise que "3,5 millions d'euros ont déjà été engagés pour les travaux de réparation, les mesures de soutien à l'agriculture et les interventions à caractère économique et social".

Le 28 juin, l'Etat a reconnu l'état de catastrophe naturelle pour les communes des Pyrénées touchées par ces crues historiques.

Edité par Gilles Trequesser

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