Trois millions de Français renonceraient aux vacances

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Plus de la moitié de ceux qui prévoient de partir comptent rester en France. Des vacances moins longues et à budget réduit.

Les effets de la crise se font encore sentir cette année dans le secteur du tourisme. 66% des Français ont l'intention de partir en vacances (au moins une nuit hors de chez eux), contre 72% l'année dernière, d'après une étude publiée ce jeudi par le cabinet Protourisme. Trois millions de Français qui étaient partis en 2010 y renoncent donc cette année. Au total, sur les 53 millions de Français âgés de plus de 15 ans, 18 millions ne partiront pas même une nuit en vacances en 2011. 26 millions n'effectueront pas de séjour de 4 nuits ou plus.

Cette baisse moyenne des intentions de départ cache en fait de fortes disparités. Les catégories sociprofessionnelles supérieures et les Franciliens partent en effet beaucoup plus que les retraités ou les ruraux. Et cet écart devrait encore se creuser: «Les gens qui, pendant des années, ont rogné leur budget vacances n'ont, aujourd'hui plus les moyens de partir, explique Didier Arino, président du cabinet Protourisme, alors que ceux qui en ont les moyens partent de plus en plus». Dans ce tourisme français à deux vitesses, le chômage a un impact considérable, souligne-t-il: «Un chômeur influence en moyenne la consommation touristique de six personnes autour de lui, notamment son conjoint et ses enfants».

52% des vacanciers resteront en France

Corollaire de cette disparité grandissante, le nombre de Français qui ont l'intention de partir à l'étranger augmente tout de même de 5% avec un budget supérieur de 3% à 2010, selon une précédente étude de Protourisme. Mais pour l'ensemble des Français, le budget moyen consacré aux vacances suit la tendance inverse: il devrait se replier de 7,2% à 2079 euros en moyenne sur l'année. Si le niveau de dépenses quotidien reste en fait stable à 99 euros, c'est la durée de séjour qui est revue à la baisse: les Français partiront en moyenne 18 jours contre 23 l'année dernière.

Au final, 52% de ceux qui prévoient de partir en vacances devraient rester en France, 23% iraient à l'étranger et 25% comptent faire les deux. Le choix de la destination devrait également être influencé par la situation géopolitique internationale, en particulier au Maghreb et au Moyen-Orient. Ces événements pourraient bénéficier à la France, qui est, selon Didier Arino «la destination la plus sûre, la plus proche et la plus diversifiée» pour les Européens.

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