Trois législatives partielles sur fond de crise à l'UMP

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TROIS LÉGISLATIVES PARTIELLES SUR FOND DE CRISE À L'UMP
TROIS LÉGISLATIVES PARTIELLES SUR FOND DE CRISE À L'UMP

PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste et le Front national comptent tirer profit de la guerre des chefs qui déchire l'opposition de droite lors des trois législatives partielles dont le premier tour se déroule dimanche dans l'Hérault et la région parisienne.

Le PS, qui espère la réélection de sa candidate à Béziers et compte ravir au moins un siège à l'UMP, mise sur une démobilisation de l'électorat de droite pour compenser la baisse de popularité de l'exécutif.

Le Front national, que les Français voient, à en croire un sondage, comme le principal bénéficiaire de l'affrontement entre François Fillon et Jean-François Copé à l'UMP, rêve pour sa part de grappiller un troisième siège de député dans l'Hérault.

Mais dans cette sixième circonscription, englobant Béziers, la PS Dolorès Roqué, qui affronte à nouveau l'UMP Elie Aboud, qu'elle avait battu de justesse en juin dans une triangulaire, compte bien rééditer sa performance.

La direction du PS ne lui a pas ménagé son soutien, avec un déplacement jeudi du Premier secrétaire Harlem Désir et, ces derniers jours, de plusieurs ministres.

Elie Aboud, pour qui le chemin semblait dégagé avant le bras de fer à l'UMP, reconnaît que les querelles parasitent sa campagne, mais veut croire à un sursaut de solidarité.

"Après avoir perdu pour 10 voix dans une triangulaire cruelle, aujourd'hui on refait le match, même si c'est parasité par les débats d'ego", explique ce proche de Jean-François Copé.

"Je sens un sursaut de solidarité autour de moi (...), dimanche il y aura un revers pour la majorité socialiste, certes tempéré par la cacophonie au sein de l'appareil (de l'UMP)."

"LES LIGNES ONT BOUGE"

La participation devrait être trop faible pour permettre une nouvelle triangulaire. Mais l'UMP redoute la nouvelle candidate du Front national, France Jamet, qui est bien implantée localement.

"Je suis raisonnablement optimiste pour le vote", explique France Jamet, constatant que l'UMP "n'est pas sur un créneau porteur en ce moment".

"La seule opposition que l'UMP a su démontrer face au PS, c'est entre Fillon et Copé", ajoute-t-elle, affirmant constater un afflux de sympathisants depuis l'élection contestée à la tête de l'UMP. "De ce que je vois sur le terrain, les lignes ont bougé depuis que l'UMP a montré son vrai visage."

Dans la 13e circonscription des Hauts-de-Seine, un jeune candidat de la majorité présidentielle tente à nouveau sa chance face à l'UMP Patrick Devedjian, homme fort du département et ancien ministre de Nicolas Sarkozy.

En juin, Julien Landfried, proche de Jean-Pierre Chevènement, avait créé la surprise en ne s'inclinant que de 191 voix. Il compte cette fois sur le soutien d'Europe Ecologie-Les Verts, qui ne présente plus de candidat face à lui.

Lors d'un meeting à Bourg-la-Reine, le ministre de l'Education Vincent Peillon a vanté le "rassemblement" autour de Julien Landfried comparé "aux querelles d'hommes et de pouvoir" de l'UMP.

"Ici, on a besoin de changement, les gens l'attendent depuis longtemps dans un département qui n'est pas figé à droite", a-t-il dit.

LABORATOIRE DE L'IMPLOSION DE L'UMP

Le FN Michel Georget, qui n'avait obtenu que 5,47% au premier tour en juin, n'a d'autre espoir que d'améliorer son score, malgré la concurrence d'un candidat de Debout la République, mouvement de Nicolas Dupont-Aignan.

Dans la première circonscription du Val-de-Marne, le maire de Saint-Maur, Henri Plagnol, tente de retrouver son siège, avec l'investiture officielle de l'UMP et des centristes de l'UDI.

Il sera handicapé par la candidature dissidente de Sylvain Berrios, meneur d'une récente fronde de la majorité municipale, et celle d'une divers droite, Pascale Luciani, soutenue par des responsables de l'UDI.

Le socialiste Akli Mellouli, qui avait été nettement battu en juin dernier (47,23%), espère refaire son retard si la mobilisation est au rendez-vous.

"Je crois que notre victoire n'a jamais été autant possible si on mobilise. Mais les gens sont un peu désabusés", a-t-il dit récemment au Parisien.

La candidate du Front national, Anne-Laure Maleyre, qui était arrivée troisième en juin (9,38%), mise de son côté sur l'écoeurement des électeurs de droite et la déception des partisans de la gauche pour effectuer une forte progression.

"Saint-Maur est un laboratoire de l'implosion de l'UMP", souligne Dominique Joly, responsable du Front National dans le Val-de-Marne.

"Henri Plagnol, député sortant, investi en juin par l'UMP, a pourtant rejoint l'UDI après les dernières élections législatives, et accepte maintenant l'étiquette UMP. Sylvain Berrios, "copéiste", se revendique, lui, de l'UMP sans en avoir l'investiture et diffuse des photos de François Fillon à ses côtés", ajoute-t-il.

Gérard Bon, avec Emile Picy et Jean Decotte à Toulouse, édité par Yves Clarisse

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