Trois Français suspectés d'avoir voulu combattre en Syrie jugés

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TROIS FRANÇAIS SUSPECTÉS D'AVOIR VOULU COMBATTRE EN SYRIE JUGÉS
TROIS FRANÇAIS SUSPECTÉS D'AVOIR VOULU COMBATTRE EN SYRIE JUGÉS

PARIS (Reuters) - Trois jeunes Français soupçonnés d'avoir projeté de combattre en Syrie ont comparu jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris, quelques jours après le retour en France de deux jeunes mineurs toulousains qui poursuivaient le même objectif.

L'un a expliqué, au premier jour d'audience, avoir juste eu l'intention de filmer ses camarades, et les deux autres ont nié tout projet de djihad, affirmant qu'ils voulaient réaliser des reportage sur place ou même prendre des vacances.

"On partait en Turquie pour aller dans les camps de réfugiés filmer", a ainsi raconté Salah-Eddine Gourmat, sans convaincre le président du tribunal Denis Couhé, les ramenant à maintes reprises aux éléments de l'enquête.

Youssef Ettaoujar, Salah-Eddine Gourmat, et Fares Farsi, âgés de 25 à 20 ans au moment des faits, sont poursuivis pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme. Ils encourent dix ans de prison, le maximum pour une peine correctionnelle.

Ils ont été arrêtés en mai 2012 à l'aéroport de Saint-Etienne alors qu'ils s'apprêtaient à embarquer pour la ville turque de Gaziantep, proche de la Syrie, afin de rejoindre des camps de réfugiés, où l'on pratique des entraînements, puis de passer la frontière, selon l'accusation.

Au moment de l'arrestation, le groupe était en possession de lampes torches, d'étuis destinés à porter des armes, de caméras et d'un ordinateur portable.

Fares Farsi, qui aurait été en charge de filmer les deux autres, a déclaré qu'il ne savait pas "clairement" si ces derniers voulaient participer à des combats ou non.

"Je comptais aller filmer et s'il y avait eu un entraînement je l'aurais fait", a juste admis de son côté Youssef Ettaoujar.

Il a démenti toute volonté de s'armer sur place, contrairement au troisième jeune homme, Salah-Eddine Gourmat, qui a dit qu'ils pensaient s'en procurer sur place, mais uniquement pour se défendre.

ORGANISATION HASARDEUSE

Depuis son arrestation, Fares Farsi maintient avoir voulu éviter d'aller en Turquie, l'affaire Mohamed Merah l'ayant, dit-il, choqué au point de lui faire renoncer à partir.

Prié de dire pourquoi il avait, dans ce cas, tenté de prendre l'avion avec les autres, il a répondu : "J'étais dans une forme de radicalisation sans pour autant vouloir prendre les armes."

Son but était avant tout, selon lui, de fuir un père violent et d'abandonner les deux autres une fois arrivé en Turquie, ou en Syrie, pour rejoindre le Yémen, où il voulait intégrer une école coranique.

Le président du tribunal a souligné les nombreux changements de destinations du trio, qui avait dans un premier temps projeté de se rendre en Libye, via la Tunisie, ou au Mali, témoignant d'une organisation hasardeuse.

Dans le cadre du projet de rejoindre la Tunisie en ferry, les trois jeunes gens s'étaient procuré un véhicule 4X4 et un moteur de zodiac, sans acquérir la coque du bateau.

Invité à s'expliquer, Youssef Ettaoujar a affirmé qu'il voulait "se promener en mer".

A propos de "cannes à pêches" qui apparaissent dans les conversations téléphoniques enregistrées par les enquêteurs, Salah-Eddine Gourmat a admis qu'il s'agissait de se procurer des armes. Mais Youssef Ettaoujar a maintenu que le trio comptait pêcher sur place.

Marion Douet, édité par Gérard Bon

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