Trois facteurs à l'origine des explosions d'airbags Takata

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LA COMBINAISON DE TROIS FACTEURS À L'ORIGINE DE L'EXPLOSION D'AIRBAGS TAKATA DÉFECTUEUX
LA COMBINAISON DE TROIS FACTEURS À L'ORIGINE DE L'EXPLOSION D'AIRBAGS TAKATA DÉFECTUEUX

par David Shepardson et Paul Lienert

WASHINGTON/DETROIT (Reuters) - Une combinaison de trois facteurs est à l'origine des explosions d'airbags défectueux du japonais Takata, mis en cause dans des accidents qui ont fait au moins 10 décès dans le monde, a annoncé mardi un groupe de dix constructeurs automobiles.

Selon l'étude menée par une équipe d'Orbital, basée dans l'Utah, la rupture de ces airbags, qui auraient également fait plus de 100 blessés, est due à la combinaison de trois facteurs: l'exposition à l'humidité, des problèmes de conception et de fabrication et l'utilisation de nitrate d'ammonium.

Les résults de ces tests, qui ont duré un an, ont été annoncés alors que les autorités de la sécurité routière, la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), poursuivent leur enquête pour savoir si le rappel de près de 29 millions d'airbags Takata aux Etats-Unis doit être élargi pour inclure 70 millions à 90 millions d'airbags en plus contenant du nitrate d'ammonium.

Lorsqu'il est exposé à l'humidité, le nitrate d'ammonium, utilisé pour gonfler les airbags de Takata, peut déclencher les airbags avec une force excessive et disperser des éclats de métal dans l'habitacle du véhicule.

Dans un communiqué publié mardi, Takata a déclaré que les résultats de cette étude étaient "cohérents" avec sa propre analyse et celle de l'allemand Fraunhofer Group, qui a été engagé par Takata pour mener des tests supplémentaires.

David Kelly, ancien de la NHTSA qui coordonne le groupe de constructeurs automobiles, a présenté le rapport à la NHTSA et à des conseillers parlementaires mardi. Un porte-parole de la NHTSA a dit que l'agence étudiait ces conclusions.

En novembre, Takata a accepté de payer une amende de 70 millions de dollars (65 millions d'euros) pour violation des règles de sécurité en vigueur. Le groupe japonais pourrait devoir verser des indemnités de plus de 130 millions de dollars dans le cadre d'un accord amiable avec la NHTSA.

Ces tests n'ont concerné que les airbags n'ayant pas de dessicateur, qui absorbe l'humidité. La plupart des airbags fonctionnant avec le nitrate d'ammonium qui n'ont pas été rappelés en sont équipés.

Mais selon un accord avec la NHTSA, Takata doit rappeler tous les airbags encore en circulation utilisant le nitrate d'ammonium d'ici 2019 à moins de pouvoir prouver qu'ils ne présentent aucun danger. Takata a aussi accepté d'arrêter progressivement l'utilisation du nitrate d'ammonium: la plupart des fabricants d'airbags n'utilisent pas cette substance.

(Juliette Rouillon pour le service français)

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