Trois économistes donnent des pistes pour investir hors de la zone euro

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(NEWSManagers.com) - Alors que les nuages noirs s'amoncellent autour de la zone euro, trois économistes étaient réunis jeudi pour parler de tout... sauf de cette région. Avec dans l'idée de sortir du pessimisme ambiant et de montrer qu'il existe (encore) des opportunités d'investissement.


Et ce, même en Europe. Ainsi, venu de Londres, Kevin Gardiner, global investment strategist de Barclays Wealth Investment Management, a évoqué le sort du Royaume-Uni, un pays dont la santé économique n'est certes guère brillante, mais qui présente l'avantage de maîtriser son destin. L'économiste cite, parmi les atouts du Royaume, le taux d'épargne élevé des ménages et la bonne gestion des entreprises britanniques.

Robert Bergqvist, le chef économiste de la banque suédoise SEB Group, a vanté quant à lui les mérites de l'Europe du Nord, tout en mettant néanmoins en garde contre un afflux de capitaux trop important dans ces pays qui pourrait conduire à les déstabiliser. La Suède, la Norvège, le Danemark et la Finlande ont pu, selon lui, conserver une bonne marge de manoeuvre pendant la crise grâce à des finances publiques saines et des surplus des balances des comptes courants. Certes, ces pays sont très dépendants des exportations, mais ils bénéficient de forts échanges intra-régionaux.


Plus loin, David Fisher, executive vice president ? global fixed income and currencies chez Pimco, a défendu de son côté la cause des Etats-Unis. Pourtant, le pays connaît la même défiance envers la classe politique que l'Europe et, même, affiche un endettement plus élevé. Mais la croissance outre-Atlantique s'annonce plus forte que chez nous. De même, les marchés ne sanctionnent pas les Etats-Unis aussi durement que l'Europe. Outre les améliorations sur le front de l'emploi et une démographie favorable, David Fisher souligne que les Etats-Unis sont le seul marché à avoir commencé à réduire sa dette totale. Il note enfin que les Etats-Unis continuent de bénéficier du fait que le dollar reste la monnaie de réserve mondiale, même si c'est uniquement parce qu'elle est " la chemise sale la plus propre" .


Moins surprenant, les marchés émergents ont aussi été évoqués, et notamment l'Asie, par Kevin Gardiner, et l'Amérique latine, par David Fisher.

Si les intervenants avaient chacun leur zone de prédilection, ils se sont accordés sur une chose, leur pessimisme à l'égard de la zone euro. David Fisher estime que le retour de la volatilité sur les marchés sera le seul moyen pour obliger les Européens à prendre leur destin en main et à trouver une solution, un avis que partage également Kevin Gardiner. Pour Robert Bergqvist, deux scénarios se dessinent : une sortie ordonnée de la Grèce - très probable -, et une sortie désordonnée de la zone euro. Une chose est sûre, pour lui, le pays ne restera pas dans la zone, ce qui pourrait être une chance pour la région si elle sait la saisir. Mais le chef économiste de SEB n'en est pas si sûr.

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