Trois députés français en route vers la ville syrienne d'Alep

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    * Duflot (EELV), Mariton (LR) et Mennucci (PS) 
    * Ils souhaitent "alerter sur la situation" humanitaire 
    * Pas de rupture avec la ligne du Quai d'Orsay, dit Duflot 
 
    PARIS, 12 décembre (Reuters) - Trois députés français 
étaient en route lundi vers la ville syrienne d'Alep pour 
défendre "une solution humanitaire" à l'heure où l'armée de 
Bachar al Assad, appuyée par l'aviation russe, poursuit son 
opération de reconquête des quartiers tenus par les rebelles, 
poussant à la fuite des milliers d'habitants.  
    "Nous sommes conscients que notre mission représente une 
goutte d'eau dans l'océan mais dans un océan dramatique", a 
expliqué sur franceinfo l'écologiste Cécile Duflot, qui compose 
la délégation avec Hervé Mariton (LR), Patrick Mennucci (PS). 
    "Nous ne pouvions pas nous résoudre à l'impuissance 
constatée", a poursuivi l'ancienne ministre. "On ne peut pas 
simplement appeler à la compassion Vladimir Poutine et Bachar al 
Assad. Ce n'est pas supportable. Ce conflit se passe sous nos 
yeux. Il nous paraît important d'alerter sur la situation."     
    Au-delà de l'objectif humanitaire de cette délégation qui 
répond à l'invitation du président du conseil local des 
quartiers d'Alep-Est Brita Hagi Hasan, Hervé Mariton explique 
pour sa part poursuivre également un objectif politique afin de 
"mieux comprendre la situation politique sur place". 
    "La France doit mieux appréhender les rapports de force et 
les intérêts des différentes composantes de la population 
syrienne (...) et mieux tenir compte des enjeux pour les 
puissances régionales impliquées dans ce conflit", estime le 
député LR. "La France pourra alors participer à la recherche 
d'une solution politique." 
    Le pilonnage massif des quartiers rebelles d'Alep depuis le 
19 septembre par les aviations russe et syrienne a fait des 
centaines de victimes civiles, suscitant l'indignation de la 
communauté internationale et crispant les relations entre la 
Russie et l'Occident.  
    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, plusieurs 
dizaines de milliers de civils se trouveraient toujours dans les 
derniers quartiers tenus par les rebelles soumis à des 
bombardements incessants et affamés par des semaines de siège 
total de la ville.  
    "Nous ne sommes pas dans une logique de négociations avec 
des partis mais bien dans celle de soutenir de façon très claire 
les populations civiles d'Alep qui sont aujourd'hui sous un 
déluge de bombes", a dit Cécile Duflot.  
    "Nous ne sommes pas en rupture, mais au contraire en soutien 
de la position diplomatique française", a-t-elle ajouté. 
    La France, qui réclame le départ du président syrien et 
soutient l'opposition modérée dans ce conflit qui a fait plus de 
300.000 morts, a accueilli samedi une réunion des pays dits 
"affinitaires".  
    Les chefs de la diplomatie de ces pays occidentaux et arabes 
sont apparus résignés face à la chute d'Alep qui constituerait 
une victoire pour Bachar al Assad et porterait un coup sévère 
aux espoirs des rebelles de renverser son régime.  
 
 (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • charleco il y a 11 mois

    Ils ont supprimé la Haute Cour de Justice alors que la plupart des politiciens actuels devraient y être jugés pour trahison et intelligence avec l'ennemi.

  • charleco il y a 11 mois

    "opposition modérée", "rebelles", "rebelles modérés", tout ça = al-Nosra = al-Qaïda., ceux qui font du "bon boulot" en Syrie comme disait le prédécesseur d'Ayrault. Citer son nom est encore lui faire trop d'honneur.