Trois comparutions après les violences à Amiens

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TROIS COMPARUTIONS IMMÉDIATES À AMIENS APRÈS LES VIOLENCES
TROIS COMPARUTIONS IMMÉDIATES À AMIENS APRÈS LES VIOLENCES

LILLE (Reuters) - Trois personnes seront jugées vendredi en comparution immédiate après une première série d'interpellations à Amiens suite aux violences qui ont fait 17 blessés dans les rangs des forces de l'ordre, a annoncé jeudi le procureur adjoint de la ville.

La police a procédé jeudi à cinq interpellations après les émeutes qui se sont déroulées dans la nuit de lundi à mardi dans la préfecture de la Somme mais elles ne concernent pas les "meneurs", qui devraient être arrêtés dans les prochains jours, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

"Ce qui nous intéresse c'est les meneurs, c'est les auteurs des faits les plus graves et ça on espère que c'est à venir dans les jours qui viennent", a-t-il dit en précisant que les cinq personnes interpellées n'étaient pas de "gros poissons".

Trois des cinq personnes interpellées seront jugées vendredi après-midi en comparution immédiate.

Le plus âgé, qui a 27 ans, était déjà sous contrôle judiciaire, notamment pour violences et sera jugé pour provocation à la rébellion. Il risque 7 ans de prison.

Deux jeunes qui ont reconnu avoir incendié des poubelles seront aussi jugés en comparution immédiate mais les deux autres, des mineurs, comparaîtront devant le tribunal des enfants pour avoir respectivement volé un cyclomoteur et fumé du cannabis dans un hall d'immeuble.

Eric Boussuge a ajouté que les policiers se concentraient sur la recherche des personnes qui ont participé à l'incendie d'une école et d'une salle de sport. Des analyses sont en cours, dont des recherches d'empreintes digitales et ADN.

Le procureur adjoint de la République a souligné que ceux qui seraient jugés vendredi n'allaient pas "porter le chapeau pour les auteurs des violences les plus graves" mais qu'il tenait à montrer que personne ne restera impuni.

DISPOSITIF DE SÉCURITÉ MAINTENU

La nuit de mercredi à jeudi a été calme, comme la précédente, indique la préfecture, qui ajoute qu'un dispositif de sécurité renforcé est maintenu pour procéder à de nouvelles interpellations et garantir le retour au calme.

De premiers incidents s'étaient produits dimanche à Amiens-Nord après un contrôle policier d'une dizaine de jeunes réunis pour rendre hommage à l'un de leurs camarades tué dans un accident de scooter.

La situation s'est embrasée lundi soir quand les policiers, confrontés à une centaine de jeunes émeutiers, ont essuyé des tirs de chevrotine et des jets de projectiles. Trois bâtiments publics, dont une école et un centre sportif, ont été incendiés.

Venu mardi sur place, Manuel Valls a été hué par des jeunes à son arrivée dans ce quartier récemment classé en "zone de sécurité prioritaire" où le taux de chômage approche 45%.

Le ministre de l'Intérieur avait promis la fermeté à l'égard des auteurs des violences et indiqué qu'il y aurait des interpellations.

Il s'agit du premier test important pour le nouveau gouvernement socialiste en matière de violences urbaines, un phénomène apparu en France dans les années 1970 et qui ébranle par intermittence les quartiers sensibles des grandes villes.

Fanny Bertrand, édité par Yves Clarisse

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