Trois bidonvilles de Roms démantelés en douceur à Lyon

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LYON, 2 octobre (Reuters) - La préfecture du Rhône s'apprête à démanteler en douceur trois bidonvilles de l'agglomération lyonnaise abritant quelque 350 Roms en proposant des solutions d'insertion à la moitié des familles vivant sur les lieux, une "expérimentation". La présence de ces bidonvilles, installés à Villeurbanne, Saint-Priest et Vaulx-en-Velin, pour certains depuis quatre ans, est jugée "indigne" par le nouveau préfet du Rhône Michel Delpuech, arrivé à Lyon il y a six mois. "Il s'agit de mettre fin à cette situation indigne, mon pays ne peut tolérer cette situation, ce n'est pas digne de la République", a-t-il indiqué dans une conférence de presse où il a détaillé, avec le préfet à l'égalité des chances. "Sur la base du volontariat, une partie de ces familles vont se voir proposer un parcours d'insertion qui repose sur l'emploi et la scolarisation des enfants", a expliqué le préfet. Ce dispositif concernera environ 160 personnes qui seront hébergées dans un premier temps dans des petits villages en préfabriqué. Elles seront nourries, recevront un petit pécule, et se verront proposer des emplois. "Pôle Emploi va les diriger vers des emplois non pourvus et vers des secteurs ruraux du territoire qui attirent habituellement peu de monde", a précisé le préfet. Les "villages", implantés sur des terrains propriétés de l'Etat, seront gardés pour éviter de nouveaux arrivants et l'intrusion de "mafias", a-t-il ajouté. Ce programme repose aussi sur la scolarisation des enfants qui est déjà effective avec succès pour certains d'entre eux. Les bénéficiaires de ce programme d'un coût de 3 millions d'euros sur trois ans financé par l'Union européenne et l'Etat s'engagent à quitter ces hébergements d'urgence pour intégrer le parc de logement social lorsqu'ils occuperont un emploi. Tous les occupants de ces camps de fortune ne bénéficieront pas de cette solution d'insertion, certains devant être reconduits à la frontière. Il a également assuré que ces trois bidonvilles ne seraient pas démantelés de façon brutale comme c'était le cas auparavant : "Le pire serait d'envoyer la force publique, les pelleteuses et les bennes." (Catherine Lagrange, édité par Yves Clarisse)

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