Trois agresseurs en fuite après l'attentat de Ouagadougou-Valls

le , mis à jour à 20:55
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 (Actualisé, ministre burkinabé des Affaires étrangères, MNLA) 
    PARIS, 19 janvier (Reuters) - L'attentat djihadiste de 
vendredi dernier à Ouagadougou a été commis par six assaillants, 
dont trois ont été tués et trois autres ont pris la fuite, a 
déclaré mardi le Premier ministre français, Manuel Valls.  
    Cet attentat contre un hôtel et un restaurant du centre de 
la capitale du Burkina Faso a fait au moins 30 morts dont trois 
Français, parmi lesquels la photographe franco-marocaine Leila 
Alaoui, décédée des suites de ses blessures.  
    "En début de soirée, six individus ont ouvert le feu sur le 
café Le Cappuccino, sur des clients désarmés (...) avant de se 
réfugier dans l'hôtel Splendid", a déclaré Manuel Valls lors des 
questions d'actualité à l'Assemblée nationale.  
    "Le bilan de cette attaque est d'au moins 30 morts et d'une 
trentaine de blessés", a-t-il ajouté. "Des six agresseurs, trois 
ont été tués et trois sont encore recherchés". 
    Des militaires français et américains ont participé à 
l'opération de libération des otages vendredi dernier. 
    "La jeune démocratie du Burkina Faso a besoin de notre 
aide", a ajouté Manuel Valls.  
    François Hollande avait auparavant rendu hommage à Leila 
Alaoui, qui se trouvait au Burkina Faso pour un reportage sur 
les droits des femmes à la demande d'Amnesty International. 
L'ONG a fait part mardi de sa "grande tristesse" à l'annonce de 
la "mort tragique" de Leila Alaoui et de son chauffeur Mahamadi 
Ouédraogo.  
    Sur Twitter, Manuel Valls a écrit que "Leila Alaoui, c'était 
l'engagement, la culture, le talent. Tout cela, les terroristes 
ne pourront jamais l'abattre." 
    L'attaque revendiquée par Al Mourabitoune, groupe lié à Al 
Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), visait l'hôtel Splendid et le 
Cappuccino, prisés par les Occidentaux et les soldats français 
déployés dans le pays dans le cadre de l'opération Barkhane qui 
lutte contre les djihadistes au Sahel. 
    En novembre, le mouvement dirigé par l'Algérien Mokhtar 
Belmokhtar avait déjà revendiqué l'attaque de l'hôtel Radisson 
Blu dans la capitale malienne, Bamako, qui avait fait vingt 
morts.     
    Le ministre burkinabé des Affaires étrangères a fait état 
mardi de plusieurs arrestations de routine. "Il y a des 
interpellations et des personnes qui sont relâchées. Dans ce 
genre de situation, on prend tout le monde ou presque, tout ce 
qui peut s'apparenter à des suspects et, au fur et à mesure, on 
vérifie", a déclaré Alpha Barry.  
    Samedi, Mossa Ag Attaher, porte-parole des ex-rebelles 
maliens du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), 
avait été interpellé à son domicile de Ouagadougou. Il a été 
relâché après interrogatoire.   
    "Il y a eu plusieurs séquences de questions avec différentes 
personnes, différents responsables de la gendarmerie. Ce qui 
revenait c'était : 'Est-ce que vous avez des informations sur 
une menace imminente sur le Burkina ? Est-ce que le MNLA a des 
liens avec ceux qui opèrent et qui menacent le Burkina 
aujourd'hui' ?", a-t-il expliqué sur RFI. 
 
 (Elizabeth Pineau, Myriam Rivet, Guy Kerivel et Jean-Philippe 
Lefief) 
 
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