Troc de maisons : «Il y a une volonté d'échapper au statut de touriste»

le , mis à jour à 09:49
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Troc de maisons : «Il y a une volonté d'échapper au statut de touriste»
Troc de maisons : «Il y a une volonté d'échapper au statut de touriste»

La chercheuse Saskia Cousin travaille notamment sur les pratiques touristiques.

 

Le troc de maisons est-il né avec la révolution Internet ?

SASKIA COUSIN. Non, il a toujours existé. Mais pas de manière aussi organisée. Dans les sociétés traditionnelles, accueillir l'étranger est une obligation sociale, un devoir quasi sacré. Cette pratique s'est davantage formalisée à compter des années 1960 quand les professeurs d'université américains ont commencé à partir régulièrement en congé sabbatique à l'étranger. Sauf qu'à l'époque les échanges s'effectuaient via des petites annonces dans les journaux. Avec l'avènement d'Internet, le phénomène s'est élargi en quelques années à une communauté beaucoup plus importante.

 

Qui échange sa maison aujourd'hui ?

La plupart des adeptes ont des revenus assez élevés. Certains possèdent d'ailleurs des résidences secondaires mais ne souhaitent pas forcément y passer toutes leurs vacances. Ils auraient les moyens de se payer l'hôtel. Mais leur motivation est souvent moins économique que philosophique. Beaucoup ont une certaine expérience du voyage et une ouverture sur le monde. Ce qu'ils recherchent avant tout dans cette forme de vacances alternatives, c'est de s'approprier une ville, un territoire, en en devenant un habitant temporaire. Derrière, il y a aussi souvent la volonté d'échapper au monde capitaliste, à l'échange marchand, au statut de touriste.

 

Echangent-ils vraiment en toute confiance ?

La première fois qu'ils accueillent des hôtes chez eux, ils se montrent peut-être un peu méfiants. Plus que pour leurs objets de valeur, ils craignent surtout pour leurs souvenirs personnels. Mais, très vite, leurs craintes s'estompent. Parce qu'en adhérant à un site ils se sentent appartenir à une communauté. Leur plus grande angoisse, au fond, n'est pas de laisser entrer des inconnus chez eux, mais de ne pas leur donner assez. C'est le principe même du ...

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