Tripoli veut attendre avant d'attaquer l'EI à Syrte

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    TRIPOLI, 28 avril (Reuters) - Le gouvernement libyen d'unité 
nationale a demandé jeudi aux différentes factions armées du 
pays de renoncer à leurs attaques contre l'Etat islamique (EI) à 
Syrte, le temps pour la Libye de mettre sur pied une structure 
de commandement unifié. 
    Cet appel survient alors que des groupes armés de l'Est et 
de l'Ouest de la Libye semblent déterminés à marcher sur Syrte, 
occupée depuis 2015 par les djihadistes de l'EI qui ont su tirer 
parti du chaos institutionnel qui s'est emparé du pays. 
    Le gouvernement d'unité nationale a salué jeudi la volonté 
exprimée par les différentes factions armées de combattre l'EI à 
Syrte tout en mettant en garde contre le risque de voir le pays 
plonger dans une guerre civile. 
    "En l'absence de coordination et de commandement unifié 
(...), le Conseil fait part de sa crainte de voir la bataille de 
Syrte contre Daech se transformer en confrontation entre forces 
armées", dit le communiqué gouvernemental, ajoutant qu'un tel 
conflit profiterait à l'Etat islamique. 
    "C'est pourquoi le Conseil présidentiel demande à toutes les 
forces armées libyennes d'attendre la désignation d'un 
commandement commun pour les opérations à Syrte." 
    Deux gouvernements et deux parlements rivaux se disputent le 
contrôle de la Libye depuis l'été 2014, lorsque les miliciens de 
l'"Aube libyenne" ont pris le contrôle de Tripoli, la capitale. 
    Le gouvernement du Premier ministre Abdallah al Thinni, seul 
reconnu par la communauté internationale, et la Chambre des 
représentants élue en juin dernier ont trouvé refuge dans l'est 
du pays. 
    A Tripoli, l'"Aube libyenne" a formé son propre gouvernement 
et rétabli l'ancien parlement, le Congrès général national 
(CGN). 
    Le nouveau gouvernement d'unité nationale, dont les 
dirigeants ont dû arriver à Tripoli par bateau le mois dernier 
parce que l'espace aérien avait été fermé par l'équipe en place 
dans la capitale, doit remplacer les deux gouvernements qui se 
disputent le pouvoir depuis 2014 : celui de Tripoli et celui de 
Tobrouk, dans l'est du pays. 
 
 (Ayman al-Warfalli,; Nicolas Delame pour le service français) 
 
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