Trinh-Duc, vraiment une surprise ?

le , mis à jour à 18:20
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Trinh-Duc, vraiment une surprise ?
Trinh-Duc, vraiment une surprise ?

Non retenu dans le groupe des 31 joueurs dévoilé par Philippe Saint-André dimanche, François Trinh-Duc ne disputera pas la Coupe du monde. Une nouvelle déception pour l'ouvreur de Montpellier.

C’est évidemment la sensation du week-end. Comme la rumeur le laissait entendre dans les travées du Stade de France samedi soir en marge de la victoire contre l’Angleterre (25-20), François Trinh-Duc n’a pas été retenu par Philippe Saint-André pour disputer la Coupe du monde (18 septembre - 31 octobre). Le grand public crie au scandale sur les réseaux sociaux. Mais est-ce finalement aussi étonnant que ça ? Jamais depuis la prise de fonction de PSA, l’ouvreur montpelliérain (28 ans, 50 sélections) n’a véritablement fait figure de choix numéro 1 dans l’esprit du sélectionneur. Après avoir perdu sa place de titulaire dès le Tournoi 2012, l’enfant du Pic Saint-Loup a ensuite connu une multitude de nouvelles déceptions. Quatre sélections en 2013, une seule en 2014 face à l’Italie et enfin un retour en sélection la semaine passée à Twickenham, le bilan est mince pour Trinh-Duc revenu in extremis dans le groupe des 36 après sa fracture d’un tibia en octobre 2014. « Par rapport à Rémi Tales, le choix s’est fait aussi sur le vécu, sur le nombre de participations aux Tournées et aux VI Nations, a souligné Saint-André dimanche. Michalak et Talès ont été plus souvent dans le groupe que Trinh-Duc. »

Sur le papier, l’explication de PSA apparaît comme une évidence. Dans les faits, beaucoup moins. Sur les 39 rencontres de l'ère Saint-André, Trinh-Duc n'a été titulaire que six fois et neuf fois remplaçant. Quinze matchs donc au total, soit seulement trois de moins que ses concurrents. Michalak a débuté onze fois pour sept sélections sur le banc. Enfin, pour Talès, c’est sept titularisations et onze places de remplaçant. Bref, l’argument du vécu ne tient pas. Plus que le nombre de matchs joués sous le maillot bleu ces dernières saisons, c’est le talent de buteur du Montpelliérain qui laisserait à désirer selon le sélectionneur. « Comme Rémi Talès, François Trinh-Duc travaille énormément les tirs au but en club et avec Romain Teulet, mais on considère qu’il n’est encore qu’un deuxième buteur capable de buter sur des fins de match. Or, là, on voulait partir avec trois buteurs n°1 à la Coupe du monde. C’est pour ça qu’on a conservé Kockott, Michalak et Parra, sachant que Spedding est aussi capable de buter de loin. » Et si ça ne suffisait pas, Saint-André évoque également la météo anglaise pour justifier son choix.

Laporte pense que « les sélectionneurs ne l’aiment pas »

« On ira en Angleterre en septembre et octobre, à une période où les conditions climatiques peuvent être difficiles. Talès a un jeu au pied très long et est très solide défensivement. Ça a compté aussi. » Sans remettre en cause le talent de Talès, doté d’un jeu plus gestionnaire que Trinh-Duc, le souci semble pourtant ailleurs. Davantage dans l’humain. « Ça fait trois ans que les sélectionneurs ne l’aiment pas, affirmait l’ancien sélectionneur Bernard Laporte dimanche sur RMC. Ils ont peut-être raison, c’est leur choix. Depuis le début, il le sent et il dit lui-même qu’il ne sera pas à la Coupe du monde. Dans la tête des sélectionneurs, il y a un truc qui ne passe pas. » Mais quoi exactement ? Le débat rappel celui qui avait suivi la non-sélection de Maxime Mermoz dans le groupe des 36. Et Saint-André de souligner : « Faire un groupe c'est une osmose, sur le terrain et en-dehors du terrain. C'est une deuxième famille ».

Encore plus depuis samedi soir, la hiérarchie est claire à l’ouverture : Frédéric Michalak, nouveau meilleur réalisateur de l’histoire des Bleus, sera l’ouvreur numéro 1 du XV de de France à la Coupe du monde et Rémi Talès son remplaçant. Un rôle que l’ancien Castrais accepterait bien mieux que François Trinh-Duc. Apprécié par ses partenaires, et notamment par le capitaine Thierry Dusautoir, Talès se fondrait mieux dans un collectif que Trinh-Duc. Le désaveu est terrible. « Pour le poste de demi d'ouverture on est allé sur l'expérience, avait pourtant expliqué le sélectionneur lors de l’annonce des 36 le 19 mai dernier. Trinh-Duc revient en forme et a connu une Coupe du monde. François Trinh-Duc, c’est une évidence. » Surtout car Jules Plisson était blessé… Trois mois ont passé et le discours n’est plus franchement le même. En 2011, François Trinh-Duc avait perdu sa place de titulaire au fil de la Coupe du monde, doublé par Morgan Parra, un demi de mêlée, après avoir été longtemps l’un des joueurs les plus utilisés par Lièvremont. Cette fois, le Montpelliérain est tombé d’encore plus haut.

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