Trêve fragile au Yémen, combats signalés à Taëz

le
0
 (Actualisé avec situation en début de journée) 
    par Mohammed Ghobari et Sylvia Westall 
    LE CAIRE/DUBAI, 11 avril (Reuters) - Un fragile 
cessez-le-feu est entré en vigueur lundi au Yémen, première 
étape d'un processus soutenu par les Nations unies qui doit 
permettre l'ouverture de négociations de paix après un an de 
guerre, dans un pays en pleine crise humanitaire. 
    Sanaa, la capitale tenue par les rebelles chiites houthis, 
est restée calme durant la nuit mais des combats ont été 
signalés à Taëz par des habitants après le début officiel de la 
trêve, dimanche à minuit (21h00 GMT). 
    Le gouvernement a accusé les Houthis d'avoir déclenché des 
tirs d'artillerie lourde sur la ville du sud du pays, tandis que 
les rebelles chiites ont accusé les avions de la coalition 
dirigée par l'Arabie saoudite d'avoir effectué trois frappes 
aériennes.  
    La guerre au Yémen a fait plus de 6.200 morts et des 
millions de déplacés depuis l'entrée en campagne de l'Arabie 
saoudite et de ses alliés du Golfe fin mars 2015 au côté des 
troupes fidèles au président Abd-Rabbou Mansour Hadi, face aux 
rebelles houthis et aux forces de l'ancien président Ali 
Abdallah Saleh. 
    "Les gens ne peuvent plus vivre parce que la guerre a tout 
détruit", déplore Chaouki Abdoullah, chauffeur de taxi à Sanaa. 
"On a eu une nuit calme. On n'a pas eu d'avions, ni peur d'être 
bombardés. On espère que le calme va se maintenir et que la 
guerre va se terminer." 
    Le grand port d'Aden, dans le sud du pays, dont les rebelles 
houthis ont été chassés en juillet dernier, a également profité 
d'une trêve dans les combats.  
    L'arrêt des hostilités doit ouvrir la voie à des discussions 
de paix le 18 avril prochain au Koweït sous les auspices des 
Nations unies. 
    L'envoyé spécial de l'Onu pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh 
Ahmed, a déclaré dans un communiqué qu'une commission de 
représentants militaires des deux camps oeuvrerait au maintien 
du cessez-le-feu.  
    "Il est temps désormais de s'éloigner du précipice", a-t-il 
dit.  
    La trêve prévoit un accès sans entrave aux agences 
humanitaires sur tout le territoire yéménite.  
    "La trêve n'en est qu'à ses débuts. Des violations peuvent 
se produire au début mais nous espérons que dans les prochaines 
heures, nous verrons plus de discipline en ce qui concerne le 
cessez-le-feu", a dit le ministre yéménite des Affaires 
étrangères Abdel Malek al Mekhlafi à la chaîne paranabe Al 
Arabia. 
 
 (Avec Ali Abdelaty et Mostafa Hashem au Caire; Danielle Rouquié 
et Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant