Trêve en question et accord d'échange de prisonniers au Yémen

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 (Actualisé avec accusations de violations du cessez-le-feu) 
    ADEN/GENEVE, 16 décembre (Reuters) - Les parties en guerre 
au Yémen ont décidé mercredi de procéder à l'échange de 
plusieurs centaines de prisonniers parallèlement aux pourparlers 
de paix qui se tiennent en Suisse, tandis que les deux camps 
s'accusaient mutuellement de violer le cessez-le-feu à peine 
entré en vigueur. 
    Mesure de confiance censée favoriser les pourparlers, cette 
trêve de sept jours est devenue applicable mardi à la 
mi-journée. Il s'agit de faire cesser la guerre civile, en cours 
depuis neuf mois, entre les Houthis, rebelles chiites basés dans 
le nord du Yémen et soutenus par l'Iran, et les combattants du 
sud et de l'est du pays restés loyaux au président yéménite 
Abd-Rabbou Mansour Hadi. Ces derniers sont soutenus par les 
frappes aériennes d'une coalition de pays arabes emmenée par 
l'Arabie saoudite. 
    La guerre civile a fait 6.000 morts.  
    Selon les termes de l'accord d'échange de prisonniers, 
environ 360 membres du mouvement houthi détenus à Aden, le grand 
port du sud du Yémen, seront échangés contre 265 combattants et 
civils sudistes. Les deux groupes sont montés dans des autocars 
qui se dirigent vers le lieu de l'échange, situé dans le centre 
du pays, selon des responsables des deux camps. 
    Malgré la trêve, les frappes aériennes saoudiennes ont 
touché des positions houthies dans deux zones de conflit 
mercredi, a-t-on appris auprès des habitants et dans l'entourage 
des tribus. 
     
    FRAPPES AÉRIENNES 
    "Des avions de la coalition ont lancé une frappe aérienne 
sur les positions des Houthis et des forces de Saleh 
(l'ex-président yéménite, NDLR) dans le secteur de Nadj dans le 
district de Sirouah après des violations répétées du 
cessez-le-feu", a déclaré une personne des tribus jointe par 
téléphone dans la province de Mareb, dans le centre du pays. 
    A Taëz, dans le centre du pays, des habitants ont eux aussi 
fait état d'une frappe aérienne après le lancement de roquettes 
sur le secteur par les forces houthies. Celles-ci ont tué un 
officier de la coalition menée par Ryad, selon l'agence de 
presse saoudienne SPA.   
    Le général Charaf Lukman, porte-parole des forces yéménites 
liées à l'ancien président Ali Abdallah Saleh, allié aux 
Houthis, a parlé, à propos de la coalition militaire conduite 
par l'Arabie saoudite, d'une "grave escalade sur terre, sur mer 
et dans les airs" dans diverses régions, notamment dans le 
secteur de Hodaïda et de Taëz, selon l'agence de presse Saba 
contrôlée par les Houthis. 
    "Nous ne resterons pas les mains liées mais nous répondrons 
aux violations qui ont lieu par l'alliance et ses mercenaires", 
a déclaré le général Lukman.  
    Dans le camp adverse, le site d'information sananew.net 
contrôlé par les pro-Hadi a fait état de bombardements menés par 
les Houthis dans le secteur de Taëz. Le bilan est de huit morts 
et une vingtaine de blessés. 
    En visite au Caire, le général saoudien Ahmed al Assiri, 
porte-parole de la coalition, a indiqué que l'alliance mise en 
place par Ryad contre le mouvement chiite yéménite était tenue 
par cette trêve mais qu'elle se tenait prête à riposter à toute 
violation par les Houthis, rapporte le quotidien saoudien Al 
Ryad. 
 
 (Ali Abdelati et Maha El Dahan; Henri-Pierre André et Danielle 
Rouquié pour le service français) 
 
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