Trêve de plus en plus théorique en Syrie avant la reprise des discussions

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    par Tom Perry et Bozorgmehr Sharafedin 
    BEYROUTH/DUBAI, 12 avril (Reuters) - Les forces 
gouvernementales syriennes ont lancé mardi une offensive de 
grande ampleur pour reprendre une ville proche d'Alep alors que 
la France et l'Iran ont exprimé à leur tour leur inquiétude face 
à la dégradation de la situation. 
    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 
l'offensive vise la ville d'Al Eïs, à une trentaine de 
kilomètres au sud-ouest d'Alep, près de l'autoroute reliant la 
grande ville du Nord syrien et Damas. 
    D'après un rebelle présent dans le secteur, l'attaque a été 
lancée à l'aube. Les forces gouvernementales sont appuyées par 
des frappes aériennes russes et des miliciens iraniens. 
    Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès 
de l'armée syrienne, mais le Premier ministre syrien, Wael al 
Halaki, a annoncé dimanche que l'armée syrienne et l'aviation 
russe se préparaient à une offensive commune dans le but de 
reprendre la ville d'Alep aux rebelles.  ID:nL5N17D097  
    A Paris, le ministère français des Affaires étrangères a 
averti la Syrie et ses alliés que leurs offensives autour d'Alep 
et dans la banlieue de Damas risquaient de provoquer l'échec des 
pourparlers inter-syriens, qui reprennent ce mercredi à Genève. 
    "Le régime et ses alliés porteraient la responsabilité d'un 
nouveau drame humanitaire et de l'échec des négociations 
inter-syriennes", poursuit le Quai d'Orsay qui appelle les 
parties à s'engager "de bonne foi dans les négociations afin de 
mettre en place un organe de transition qui permettra ensuite 
aux Syriens de se doter d'une nouvelle constitution et 
d'organiser des élections".  ID:nL5N17F2KC  
    La délégation du gouvernement syrien est attendu vendredi en 
Suisse. Le pouvoir organise ce mercredi des élections 
législatives dont l'opposition et ses alliés jugent qu'elles 
relèvent de la provocation. 
    De son côté, l'Iran, par la voix de son vice-ministre des 
Affaires étrangères, a mis en cause "les activités croissantes 
des groupes armés" opposés au régime. Hossein Amir-Abdollahian 
s'exprimait à l'issue d'une rencontre avec l'envoyé spécial de 
l'Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura, à Téhéran. 
     
    "SUR LE TERRAIN, LA TRÊVE N'EXISTE PAS"  
    Entré en vigueur fin février, l'accord de "cessation des 
hostilités", négocié par les Etats-Unis et la Russie et qui ne 
concernent pas les djihadistes de l'Etat islamique (EI) ni le 
Front al Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda, était censé donner 
une chance aux discussions menées par Staffan de Mistura. 
    Mais la trêve est de plus en plus théorique. 
    Evoquant ce week-end dans le Journal du dimanche "une 
détérioration très grave" de la situation au cours des dix 
derniers jours, Bassma Kodmani, représentante du Haut Comité des 
négociations (HCN) de l'opposition syrienne, estimait que "le 
cessez-le-feu est sur le point de s'effondrer". 
    Sous couvert d'anonymat, un haut responsable proche du 
gouvernement syrien a affirmé pour sa part qu'il appartenait au 
passé. "Sur le terrain, la trêve n'existe pas", a dit ce 
responsable, qui n'est pas syrien. "Le niveau des tensions en 
Syrie va augmenter dans les mois à venir", a-t-il ajouté. 
    De Mistura, dont les deux prédécesseurs, Kofi Annan et 
Lakhdar Brahimi, ont démissionné après avoir conclu à l'échec de 
leurs médiations, a déclaré qu'il voulait que le prochain cycle 
de négociations à Genève soit "concret". 
 
 (avec John Irish à Paris et Tom Miles à Genève; Henri-Pierre 
André pour le service français, édité par Tangi Salaün) 
 
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