Trente ans de réclusion requis pour le meurtre de Valentin

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TRENTE ANS REQUIS CONTRE MOITOIRET POUR LE MEURTRE DU PETIT VALENTIN
TRENTE ANS REQUIS CONTRE MOITOIRET POUR LE MEURTRE DU PETIT VALENTIN

LYON (Reuters) - Une peine de 30 ans d'emprisonnement avec rétention de sûreté des deux tiers a été requise jeudi pour le meurtre en 2008 de Valentin, 11 ans, tué de 44 coups de couteau par Stéphane Moitoiret, pourtant diagnostiqué schizophrène.

L'avocat général de la cour d'assises d'appel du Rhône a également requis entre 16 et 18 ans de réclusion pour sa compagne, Noëlla Hégo. En première instance, en 2011, la cour d'assises de Bourg-en-Bresse (Ain) les avait respectivement condamnés à la perpétuité et à 18 ans de réclusion.

"Je vous demande de confirmer la peine des jurés de l'Ain pour que cette famille retrouve enfin une certaine paix", a demandé Jean-Paul Gandolière aux jurés.

Il a défendu la thèse de la simple "altération", et non de l'abolition du discernement de Stéphane Moitoiret, entraînant sa responsabilité pénale et donc la possibilité de sa condamnation.

L'avocat général a expliqué que le choix de l'abolition du discernement conduirait l'accusé dans un hôpital-prison "où il serait soigné en vue d'une resocialisation", ouvrant la porte à une éventuelle remise en liberté.

"La seule garantie de durée, c'est l'incarcération", a-t-il dit, estimant que Stéphane Moitoiret, 44 ans, avait une part de conscience la nuit du drame puisqu'il avait lavé son couteau.

Jean-Paul Gandolière penche également pour la complicité de Noëlla Hégo, compagne de route de Stéphane Moitoiret pendant vingt ans, qui l'aurait poussé au crime.

Celle qui dominait le couple, se faisant appeler "sa majesté" par son compagnon et les rencontres de passage, "est complice car elle sait qu'il peut tuer".

La responsabilité pénale des malades psychiatriques est l'enjeu central de ce procès au cours duquel neuf experts psychiatres se sont succédé à la barre.

Un collège d'experts a signé un rapport se prononçant pour "l'altération" du discernement de Stéphane Moitoiret, alors que d'autres psychiatres ont apporté un autre avis.

"On fait ici le procès de la folie", a résumé le docteur Paul Bensussan. "On est en présence d'un couple de deux grands malades mentaux et d'un parfait crime de schizophrène".

Pour cet expert, le tueur a agi sous le coup "d'une fulgurance, d'une pulsion imprévisible qui n'a duré que quelques secondes". Il a assuré que personne ne prendrait la responsabilité de le faire sortir de l'hôpital-prison.

Le docteur Daniel Zagury est allé dans son sens. "Nous sommes en face d'une vérité aveuglante: c'est le geste d'un malade, et seule la maladie peut l'expliquer".

La plupart des experts considèrent par ailleurs que Noëlla Hégo n'a pas influencé le geste de son compagnon et ne peut donc à ce titre être considérée comme complice.

Le verdict doit être rendu vendredi soir.

Catherine Lagrange, édité par Yves Clarisse

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