Treize personnes, dont les frères Karabatic, mises en examen

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PREMIÈRES MISES EN EXAMEN AUTOUR DU MATCH DE HANDBALL DE MONTPELLIER PRÉSUMÉ TRUQUÉ
PREMIÈRES MISES EN EXAMEN AUTOUR DU MATCH DE HANDBALL DE MONTPELLIER PRÉSUMÉ TRUQUÉ

par Jean Décotte

MONTPELLIER (Reuters) - Nikola Karabatic, maître à jouer de l'équipe de France de handball, son frère Luka et onze autres personnes ont été mis en examen pour "escroquerie" dans l'affaire de match présumé truqué qui éclabousse le club de Montpellier, a annoncé mardi le parquet de la ville.

Parmi les treize personnes mises en examen figurent également les compagnes des deux joueurs, plusieurs autres professionnels et des membres de leur entourage, a précisé le parquet de Montpellier dans un communiqué de presse.

Tous sont ressortis libres sous caution et ont été placés sous contrôle judiciaire. Le kinésithérapeute du club a par ailleurs été placé sous statut de témoin assisté.

Les personnes mises en cause sont soupçonnées d'avoir empoché un total supérieur à 250.000 euros de gains après avoir parié sur un résultat défavorable de Montpellier, club phare du handball français, face à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine) en championnat de France le 12 mai dernier.

Le contrôle judiciaire établi empêche Nikola et Luka Karabatic de communiquer avec les autres joueurs montpelliérains, ce qui les empêche de fait d'exercer leur métier de handballeurs.

"Il n'y a pas (pour Nikola) d'interdiction de communiquer avec son frère, pas d'interdiction de communiquer avec son amie, ni sa belle-soeur. Ils sont quatre à pouvoir communiquer entre eux mais ça l'exclut de fait de jouer. (Nikola) est au chômage, il est au chômage", a déclaré Me Michaël Corbier, un des avocats des deux frères, précisant que la défense allait faire appel de ce contrôle judiciaire.

SANGLOTS

Lundi, le procureur de la République de Montpellier a déclaré que de "très fortes suspicions" pesaient sur des joueurs montpelliérains et évoqué un possible "pacte de corruption".

Ses propos ont suscité de nombreuses réactions indignées de la part de la défense. Me Eric Dupond-Moretti, qui conseille également les frères Karabatic, a lu devant la presse ce qu'il a présenté comme un compte rendu de l'audition de Nikola lors de sa présentation à un juge.

"Est-ce que j'ai parié ? Non. Est-ce que ma copine l'a fait ? Oui. Pourquoi a-t-elle parié ? Ça fait deux ans qu'elle suit l'équipe de Montpellier et elle connaît bien ce championnat", a dit le handballeur double champion olympique.

"M'accuser moi de tricher, de truquer un match, nous livrer à la presse, c'est inadmissible. Pour moi, ces accusations me font très mal", a-t-il ajouté, toujours selon son avocat, avant d'éclater en sanglots.

"J'ai dédié ma vie au handball, depuis que je suis né je me bats pour ce sport. Me faire passer pour un tricheur c'est inadmissible, c'est un cauchemar."

Outre Jeny Priez, compagne de Luka Karabatic et animatrice de télévision, et Géraldine Pillet, amie de Nikola Karabatic, le communiqué du parquet fait état de la mise en examen des joueurs montpelliérains Dragan Gajic, Issam Tej et Primoz Prost.

Il cite également quatre parieurs, ainsi que deux anciens joueurs de Montpellier qui évoluent aujourd'hui au Paris Saint-Germain: le Serbe Mladen Bojinovic et un autre champion olympique, Samuel Honrubia.

"M. Honrubia conteste bien évidemment cette accusation. Il reconnaît en revanche, mais ce n'est pas une qualification pénale, avoir participé à un pari", a déclaré son avocat, Patrick Maisonneuve. "Mais il y a une contestation formelle de tout match truqué."

Samuel Honrubia a été remis en liberté contre une caution de 9.000 euros, placé sous contrôle judiciaire, et a interdiction de prendre contact avec les autres suspects. Mais cette interdiction ne vaut pas pour les joueurs du PSG et il pourra donc jouer.

LES SUPPORTERS ATTERRÉS

Cette affaire de match truqué plonge dans l'incompréhension le club montpelliérain, sacré champion de France chaque année depuis 2008, vainqueur de la Ligue des champions en 2003 et qui compte dans ses rangs plusieurs champions olympiques.

Parmi les passionnés de handball à Montpellier, l'incompréhension domine.

"On est vraiment atterrés. Je suis pas là pour juger, je ne suis qu'un supporter, mais comme le dit le président (du MAHB Rémy Lévy) il y aura des sanctions", a dit à Reuters Francis Fernandes, trésorier du club de supporters des Blue Fox.

Claude Onesta, l'entraîneur de l'équipe de France de handball, a évoqué mardi pour la première fois l'affaire et estimé que les deux champions olympiques soupçonnés d'être impliqués, Nikola Karabatic et Samuel Honrubia, avaient commis une "erreur grave" et devraient être sanctionnés.

"S'il y a eu des dérapages, il y aura des sanctions (...) Le moment venu, si les joueurs sont sanctionnés, ils ne seront pas sélectionnés", a dit le sélectionneur lors d'une conférence de presse à Toulouse.

"C'est un moment que l'on vit avec difficulté (à la fédération française, NDLR) et souffrance. Il faut se préserver de toute conclusion hâtive. La justice instruit et nous attendons les conclusions."

Avec Guillaume Serries à Toulouse, édité par Hélène Duvigneau

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