Treize ans après, les convictions intactes de "Shoe Bomber"

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(Actualisé avec lettre sur Charlie Hebdo, derniers paragraphes) LOS ANGELES, 4 février (Reuters) - Richard Reid, qui purge une peine de prison à perpétuité pour sa tentative d'attentat suicide en décembre 2001 à bord d'un vol Paris-Miami, reste persuadé que son projet était conforme à la loi coranique. Pour les criminologues américains qui ont rendu publique mardi leur correspondance avec le Britannique, ses convictions intactes malgré plus de treize ans d'emprisonnement illustrent la difficulté d'une déradicalisation des djihadistes. Le Britannique surnommé "Shoe Bomber" - l'explosif était dissimulé dans ses chaussures - voulait faire exploser un avion de la compagnie American Airlines assurant une liaison entre Paris et Miami le 22 décembre 2001. Il a été maîtrisé par des passagers et des membres d'équipage et livré aux autorités. "Je suis convaincu, écrit-il dans une de ces lettres, que mes actions étaient autorisées par la loi islamique, même si j'admets que de nombreuses personnes le contesteraient et seraient en désaccord avec moi sur ce point." "Cependant, je crois que cela ne devait pas avoir lieu non pas parce que cela déplaisait à Dieu mais plutôt parce que (a) ni l'heure de ma mort, ni celle des personnes à bord de cet avion n'étaient venues et (b) Il avait d'autres projets pour moi, dont mon incarcération", poursuit Richard Reid, qui se fait appeler Abdur-Raheem. Les chercheurs de l'institut Justitia, basé en Virginie, y voient un signe de la profondeur de la radicalisation de Richard Reid comme d'autres djihadistes et de la difficulté à les faire changer d'avis sur leurs actes ou leurs convictions. "Cela témoigne du niveau de sa motivation, qui défie le temps, qui défie la rationalité et qui supplante son désir de vivre ou son désir de liberté", a déclaré Kim Mehlman-Orozco, docteur en criminologie, jointe par téléphone par Reuters. Dans une autre lettre, Richard Reid évoque l'attaque djihadiste contre la rédaction de l'hebdomadaire Charlie Hebdo qui a fait douze morts le 7 janvier dernier à Paris. "Je ne considère pas ce qui s'est passé à Charlie Hebdo comme une tragédie; la tragédie réside plutôt dans le fait que des gens pensent qu'il est normal d'avilir le sacré et de mépriser ce que les musulmans chérissent plus que leur propre âme", écrit-il. "Comme le dit le dicton, il ne faut pas jouer avec le feu, je n'ai donc pas de larmes pour ceux qui insultent l'islam." (Alex Dobuzinskis; Henri-Pierre André pour le service français)

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