Travail-Valls entame des rencontres cruciales avec les syndicats

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    * Les partenaires sociaux reçus à Matignon sur la loi 
Travail 
    * Les syndicats réformistes prêts à discuter 
    * CGT et FO rejettent le texte en bloc 
 
    PARIS, 7 mars (Reuters) - Manuel Valls et Myriam El Khomri 
ont entamé lundi des rencontres avec les partenaires sociaux 
destinées à vaincre les réticences au sujet de la réforme du 
Code du travail, en particulier celles des syndicats réformistes 
prêts à discuter de sa réécriture. 
    Les dirigeants syndicaux, qui se succéderont jusqu'à 
mercredi dans le bureau du Premier ministre, sont tous hostiles 
à la version du projet dévoilée par la presse en février mais ne 
sont pas parvenus à s'entendre sur la réponse. 
    D'un côté, la CGT et Force ouvrière notamment rejettent le 
texte en bloc, exigent son retrait et ont appelé à une journée 
de manifestations mercredi, puis à une nouvelle mobilisation le 
31 mars, y compris sous la forme de grèves.  
    De l'autre, le camp des réformistes, emmené par la CFDT, 
salue des avancées dans cette réforme dont il demande une simple 
réécriture et se réserve la possibilité de lancer une vaste 
mobilisation s'il n'obtient pas gain de cause. 
    "Cet après-midi, nous dirons ce qui est inacceptable pour 
nous, ce que nous voulons voir évoluer dans l'écriture et ce que 
nous voulons voir enrichi", a déclaré lundi matin Laurent 
Berger, secrétaire général de la CFDT, sur Europe 1. 
    Son syndicat défend une position médiane: le maintien de 
certains points comme le compte personnel d'activité, mais 
l'abandon d'autres dispositions, en particulier le plafonnement 
des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif. 
    "Je ne lâcherai pas là-dessus. Je suis pour un barème 
indicatif mais qui ne soit pas contraignant", a-t-il dit. 
    "J'invite fortement (le gouvernement, NDLR) à répondre à nos 
revendications, que nous ne sommes pas seuls à porter (...), 
sinon il y aura une mobilisation de la CFDT. Je suis sans 
ambiguïté", a-t-il ajouté. 
     
    "NETTEMENT INSUFFISANT" 
    Manuel Valls a déclaré dans le Journal du Dimanche qu'il 
pourrait accéder au moins en partie aux exigences de la CFDT, de 
l'Unsa, de la CFTC et de la CFE-CGC. 
    Interrogé sur la possibilité de supprimer les dispositions 
sur la barémisation des indemnités prud'homales et la définition 
des licenciements économiques, il a répondu que "ces deux points 
fer(aient), bien sûr, l'objet d'améliorations." 
    "Concernant la barémisation pour les prud'hommes, 
disposition attendue par les chefs d'entreprise, des adaptations 
peuvent être possibles sans la remettre en cause", a-t-il 
ajouté. 
    Mais une telle réécriture ne suffira pas à amadouer la CGT 
ou FO, affirment leurs dirigeants. 
    "C'est nettement insuffisant", a déclaré lundi matin sur Sud 
Radio et LCP le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, 
reçu en fin de matinée à Matignon.  
    "Le projet ne va pas du tout. Ce n'est pas la peine de 
mettre un petit coup de peinture sur un ou deux points, ça ne 
sera pas suffisant. Il y a vraiment un problème de fond qui 
traverse l'ensemble du projet", a-t-il ajouté.  
    Comme FO, la CGT exige l'abandon de la réforme, préalable à 
des négociations susceptibles d'aboutir à un projet entièrement 
refondu.    
    "Aucun syndicat de salariés n'est d'accord avec ce texte. Et 
donc il faut remettre les compteurs à zéro et rediscuter", a 
déclaré lundi son secrétaire général, Philippe Martinez, sur 
France 2. 
    Le gouvernement doit recevoir à nouveau les partenaires 
sociaux lundi prochain, cette fois lors d'une réunion plénière, 
puis examinera la version retouchée du texte lors du conseil des 
ministres du 24 mars. 
    L'avant-projet a soulevé une vague de contestation syndicale 
mais aussi au sein de la gauche, jusque dans les rangs du Parti 
socialiste. La ministre du Travail, Myriam El Khomri, doit se 
rendre lundi soir au bureau national de la formation. 
    Sur internet, une pétition lancée il y a un peu plus de deux 
semaines par des syndicalistes et des militants associatifs a 
recueilli plus d'un million de signatures.   
 
 (Simon Carraud, avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse) 
 
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